jeudi 7 août 2008

Actes 3,11 à 26

Texte biblique :

Pierre, voyant cela, dit au peuple : Hommes Israélites, pourquoi vous étonnez–vous de cela ? Pourquoi avez–vous les regards fixés sur nous, comme si c’était par notre propre puissance ou par notre piété que nous eussions fait marcher cet homme ? Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus, que vous avez livré et renié devant Pilate, qui était d’avis qu’on le relâchât. Vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé qu’on vous accordât la grâce d’un meurtrier. Vous avez fait mourir le Prince de la vie, que Dieu a ressuscité des morts ; nous en sommes témoins. C’est par la foi en son nom que son nom a raffermi celui que vous voyez et connaissez ; c’est la foi en lui qui a donné à cet homme cette entière guérison, en présence de vous tous. Et maintenant, frères, je sais que vous avez agi par ignorance, ainsi que vos chefs. Mais Dieu a accompli de la sorte ce qu’il avait annoncé d’avance par la bouche de tous ses prophètes, que son Christ devait souffrir. Repentez–vous donc et convertissez–vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur, et qu’il envoie celui qui vous a été destiné, Jésus–Christ, que le ciel doit recevoir jusqu’aux temps du rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé anciennement par la bouche de ses saints prophètes. Moïse a dit : Le Seigneur votre Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète comme moi ; vous l’écouterez dans tout ce qu’il vous dira, et quiconque n’écoutera pas ce prophète sera exterminé du milieu du peuple. Tous les prophètes qui ont successivement parlé, depuis Samuel, ont aussi annoncé ces jours–là. Vous êtes les fils des prophètes et de l’alliance que Dieu a traitée avec nos pères, en disant à Abraham : Toutes les familles de la terre seront bénies en ta postérité. C’est à vous premièrement que Dieu, ayant suscité son serviteur, l’a envoyé pour vous bénir, en détournant chacun de vous de ses iniquités.

Réflexion

Discours de Pierre dans le temple :

Le boiteux guéri, le support fut tout trouvé pour les apôtres pour témoigner de Jésus et annoncer l’Evangile. La mort de Jésus étant toute récente et les auditeurs étant juifs, c’est un discours destiné au peuple naturel de Dieu que Pierre prononça ce jour dans la cour même du Temple. Un discours que l’on peut résumer en 7 points :

1) D’emblée, Pierre met les choses au point. Devenu un point d’attraction pour le peuple, à cause du miracle qui venait de se produire, Pierre n’a qu’un souci : détourner les regards de ceux qui l’entourent de sa propre personne (et de celle de Jean) pour les centrer sur le véritable auteur du prodige : Jésus. Deux points essentiels apparaissent ici dans le discours et la façon d’agir de Pierre :

- sans point d’accroche fort, il n’ y aurait eu aucune attraction de la foule vers Pierre. Le miracle, la manifestation concrète de la puissance transformatrice de Dieu dans une vie a été, de toute évidence ce point d’accroche qui servira de tremplin à la prédication.
- Pierre tient à faire savoir que lui-même et Jean ne sont pour rien dans la guérison du boiteux. Ce n’est ni par leur propre puissance, ni en vertu de leur piété que l’homme a été guéri. La part qui est la leur est la seule part de la foi. Mais le véritable Auteur est Jésus.

2) S’adressant à des juifs, c’est aux racines même de l’élection que Pierre remonte pour fonder le témoignage qu’Il rend à Jésus. Son objectif est de démontrer que Jésus n’est pas un usurpateur, mais bien le Messie promis et annoncé dès l’origine par Moïse et les prophètes. Leçon : c’est sur le terrain connu de nos auditeurs que nous pouvons le mieux ancrer notre message et les amener à Jésus.

3) Pierre n’hésite pas ensuite à responsabiliser ceux qui l’écoutent quant aux causes de la mort de Jésus. L’utilisation répétée du "vous" interpelle et accuse. Leçon : sans une prise de conscience personnelle de notre responsabilité dans la mort de Jésus-Christ, notre message manque de la puissance de conviction nécessaire à la repentance et au salut.

