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vendredi 29 août 2008

Actes 8,18 à 24

Texte biblique

Lorsque Simon vit que le Saint–Esprit était donné par l’imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l’argent, en disant : Accordez–moi aussi ce pouvoir, afin que celui à qui j’imposerai les mains reçoive le Saint–Esprit. Mais Pierre lui dit : Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s’acquérait à prix d’argent ! Il n’y a pour toi ni part ni lot dans cette affaire, car ton cœur n’est pas droit devant Dieu. Repens–toi donc de ta méchanceté, et prie le Seigneur pour que la pensée de ton cœur te soit pardonnée, s’il est possible ; car je vois que tu es dans un fiel amer et dans les liens de l’iniquité. Simon répondit : Priez vous–mêmes le Seigneur pour moi, afin qu’il ne m’arrive rien de ce que vous avez dit.

Réflexion

Où l’on reparle de Simon le magicien :

C’est de Simon le magicien que, pour les siècles à venir, est née l’expression simonie, expression qui définit l’acte qui consiste à faire des biens spirituels un objet de trafic et d’enrichissement personnel. C’est de l’épisode relaté ici qu’est née cette expression s’appliquant à tous ceux qui, après Simon, feront des choses de Dieu un produit de commerce. Des siècles après l’incident rapporté ici, incident au cours duquel Simon se voit sévèrement repris par l’apôtre Pierre pour avoir voulu acheter des apôtres le pouvoir de donner le Saint-Esprit à qui voulait, le comble sera atteint par l’église catholique qui, tout en se réclamant de l’apôtre Pierre, pratiquera avec le trafic des indulgences, la simonie à grande échelle. Se faisant ne prononce-t-elle pas elle-même, par la bouche de celui dont elle se revendique, sa propre condamnation ?

De cette histoire avec Simon le magicien, nous devons retenir deux choses :

- Nous devons dans notre service de Dieu être totalement au clair et pratiquer une sainte "laïcité", une séparation totale entre le domaine spirituel et le domaine financier. Jamais d’aucune manière, le service de Dieu ne doit être une cause de profit ou d’enrichissement personnel. C’est gratuitement que nous avons reçu de Dieu les biens par lesquels Il nous permet de Le connaître et de Le servir. C’est gratuitement que nous devons les donner et les partager autour de nous. Comme Jésus L’a montré par la colère qu’Il a exprimé dans le temple, Dieu punira avec sévérité quiconque utilise Son nom pour s’enrichir.

- Nous devons veiller à ne pas accorder trop tôt un statut de croyant à des hommes qui font profession avec leur bouche de croire en Christ. Toute foi qui n’est pas accompagnée, démontrée par un changement réel de mentalité est douteuse. Nous nous devons de donner à Dieu l’occasion avec le temps de manifester l’authenticité de la foi professée. Sans les fruits de la repentance, l’adhésion professée à la foi n’est que parodie. La foi qui ne conduit pas à la rupture avec la mentalité du passé n’est que mensonge.

Que le Seigneur nous donne de vivre réellement et constamment dans l’esprit de cette repentance qui, au premier jour, nous a amené à Lui. Béni soit Dieu pour le don gratuit de Son Esprit par lequel nous pouvons Le servir, Le prier, L’aimer !

jeudi 28 août 2008

Actes 8,14 à 17


Texte biblique

Les apôtres, qui étaient à Jérusalem, ayant appris que la Samarie avait reçu la parole de Dieu, y envoyèrent Pierre et Jean. Ceux–ci, arrivés chez les Samaritains, prièrent pour eux, afin qu’ils reçussent le Saint–Esprit. Car il n’était encore descendu sur aucun d’eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent le Saint–Esprit.

