Texte biblique
Lorsqu’ils sortirent, on les pria de parler le sabbat suivant sur les mêmes choses ; et, à l’issue de l’assemblée, beaucoup de Juifs et de prosélytes pieux suivirent Paul et Barnabas, qui s’entretinrent avec eux, et les exhortèrent à rester attachés à la grâce de Dieu. Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole de Dieu. Les Juifs, voyant la foule, furent remplis de jalousie, et ils s’opposaient à ce que disait Paul, en le contredisant et en l’injuriant. Paul et Barnabas leur dirent avec assurance : C’est à vous premièrement que la parole de Dieu devait être annoncée ; mais, puisque vous la repoussez, et que vous vous jugez vous–mêmes indignes de la vie éternelle, voici, nous nous tournons vers les païens. Car ainsi nous l’a ordonné le Seigneur : Je t’ai établi pour être la lumière des nations, Pour porter le salut jusqu’aux extrémités de la terre. Les païens se réjouissaient en entendant cela, ils glorifiaient la parole du Seigneur, et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent. La parole du Seigneur se répandait dans tout le pays. Mais les Juifs excitèrent les femmes dévotes de distinction et les principaux de la ville ; ils provoquèrent une persécution contre Paul et Barnabas, et ils les chassèrent de leur territoire. Paul et Barnabas secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds, et allèrent à Icone, tandis que les disciples étaient remplis de joie et du Saint–Esprit.
Réflexion
Réactions :
Comme c’est toujours le cas, la prédication de l’Evangile ne laissa personne indifférent. Deux réactions très marquées divisèrent les auditeurs en deux groupes : certains, réceptifs s’attachèrent à Paul et Barnabas et les suivirent pour en savoir plus; d’autres se retirèrent attendant le sabbat suivant pour en savoir plus. Entre temps cependant, les langues se délièrent. Le message annoncé par Paul, dans lequel il identifiait clairement Jésus au Messie promis par Dieu aux pères, portait en lui-même une nouvelle si explosive qu’elle suffisait, sans nouvelle proclamation, à se propager, tels le souffle et le rayonnement d’une bombe. Aussi, le sabbat suivant, ce ne fut pas seulement les juifs qui se rassemblèrent pour entendre de nouveau les apôtres, mais presque toute la ville, provoquant la colère et la jalousie des juifs. C’est donc victimes, d’une certaine façon, de leur succès que les apôtres furent contraints, sous la pression des juifs et des notables prosélytes de la ville, de la quitter, non sans avoir auparavant fait un nombre conséquent de disciples. Si les envoyés devaient fuir et quitter la ville, le témoignage de Christ s’y était implanté et la prédiction de Paul accomplie : puisque le peuple élu et choisi de Dieu, à qui, en premier, les apôtres avaient reçu l’ordre d’annoncer la bonne nouvelle, ne la recevait pas, les païens devenaient pour eux désormais la cible prioritaire.
Quelques leçons à retirer de ce passage :
- les raisons du rejet de l’Evangile ne tiennent pas toujours à son contenu, mais souvent à des questions d’orgueil et d’amour propre. Ici, comme aujourd’hui dans bon nombre d’endroits, c’est la peur de perdre de son ascendance et de son influence sur les foules qui provoquent violence dans la réaction. C’est souvent dans des raisons bassement charnelles qu’il faut chercher les motifs de rejet de l’Evangile.
- comme souvent dans l’histoire, dès que l’Evangile, à cause de son succès, devient une menace, des alliances contre nature se forment à haut niveau pour s’opposer à son expansion. Comme Hérode et Pilate se sont unis, avec les responsables religieux juifs, pour condamner Jésus, ici, Paul et Barnabas devront faire face au front uni des notables paiens et des adorateurs juifs contre leurs personnes. Bis répétita dans l’histoire de France au temps de la Réforme.
- Paul et Barnabas ne forcent pas la porte. Ils secouent la poussière de leurs chaussures en signe de jugement, et s’éloignent. Ils se laissent conduire par Dieu, et ne cherchent pas à jouer inutilement les héros. Ils savent reconnaître quand c’est le moment de rester et quand celui de partir sonne. L’Evangile ayant été annoncé et le témoignage établi, ils estiment avoir rempli leur contrat. L’important n’est pas, dans l’évangélisation, que nous ayons atteint nos objectifs, mais que Dieu ait atteint les siens. Que Dieu nous donne aussi la sagesse de savoir quand c’est le moment de partir et quand c’est encore celui de rester.