4) Pierre démontre ensuite que, par la résurrection, Dieu a déclaré juste Celui que ses auditeurs ont condamné. Par là, Il justifie Jésus et condamne ceux qui L’ont condamné. Le miracle qui vient de se produire donne la preuve visible de la réalité de ce qu’il avance au sujet de Jésus.

5) Pierre termine sa prédication par une notre d’espoir. Ce qui s’est produit au sujet de Jésus n’était pas hors de portée du projet de Dieu. Les prophètes avaient annoncé dans les détails ce qui devait arriver au Christ. La mort de Jésus n’est pas que le fait des hommes, elle fait partie intégrante du plan de salut de Dieu.

6) Pierre interpelle une dernière fois ses auditeurs. Les choses étant ce qu’ils sont, il les invite à une double action : la repentance à l’égard du passé et la foi dans le pardon et la grâce donnée de la part de Dieu au travers de la mort de son Christ pour l’avenir. Leçon : sans repentance en ce qui concerne le passé, la foi en Christ pour son salut n’a aucun sens.

7) Pierre rappelle enfin la responsabilité personnelle d’Israël liée à son privilège de peuple élu. Israël est dans le coeur de Dieu le premier peuple à bénéficier du salut. la promesse est d’abord pour eux. Il serait tragique qu’en tant que peuple élu, bénéficiaire des promesses de Dieu, un Dieu qui s’identifie en portant le nom de ses pères, Israël se détourne du sauveur qui lui a été envoyé. Leçon : plus nous sommes au bénéfice de privilèges spirituels, plus nous sommes responsables de notre attitude à l’égard de Dieu et de Sa Parole.

mercredi 6 août 2008

Actes 3,1 à 10

Texte biblique :

Pierre et Jean montaient ensemble au temple, à l’heure de la prière : c’était la neuvième heure. Il y avait un homme boiteux de naissance, qu’on portait et qu’on plaçait tous les jours à la porte du temple appelée la Belle, pour qu’il demandât l’aumône à ceux qui entraient dans le temple. Cet homme, voyant Pierre et Jean qui allaient y entrer, leur demanda l’aumône. Pierre, de même que Jean, fixa les yeux sur lui, et dit : Regarde–nous. Et il les regardait attentivement, s’attendant à recevoir d’eux quelque chose. Alors Pierre lui dit : Je n’ai ni argent, ni or ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus–Christ de Nazareth, lève–toi et marche. Et le prenant par la main droite, il le fit lever. Au même instant, ses pieds et ses chevilles devinrent fermes ; d’un saut il fut debout, et il se mit à marcher. Il entra avec eux dans le temple, marchant, sautant, et louant Dieu. Tout le monde le vit marchant et louant Dieu. Ils reconnaissaient que c’était celui qui était assis à la Belle porte du temple pour demander l’aumône, et ils furent remplis d’étonnement et de surprise au sujet de ce qui lui était arrivé.

Réflexion

Guérison d’un infirme à la porte du temple :

Le récit de la guérison de l’infirme situé à la porte du temple est d’abord le récit d’une rencontre, entre un homme, malade, dépendant, handicapé, placé au moment opportun sur le chemin de deux disciples de Jésus-Christ. Les détails du récit nous permettent de relever plusieurs points riches d’enseignement au sujet de cette rencontre :

- le lieu où elle se déroula : l’infirme était à la porte du temple : l’endroit était, à son sens et celui de ceux qui l’avaient placé là, le lieu où il était en droit d’attendre et d’espérer la charité de ceux qu’il allait rencontrer. De façon innée, il est écrit en l’homme que c’est auprès de ceux qui croient en Dieu qu’on est en droit d’attendre des gestes naturels d’amour envers son prochain dans le besoin.