Réflexion

L’Esprit-Saint est donné aux samaritains :

Curieusement, alors que les samaritains avaient cru et s’étaient même faits baptisés au nom de Jésus, ils n’avaient, semble-t-il pas encore reçu le Saint-Esprit. Cette particularité a une raison. Alors que nous sommes au début seulement de la vie de l’Eglise, il semble que jusqu’à présent seuls des juifs avaient cru en Jésus et bénéficié du don du saint-Esprit, promis à tous ceux qui auraient foi en ce qu’Il est. Or ici, l’Evangile franchit une première frontière. Il déborde de la stricte sphère juive pour s’implanter dans un groupe proche des juifs, mais aussi méprisés par eux : les samaritains. Il fallait donc pour valider ce pas en avant de l’Evangile et, en même temps, le rattacher à ce qui s’était passé précédemment, un acte officiel qui en garantisse à la fois l’authenticité et la crédibilité. C’est ce qui se passa ici et la raison pour laquelle la venue de Pierre et Jean fut nécessaire pour que, de la part de Dieu, le Saint-Esprit soit accordé à ces nouveaux croyants en Jésus juifs, pourrait-on dire, à 50%. La venue de Pierre et Jean, au travers de qui le Saint-Esprit était donné, soulignait la continuité et l’unité de l’oeuvre de Dieu dans les différents sphères sociétales dans lesquelles elle se manifestait.

La venue de Pierre et Jean avait aussi une autre raison. Elle était liée à l’accomplissement d’une promesse faite par Jésus à Pierre dans l’Evangile, promesse selon laquelle, puisqu’il était le premier à avoir reconnu en Lui le Fils de Dieu, il lui serait donné le pouvoir des clés, le pouvoir d’ouvrir les portes du royaume de Dieu aux croyants : Matthieu 16,19.

Il serait faux, à partir de l’expérience des samaritains, de tirer des conclusions d’ordre théologique sur la manière et le temps selon lesquels le Saint-Esprit est donné. Qui croit aujourd’hui en Jésus comme son Sauveur n’a pas à attendre la venue d’un apôtre particulier pour recevoir le Saint-Esprit. Les raisons qui ont poussé le Seigneur à agir ici de cette façon ne présupposent pas que celles-ci soient désormais normatives. Le but de Luc dans le livre des actes n’est pas de tracer une ligne théologique, mais de rendre compte de la façon avec laquelle l’ordre donné par Jésus au début du livre s’est accompli. Aller au-delà de l’intention de l’auteur, c’est inévitablement courir le risque de tirer des conclusions théologiques erronées. Ce sont les conditions spirituelles (repentance et foi en Jésus) pour la réception du Saint-Esprit qui doivent être respectées pour que les croyants en bénéficient, les circonstances particulières pouvant varier.

Que le Seigneur nous donne d’être sage et équilibré dans tout ce que nous enseignons !

mercredi 27 août 2008

Actes 8,9 à 13

Texte biblique

Il y avait auparavant dans la ville un homme nommé Simon, qui, se donnant pour un personnage important, exerçait la magie et provoquait l’étonnement du peuple de la Samarie. Tous, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, l’écoutaient attentivement, et disaient : Celui–ci est la puissance de Dieu, celle qui s’appelle la grande. Ils l’écoutaient attentivement, parce qu’il les avait longtemps étonnés par ses actes de magie. Mais, quand ils eurent cru à Philippe, qui leur annonçait la bonne nouvelle du royaume de Dieu et du nom de Jésus–Christ, hommes et femmes se firent baptiser. Simon lui–même crut, et, après avoir été baptisé, il ne quittait plus Philippe, et il voyait avec étonnement les miracles et les grands prodiges qui s’opéraient.

Réflexion

Le cas Simon :

La manifestation de la puissance de Dieu par de nombreux signes qui accompagna la prédication et le témoignage de Philippe à Samarie se comprend mieux quand on sait dans quel contexte spirituel sa venue se passa. Car jusqu’à la venue de Philippe, la région de Samarie que Philippe visita n’était pas sans influence spirituelle. Toute entière, elle était sous le charme d’un certain Simon qui, par ses actes de magie, stupéfiait et impressionnait la population au point que celle-ci pensait que c’était de Dieu que venait sa puissance. Il fallait donc pour persuader cette population crédule de la vérité inverse que le témoin de Dieu soit capable de manifester, tel Moïse face aux magiciens égyptiens, une puissance supérieure à celle démontrée jusqu’alors. Ce que le Christ ressuscité lui donna.