- l’heure à laquelle se passa la guérison : la 9ème, l’heure de la prière. Cette indication n’est pas fortuite. Elle souligne dans quelles dispositions de coeur étaient les disciples. En route pour la maison de Dieu avec comme objectif la prière, le coeur et l’esprit des disciples étaient en éveil, disponibles, ouverts et donc en état de réceptivité à ce que pouvait leur dire l’Esprit de Dieu. Il y a ainsi pleine unité entre les dispositions de cœur des disciples et leur action. La foi, nous rappelle Jacques, sans les œuvres est morte. Est-il possible pour nous de nous rendre dans un lieu de prière tout en restant indifférent à la misère que nous croisons sur notre chemin, à la porte même peut-être de nos églises ? Puisse l’Esprit de Dieu avoir la liberté de nous parler pour agir lorsque nous prions. Nous ne sommes jamais en retard pour quoi que ce soit comme réunion si notre retard est dû à une œuvre d’amour !

- le caractère imprévisible de la rencontre et du miracle qui s’ensuivra. Ni l’infirme, ni les deux disciples n’étaient préparés à ce qui allait se passer. La démarche de l’infirme envers Pierre et Jean était de même nature que celle qu’il entreprenait auprès de tous les autres passants, mais ce qu’il reçut fut différent. Ce que reçoivent ceux qui nous entourent à notre contact diffère-t-il de ce qu’ils reçoivent des autres ? Car si l’infirme pouvait être aidé sur le plan social par tous, il ne pouvait recevoir les richesses de Jésus-Christ peut donner que de la main des disciples. Notons aussi à la fois la spontanéité du témoignage rendu et la simplicité de la foi des disciples. Notre problème, notre difficulté dans l’approche de ceux qui ne connaissent pas Christ n’est-il pas aussi d’avoir perdu ces deux qualités ? A force de nous interroger sur le passé, la culture, l’arrière-plan historique, philosophique, sociologique de nos contemporains, ne sommes-nous pas devenus des paralysés du témoignage spontané ?

- l’action immédiate de Dieu validant la parole de foi prononcée par Pierre au paralytique. Bien sûr, elle nous interroge. Est-elle rééditable ? Une garantie que, placés dans les mêmes circonstances, avec la même foi, le résultat serait le même ? Ce que Dieu a déjà fait, Il peut le refaire. Mais Il peut aussi faire autre chose ou différemment. A nous, conduit par l’Esprit, d’être assez à Son écoute pour comprendre quel message Il veut, dans nos circonstances, au carrefour des rencontres qu’Il permet avec nos concitoyens, que nous délivrions pour leur salut et leur délivrance

- l’impact de la guérison : il est aussi immédiat. Le changement produit est tel qu’il ne peut passer inaperçu. Le but n’est pas de s’arrêter là, mais de donner à travers la démonstration de ce que le Christ fait, l’occasion de témoigner et de parler de Lui. Rien ne vaut comme support une vie changée pour témoigner de Christ.

mardi 5 août 2008

Actes 2,42 à 47


Texte biblique

Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières. La crainte s’emparait de chacun, et il se faisait beaucoup de prodiges et de miracles par les apôtres. Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun. Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur, louant Dieu, et trouvant grâce auprès de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Eglise ceux qui étaient sauvés.

Réflexion

Occupations et vie de la première communauté chrétienne :

Le 1er effet visible du changement opéré dans le cœur des nouveaux croyants fut le déplacement incontestable du centre de gravité de leur préoccupation. Un changement qui se manifesta de plusieurs manières :

- par un nouveau besoin : celui d’être enseigné, instruit, affermi dans la foi nouvelle qu’elles venaient d’embrasser. Tenant place et lieu de Nouveau Testament, les apôtres instruisaient les nouveaux convertis dans ce qu’ils avaient entendu et vu de Jésus, le Saint-Esprit le leur rappelant.
- par l’attachement à une nouvelle communauté : alors que rien n’attachait auparavant ces 3 000 personnes les unes aux autres, un lien spirituel nouveau les unissait en une communauté de personnes dont le centre était Christ. Elles n’existaient plus en tant qu’individus, mais en tant que communauté. Ce qui était auparavant à chacun devenait commun à tous et ce qui était à tous devait pouvoir servir et profiter à chacun. La nouvelle vie reçue avait engendré un nouvel état d’esprit, un nouveau style de vie, une nouvelle communauté dont les signes distinctifs étaient la simplicité, le partage, la générosité et la communion.

Sur le plan du témoignage rendu, Luc, auteur du livre, souligne 5 points :

- le Christ se manifestait de manière puissante par de nombreux signes au travers des apôtres, confirmant ainsi de manière visible le témoignage rendu à Son nom : Hébr 2,3
- La crainte s’emparait de chacun qui en était témoin
- le témoignage rendu par la communauté chrétienne avait la faveur du peuple qui ne pouvait en dire que du bien
- la communauté nouvelle n’avait pas rompu avec la communauté israélite ancienne : les disciples de Christ continuaient à aller au temple. Ils considéraient ainsi que le christianisme n’était pas une rupture, mais la continuité et l’aboutissement du judaïsme.
- le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Eglise de nouvelles personnes

Que Dieu nous donne en notre temps d’être de bons témoins de Christ. Que la puissance de sa vie se manifeste aussi à travers nous.

lundi 4 août 2008

Actes 2,37 à 41

Texte biblique

Après avoir entendu ce discours, ils eurent le cœur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Hommes frères, que ferons–nous ? Pierre leur dit : Repentez–vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus–Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint–Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. Et, par plusieurs autres paroles, il les conjurait et les exhortait, disant : Sauvez–vous de cette génération perverse. Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés ; et, en ce jour–là, le nombre des disciples s’augmenta d’environ trois mille âmes.
Réflexion

Début de l’Eglise :

Placés devant leur responsabilité face à la condamnation à mort de Jésus, le Christ de Dieu, les auditeurs de Pierre étaient prêts à entendre la suite de son message. Si la prise de conscience de notre culpabilité et de notre responsabilité personnelle face à la mort de Jésus est la première étape de notre cheminement spirituel vers Dieu, heureusement, elle n’est pas la seule. Car l’essence même de la bonne nouvelle est de donner de l’espoir à tous les désespérés. Il n’est et ne sera jamais dans l’habitude de Dieu de nous laisser dans l’impasse quant à notre passé. La Bonne Nouvelle est l’annonce d’un chemin possible pour l’avenir. C’est un chemin qui ne passe pas par la réparation car, ce qui est fait l’est pour toujours. La mort de Jésus est une réalité irréparable, comme, par ailleurs, les dégâts occasionnés par nos péchés, souvent dans nos vies ou celles des autres. C’est un chemin uniquement basé sur le pardon, un pardon gratuit pour nous, mais terriblement coûteux pour Dieu puisqu’il a nécessité la mort de Son Fils unique et bien-aimé.

Ce qu’il nous reste à faire, dit Pierre, se résume à 2 choses :

- nous repentir, changer radicalement de mentalité, de façon de penser, faire un volte-face par rapport à notre vie, nous retourner complètement et reconnaître notre erreur par rapport à Jésus. Nous avions mis de côté Jésus dans notre vie, nous L’avons supprimé, nous avons estimé qu’Il n’avait droit ni à la parole, ni à aucune autorité sur nous. Nous changeons d’avis !

- nous attestons de ce changement de cap par le baptême, rite d’adhésion et d’identification à Sa Personne. Nous reconnaissons en Lui Celui à qui notre vie doit être désormais, liée, pleinement identifiée. Alors qu’auparavant Jésus n’existait pas pour nous et qu’au contraire, nous existions sans Lui, l’inverse maintenant se produit. Nous n’existons plus en-dehors de Lui et Lui vit désormais en nous.