La leçon que nous pouvons retirer de cette histoire est que, dans un contexte spirituel marqué, l’Evangile a besoin de lettres de créance puissantes pour être cru. Il faut, pour qu’il soit crédible, que l’Evangile montre sa supériorité sur toute puissance occulte et mensongère qui se réclame de Dieu. Il faut que soit reconnu et démontré d’une façon ou d’une autre, dans le milieu spirituel dans lequel nous sommes placés, la supériorité de Christ sur tout autre pouvoir ou puissance. La question se pose donc à nous dans le contexte dans lequel nous vivons. Qu’est-ce qui dans la société sécularisée dans laquelle nous vivons est à même de mieux démontrer l’autorité, la supériorité du christianisme sur toute autre foi et système de pensée ? C’est à nous croyants, dans la collaboration avec le Saint-Esprit, d’en faire la démonstration. Gardons-nous, en effet, de penser que ce qui a été efficace dans un contexte donné l’est obligatoirement partout. Il nous faut trouver la pensée de Dieu et être ouvert et disponible aux voies que le Saint-Esprit désire nous voir prendre pour être Ses témoins. Que le Seigneur nous accorde dans sa grâce le même appui qu’Il accorda à Philippe en Samarie en son temps.

mardi 26 août 2008

Actes 8,6 à 8

Texte biblique

Philippe, étant descendu dans la ville de Samarie, y prêcha le Christ. Les foules tout entières étaient attentives à ce que disait Philippe, lorsqu’elles apprirent et virent les miracles qu’il faisait. Car des esprits impurs sortirent de plusieurs démoniaques, en poussant de grands cris, et beaucoup de paralytiques et de boiteux furent guéris. Et il y eut une grande joie dans cette ville.

Réflexion

Réveil à Samarie :

La persécution qui obligea les croyants de Jérusalem à la dispersion amena Philippe, choisi avec Etienne parmi les sept assistants des apôtres : Actes 6,5, à se rendre en Samarie pour y prêcher l’Evangile. Le Seigneur, comme Il le fit aussi pour les apôtres à Jérusalem, assista Philippe, appuyant son témoignage sur Jésus, le Christ, par toutes sortes de miracles, prodiges, délivrances faits en Son nom. Impressionnées par ce qu’elles voyaient le Seigneur faire, les foules s’attachèrent à Philippe et au message qu’il leur transmettait. L’engouement pour l’Evangile de cette population souvent méprisée par les juifs n’est ni une première, ni le fait du hasard. Elle est l’écho du vécu de Jésus en son temps, lorsqu’à travers la rencontre avec la samaritaine, Il visita une ville qui l’accueillit à bras ouverts : Jean 4,39 à 42. Cet accueil empressé du Christ ne fut pas pour autant normatif en Samarie. Luc rapporte ainsi dans son évangile le cas d’un village de samaritains hostiles à Sa venue : Luc 9,51 à 56. La raison évoquée ici ne tient d’ailleurs pas tant à Jésus qu’au motif du but de leur passage. Cet incident mis en parallèle avec notre passage et celui de Jean 4 nous enseigne la nécessité de bien rester christocentrique dans notre message. En effet, bien des gens hostiles, sur le plan religieux, aux motivations humaines qu’ils discernent derrière notre désir de les approcher, se montrent réceptifs et ouverts lorsqu’ils découvrent qui nous voulons, en fait, leur faire connaître. Peut-être, nous ne le savons pas, l’ouverture des samaritains à l’Evangile vient-elle aussi de la considération démontrée par Jésus en son temps à leur égard. Il se peut que la célèbre histoire du bon samaritain, racontée par Jésus, soit aussi connue au temps des apôtres qu’elle l’est aujourd’hui dans les milieux chrétiens : Luc 10,25 à 37. Aussi, en l’écoutant, ceux-ci ne pouvaient-ils qu’apprécier ce juif qui les honorait à ce point.