Ces 2 choses faites, quelque chose de neuf va se produire pour nous, réplique de ce qui s’est passé pour les disciples à la Pentecôte : le Saint-Esprit nous est donné car, sans Lui, dit Pierre, aucune vie nouvelle n’est possible pour personne. La promesse de ce don, dit enfin l’apôtre, n’est pas réservée aux seuls auditeurs présents, mais à tous ceux qui, au loin, et en aussi grand nombre que possible, recevront ce message. Au loin pouvant signifier à la fois une réalité géographique que temporelle (jusqu’à notre temps).

Notons enfin le parallèle suivant ! Alors qu’au jour de la proclamation de la loi par Moïse près du mont Sinaï, 3 000 israélites moururent (Exode 32,28), 3 000 israélites se convertirent et reçurent la Vie le jour de la proclamation de l’Evangile à Jérusalem.

Béni soit Dieu pour la formidable bonne nouvelle qu’est l’Evangile pour chacun !

dimanche 3 août 2008

Actes 2,14 à 36

Texte biblique

Alors Pierre, se présentant avec les onze, éleva la voix, et leur parla en ces termes : Hommes Juifs, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, sachez ceci, et prêtez l’oreille à mes paroles ! Ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez, car c’est la troisième heure du jour. Mais c’est ici ce qui a été dit par le prophète Joël: Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; Vos fils et vos filles prophétiseront, Vos jeunes gens auront des visions, Et vos vieillards auront des songes. Oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes, Dans ces jours–là, je répandrai de mon Esprit ; et ils prophétiseront. Je ferai paraître des prodiges en haut dans le ciel et des miracles en bas sur la terre, Du sang, du feu, et une vapeur de fumée ; Le soleil se changera en ténèbres, Et la lune en sang, Avant l’arrivée du jour du Seigneur, De ce jour grand et glorieux. Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Hommes Israélites, écoutez ces paroles ! Jésus de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage devant vous par les miracles, les prodiges et les signes qu’il a opérés par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous–mêmes ; cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez crucifié, vous l’avez fait mourir par la main des impies. Dieu l’a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort, parce qu’il n’était pas possible qu’il fût retenu par elle. Car David dit de lui : Je voyais constamment le Seigneur devant moi, Parce qu’il est à ma droite, afin que je ne sois point ébranlé. Aussi mon cœur est dans la joie, et ma langue dans l’allégresse ; Et même ma chair reposera avec espérance, Car tu n’abandonneras pas mon âme dans le séjour des morts, Et tu ne permettras pas que ton Saint voie la corruption. Tu m’as fait connaître les sentiers de la vie, Tu me rempliras de joie par ta présence. Hommes frères, qu’il me soit permis de vous dire librement, au sujet du patriarche David, qu’il est mort, qu’il a été enseveli, et que son sépulcre existe encore aujourd’hui parmi nous. Comme il était prophète, et qu’il savait que Dieu lui avait promis avec serment de faire asseoir un de ses descendants sur son trône, c’est la résurrection du Christ qu’il a prévue et annoncée, en disant qu’il ne serait pas abandonné dans le séjour des morts et que sa chair ne verrait pas la corruption. C’est ce Jésus que Dieu a ressuscité ; nous en sommes tous témoins. Elevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père le Saint–Esprit qui avait été promis, et il l’a répandu, comme vous le voyez et l’entendez. Car David n’est point monté au ciel, mais il dit lui–même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds–toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. Que toute la maison d’Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié.
Réflexion

Discours de Pierre à la Pentecôte :

Le Saint-Esprit ayant attiré les juifs incroyants présents vers les disciples, ceux-ci n’avaient plus qu’une chose à faire : ouvrir la bouche pour leur expliquer la signification de l’évènement dont ils venaient d’être témoins. Se faisant, c’est Pierre, le leader choisi et désigné par Jésus parmi les douze, qui se fait le porte-parole de tous. La prédication de Pierre se divise en 3 parties :

- 1ère partie : ce qu’on pourrait appeler une explication de texte sur ce qui vient de se produire. Une explication qui tient en deux points : un démenti sur les idées, l’interprétation que les gens se faisaient du phénomène qui venait de se produire sous leurs yeux suivi d’une explication, bible en main, de l’évènement. C’est aujourd’hui encore le procédé et la méthode que nous sommes appelés à suivre dans notre présentation de l’évangile.