Que le Seigneur nous aide dans notre désir d’atteindre nos contemporains de ne pas être un obstacle pour eux par des attitudes révélant des motivations périphériques au témoignage que nous sommes appelés à rendre à Son nom !

lundi 25 août 2008

Actes 8,1 à 4

Texte biblique

Saul avait approuvé le meurtre d’Etienne. Il y eut, ce jour–là, une grande persécution contre l’Eglise de Jérusalem ; et tous, excepté les apôtres, se dispersèrent dans les contrées de la Judée et de la Samarie. Des hommes pieux ensevelirent Etienne, et le pleurèrent à grand bruit. Saul, de son côté, ravageait l’Eglise ; pénétrant dans les maisons, il en arrachait hommes et femmes, et les faisait jeter en prison. Ceux qui avaient été dispersés allaient de lieu en lieu, annonçant la bonne nouvelle de la parole.

Réflexion

Rappel chronologique du livre des Actes :

- Actes 1,8 : ordre de mission donné aux apôtres : étapes stratégiques : Jérusalem, Judée Samarie ; extrémités de la terre
- Actes 2 : Pentecôte : don du Saint-Esprit : équipement pour la mission
- Actes 3 à 6: démarrage de l’Eglise et premières oppositions
- Actes 7 : lapidation d’Etienne, premier martyr chrétien

Première persécution :

La mise à mort d’Etienne par ses compatriotes juifs ne fut pas le point d’orgue de l’antagonisme grandissant entre la communauté chrétienne naissante et les autorités religieuses juives. Elle fut, au contraire, le signal de départ d’une opération de grande envergure contre elle, qui n’avait qu’un seul objet : l’arrêt de son développement. Dans son récit des évènements qui se passèrent à ce moment, Luc relève les 3 points les plus marquants de cette période de l’histoire de l’Eglise :

1) Loin d’atteindre le but poursuivi par ses opposants, la persécution permit au contraire, par la dispersion forcée des croyants, au témoignage de Christ, d’entrer dans la seconde et la troisième phase (le 2ème et le 3ème cercle géographique indiqué par le Seigneur : 1,8) de la stratégie définie par le Seigneur. Ce que l’impulsion naturelle n’a pu obtenir des chrétiens, la persécution l’a réalisé.

2) Pour autant, les apôtres n’abandonnent pas le champ de mission premier que le Seigneur leur a donné. Alors que tous partent, eux restent à Jérusalem. Se faisant, les apôtres décident de faire passer le message qu’il n’est pas question pour eux de céder à l’intimidation et d’abandonner le terrain de témoignage spécifique que le Seigneur leur a donné (témoignage des chrétiens sur Gaza). L’heure n’est pas à la fuite, mais au maintien coûte que coûte de la présence du témoignage de Christ dans le lieu même où Celui-ci a été condamné et crucifié.

Attention de ne pas être trop rapide dans notre façon de juger l’attitude ou le comportement de chrétiens dans une situation donnée. Au regard des bienfaits qu’a apporté la dispersion des croyants pour la cause de l’Evangile, on pourrait penser que les apôtres n’ont pas fait le bon choix. Mais au regard du courage dont ils ont fait preuve et de l’objectif qui était le leur en restant à Jérusalem, on pourrait conclure que la fuite des croyants était une preuve de lâcheté. Partir ou rester n’était pas moins spirituel pour les uns ou pour les autres. Les deux attitudes opposées venaient, je le crois, de Dieu . En toutes situations, nous nous devons, non de copier bêtement ce que fait la majorité, mais d’être sensible à ce que Dieu nous demande.

3) Luc, comme il a commencé à le faire auparavant, met dans cette période d’opposition et de persécution volontairement le projecteur sur un homme, Saul de Tarse, présenté ici comme l’opposant le plus acharné et le plus zélé de l’Eglise. Le but de cette focalisation est de nous préparer au miracle qui vient, dont cet homme sera l’objet et dont, pour l’heure, il est à des lieues de se douter.

Mise à part la mort d’Etienne, cause d’une grande tristesse ponctuelle pour les croyants, on est en droit de se poser la question si la persécution est un mal ou un bien. Elle est au final ce que Joseph, persécuté, a dit au moment de ses retrouvailles avec ses frères : un mal dont Dieu se sert pour faire un bien pour le salut de beaucoup. Que Dieu nous donne toujours à nouveau la vision de Sa souveraineté, qualité à partir de laquelle toutes choses, de par Sa puissance, sont possibles.