- 2ème partie : un long développement sur l’homme Jésus qui est la source, l’origine, la raison d’être, la clé de la compréhension du phénomène qui vient de se produire. Dans le témoignage qu’il rend à Son sujet, Pierre met l’accent sur 3 points :
. la vie de l’homme Jésus : elle prouve par elle-même, au travers de tous les signes qui l’émaillent Sa filiation, du moins, l’origine divine de Sa mission
. les causes à la fois humaines et divines de sa mort : les hommes en sont responsables, mais elle est aussi le fruit de la décision arrêtée de Dieu;
. la réalité de Sa résurrection qui est l’explication du don du Saint-Esprit à Ses disciples, don dont les auditeurs présents viennent d’être témoins.
Tout dans la prédication de Pierre, qui s’adresse à des juifs, est soutenu par des citations de textes bibliques prouvant par là que ce qu’il avance ne vient pas de lui et n’est pas le fruit de sa propre pensée, mais a bel et bien été annoncé par la Parole.

- 3ème partie : la plus courte : une confrontation avec les auditeurs qui les obligent à une prise de position et à une prise de conscience de leur responsabilité personnelle face à la mort de Christ.

Nous avons ici le schéma que nous sommes également appelés à suivre dans notre annonce de l’Evangile. Que Dieu nous donne de nous en inspirer. Qu’Il fasse au-delà de ce récit que ceux qui nous côtoient soient attirés vers nous également par Lui.

samedi 2 août 2008

Actes 2,1 à 13

Texte biblique :

Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint–Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. Or, il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux, de toutes les nations qui sont sous le ciel. Au bruit qui eut lieu, la multitude accourut, et elle fut confondue parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue. Ils étaient tous dans l’étonnement et la surprise, et ils se disaient les uns aux autres : Voici, ces gens qui parlent ne sont–ils pas tous Galiléens ? Et comment les entendons–nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle ? Parthes, Mèdes, Elamites, ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont, l’Asie, la Phrygie, la Pamphylie, l’Egypte, le territoire de la Libye voisine de Cyrène, et ceux qui sont venus de Rome, Juifs et prosélytes, Crétois et Arabes, comment les entendons–nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu ? Ils étaient tous dans l’étonnement, et, ne sachant que penser, ils se disaient les uns aux autres : Que veut dire ceci ? Mais d’autres se moquaient, et disaient : Ils sont pleins de vin doux.
Réflexion :
La venue du Saint-Esprit sur les disciples :

Alors que Jésus est remonté vers Son Père, on aurait pu se poser la question (et les disciples avec), pourquoi, avant de partir, le Seigneur impose aux Siens d’attendre quelques jours avant de recevoir l’Esprit. Ne pouvait-Il pas y avoir simultanéité entre les deux évènements, puisque, de toute manière, le second allait suivre le premier. La raison nous en est donnée ici. L’heure de la venue du Saint-Esprit n’est en rien liée au hasard. Au contraire, elle est le résultat d’une logique à la fois biblique, historique et pragmatique :

1) Biblique et historique, car elle correspond au jour de la fête juive de la Pentecôte, fête des moissons. En ce jour, on fêtait la récolte des premiers fruits de son travail, image, ô combien, parlante de la signification spirituelle de l’évènement en rapport avec l’oeuvre de Christ : Exode 23,16

2) Pragmatique, car, comme l’écrit Luc, ce jour était un jour de rassemblement en un même lieu de juifs dispersés dans de nombreux pays. Il était donc l’occasion rêvée de donner au témoignage de Christ une rampe de lancement pour le destin universel qui l’attendait.

Dieu, montre la Bible, ne fait rien au hasard. Son oeuvre est liée à Sa pensée, Sa volonté. Lui seul sait ce qui est le mieux, pour quel temps, quel moment, avec quelle personne. Les disciples, objets du don du Saint-Esprit, sont les outils du témoignage. Mais tout dans l’évènement (la date, le lieu, la manière : le don de parler les langues des auditeurs présents) magnifie la sagesse du Metteur en scène de l’évènement.

Face à de telles manifestations, la question peut se poser de savoir si ce qui se produit ici est normatif pour l’ensemble des croyants à l’avenir ou ponctuel, lié à l’évènement. La suite de la lecture du livre des Actes comme des épîtres qui traitent de la question y répond. Le but poursuivi par le Seigneur le jour de la Pentecôte semble de manière évidente de marquer le coup, d’attirer l’attention, de braquer le projecteur sur ce qui vient de se produire. Alors que des juifs pieux de toutes les nations se trouvent rassemblés à Jérusalem, le Seigneur met à profit l’occasion pour, d’une part, lancer Son programme de témoignage pour le monde, d’autre part aussi, pour signifier à tout Israël qu’une nouvelle page de l’histoire des relations entre Dieu et Son peuple vient de commencer. Le temps est venu où, d’outil inspiré, le croyant devient maison d’habitation de Dieu et de Son Esprit.

Malgré l’ironie de leurs commentaires, les témoins de la scène ne s’y trompent pas. Ils réalisent tout de suite que quelque chose de particulier, d’inhabituel, voire d’incompréhensible vient de se produire. Or, face à l’inexplicable ou au mystérieux, l’humain réagit toujours de la même manière : soit par la méfiance, soit par la dérision. Aussi, ne devons-nous pas, en tant que croyants, le laisser dans la confusion, mais lui apporter une explication. C’est ce que Pierre, inspiré, va maintenant s’attacher à faire.

vendredi 1 août 2008

Actes 1,13 à 26

Texte biblique :

Quand ils furent arrivés, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient d’ordinaire ; c’étaient Pierre, Jean, Jacques, André, Philippe, Thomas, Barthélemy, Matthieu, Jacques, fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude, fils de Jacques. Tous d’un commun accord persévéraient dans la prière, avec les femmes, et Marie, mère de Jésus, et avec les frères de Jésus. En ces jours–là, Pierre se leva au milieu des frères, le nombre des personnes réunies étant d’environ cent vingt. Et il dit : Hommes frères, il fallait que s’accomplît ce que le Saint–Esprit, dans l’Ecriture, a annoncé d’avance, par la bouche de David, au sujet de Judas, qui a été le guide de ceux qui ont saisi Jésus. Il était compté parmi nous, et il avait part au même ministère. Cet homme, ayant acquis un champ avec le salaire du crime, est tombé, s’est rompu par le milieu du corps, et toutes ses entrailles se sont répandues. La chose a été si connue de tous les habitants de Jérusalem que ce champ a été appelé dans leur langue Hakeldama, c’est–à–dire, champ du sang. Or, il est écrit dans le livre des Psaumes : Que sa demeure devienne déserte, Et que personne ne l’habite ! Et : Qu’un autre prenne sa charge ! Il faut donc que, parmi ceux qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu avec nous, depuis le baptême de Jean jusqu’au jour où il a été enlevé du milieu de nous, il y en ait un qui nous soit associé comme témoin de sa résurrection. Ils en présentèrent deux : Joseph appelé Barsabbas, surnommé Justus, et Matthias. Puis ils firent cette prière : Seigneur, toi qui connais les cœurs de tous, désigne lequel de ces deux tu as choisi, afin qu’il ait part à ce ministère et à cet apostolat, que Judas a abandonné pour aller en son lieu. Ils tirèrent au sort, et le sort tomba sur Matthias, qui fut associé aux onze apôtres.
Réflexion :
Le groupe des apôtres :

De retour à Jérusalem, le groupe des apôtres, dans l’attente de la réception du don que le Seigneur leur a promis, ne reste pas pour autant inactif. Confinés dans la chambre d’une maison qu’ils occupaient déjà avec le Seigneur, ils passent la plupart de leur temps dans la prière avec Marie, la mère de Jésus, et ses frères gagnés cette fois-ci à la foi. On peut se demander, sans l’assistance du Saint-Esprit en eux, de quoi étaient faites leurs prières, quel en était le contenu. Sans doute, les apôtres en ce temps priaient-ils comme les juifs pieux de l’Ancienne Alliance, lisant la loi, les psaumes, et les prophètes et s’inspirant ainsi de ces textes et des promesses qui y étaient contenus pour nourrir leur supplication. N’oublions pas aussi qu’en Son temps Jésus les avait initié à la véritable prière, leur donnant dans un texte resté célèbre le modèle des grandes lignes qui devaient orienter leur intercession. Ils avaient de plus eu sous leurs yeux pendant près de 3 ans Son modèle et nul doute qu’à cette heure où ils étaient encore tout pénétré de leur dernière rencontre avec Lui, ce modèle devait leur parler et les inspirer.

C’est dans ce contexte tout pétri d’attente et de ferveur que, prenant une initiative, Pierre, dont le caractère naturel de leader, selon aussi la volonté du Seigneur, apparaît ici, se leva pour proposer, suite à la défaillance suivie de mort de Judas, de pourvoir à son remplacement en élisant parmi ceux qui sont présents, un homme qui deviendrait le 12ème apôtre. Etait-ce à lui ou à eux de faire cela ? N’aurait-il mieux pas valu attendre le don du Saint-Esprit pour voir ce que le Seigneur indiquerait à ce sujet? Tel qu’il est écrit, le texte tend, pour plusieurs raisons, à donner raison à Pierre. D’abord, il faut remarquer qu’aucune voix n’a émis de doute ou d’opposition à l’idée de Pierre. Son initiative a trouvé dans le coeur de chacun un consensus immédiat. Une telle unité entre des hommes droits de coeur et tous pétris, à cette heure, d’une vraie préoccupation spirituelle, est un bon signe. Ensuite, Pierre n’agit pas sous le coup d’une simple idée. Sans doute déjà inspiré (comme d’autres dans l’Ancien Testament ont pu l’être), il s’appuie pour entreprendre cette démarche sur un texte de la Parole : Psaume 109,8 : le psaume de Judas. Un autre point qui plaide en sa faveur est que, dans le cadre de sa proposition, Pierre donne une indication pratique sur la manière avec laquelle cette élection devrait se faire. Ce qui signifie que, dans son coeur, les choses ont mûri. Pierre n’agit pas sous le coup d’une impulsion, mais partage à ses frères le projet qui lui tient à coeur après que, dans la méditation secrète, il en ait fait le tour de tous les aspects. 3 points pratiques marquèrent la procédure engagée : une réflexion sur le profil de la personne qui devait occuper le poste laissé vacant par Juda : un homme qui a suivi Jésus depuis le début (le temps de Jean-Baptiste), la prière de tous pour la conduite de Dieu face aux deux candidats possibles, non un vote électif, mais un tirage au sort afin qu’aucun facteur humain, mais seul le hasard guidé, décide. Enfin, le point peut-être le plus important, est que Jésus Lui-même, à la Pentecôte, validera le choix fait par les apôtres en donnant à Matthias comme aux autres de vivre la même expérience.

Béni soit Dieu pour l’exemple qu’Il nous donne ici de la manière avec laquelle Il peut nous conduire dans les affaires quotidiennes de notre vie, simples ou plus importantes. Donne-nous, ô Dieu, comme Pierre de nous assurer au mieux de la certitude de l’inspiration de nos démarches, afin que nous ne péchions pas par un excès impulsif de zèle qui nous amènerait à précéder Ton action et vouloir faire à Ta place ou hors de Ton calendrier ce que Tu as prévu de faire.