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vendredi 10 octobre 2008

Actes 18,24 à 28


Texte biblique

Un Juif nommé Apollos, originaire d’Alexandrie, homme éloquent et versé dans les Ecritures, vint à Ephèse. Il était instruit dans la voie du Seigneur, et, fervent d’esprit, il annonçait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus, bien qu’il ne connût que le baptême de Jean. Il se mit à parler librement dans la synagogue. Aquilas et Priscille, l’ayant entendu, le prirent avec eux, et lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu. Comme il voulait passer en Achaïe, les frères l’y encouragèrent, et écrivirent aux disciples de le bien recevoir. Quand il fut arrivé, il se rendit, par la grâce de Dieu, très utile à ceux qui avaient cru ; Car il réfutait vivement les Juifs en public, démontrant par les Ecritures que Jésus est le Christ.

Réflexion

Apollos, un autre apôtre : portrait :

- un homme éloquent : la première qualité nommé par Luc, celle qui devait le plus frapper lorsqu’on faisait la connaissance d’Apollos. Comme les capacités manuelles, artistiques, d’analyse, l’éloquence est un talent naturel donné par Dieu, inscrit dans les gênes psychologiques d’une personne. Un talent qui, soumis, contrôlé et utilisé par le Saint-Esprit au service de l’Evangile est une arme puissante au service de la vérité et contre l’erreur. L’éloquence est l’art de convaincre et d’émouvoir par la parole, une facilité donnée pour bien parler. C’est être capable au bon moment de choisir le mot et l’expression juste, celle qui, à la fois, traduit exactement la pensée que l’on veut exprimer et, en même temps, touche et s’applique à la situation des personnes à qui elle est adressée.

L’éloquence dans le service de Dieu ne suffit pas. Si ce talent peut se montrer très utile, il doit s’accompagner, pour l’être dans l’oeuvre de Dieu, des qualités spirituelles qui habitaient aussi par ailleurs chez Apollos :

- un homme versé dans l’Ecriture : Apollos était un homme dont la pensée et l’esprit étaient saturés de la Parole de Dieu. C’était un homme qui ne se contentait pas d’une lecture et d’une connaissance superficielle de l’Ecriture, mais un homme qui avait étudié, approfondi, sondé l’Ecriture. L’expression employée pour décrire Apollos signifie qu’il n’y avait aucun sujet, aucun thème de la Parole de Dieu sur lequel Apollos n’avait pas réfléchi et pour lequel il n’était pas capable de formuler une définition claire de ce qu’il croyait. Eloquence et connaissance étaient les deux atouts majeurs d’Apollos.

- un homme instruit dans la voie du Seigneur et fervent d’esprit : la piété personnelle d’Apollos ne se limitait pas à une forme d’intellectualisme. Apollos n’était pas seulement quelqu’un qui cherchait Dieu avec sa tête, mais encore avec son coeur. Quiconque l’écoutait savait qu’il ne parlait pas seulement de ce qu’il connaissait sur le plan intellectuel, mais qu’il le vivait aussi.

- un homme enseignable. Au-delà des qualités déjà citées, celle-ci paraît la plus importante. Au niveau où était Apollos, on aurait pu penser que personne n’avait plus rien à lui apprendre. Ce n’était pas ce que pensait Apollos qui était convaincu qu’au sujet de Dieu, il avait besoin, non seulement de la lumière qui lui était donnée, mais de celle qui était aussi donnée aux autres. Aussi put-il être encore plus utile à l’oeuvre de Dieu lorsque, après avoir reçu dans l’humilité l’enseignement que lui prodiguèrent Priscille et Aquilas au sujet de Jésus, il ajouta à tout ce qu’il avait déjà compris par Jean, les certitudes qu’il reçut par eux.

Que le Seigneur nous donne dans Sa grâce d’avoir la même attitude et les mêmes dispositions qu’Apollos.

jeudi 9 octobre 2008

Actes 18,18 à 23


Texte biblique

Paul resta encore assez longtemps à Corinthe. Ensuite il prit congé des frères, et s’embarqua pour la Syrie, avec Priscille et Aquilas, après s’être fait raser la tête à Cenchrées, car il avait fait un vœu. Ils arrivèrent à Ephèse, et Paul y laissa ses compagnons. Etant entré dans la synagogue, il s’entretint avec les Juifs, qui le prièrent de prolonger son séjour. Mais il n’y consentit point, et il prit congé d’eux, en disant: Il faut absolument que je célèbre la fête prochaine à Jérusalem. Je reviendrai vers vous, si Dieu le veut. Et il partit d’Ephèse. Etant débarqué à Césarée, il monta à Jérusalem, et, après avoir salué l’Eglise, il descendit à Antioche. Lorsqu’il eut passé quelque temps à Antioche, Paul se mit en route, et parcourut successivement la Galatie et la Phrygie, fortifiant tous les disciples.

Réflexion

Itinérance de Paul :

Paul estimant son séjour à Corinthe terminé (c’est dans cette ville qu’il demeura peut-être le plus longtemps), il prit congé des frères et, après une courte visite à Ephèse où il laissa Priscille et Aquilas, puis à Césarée, rejoignit la communauté d’Antioche d’où il avait été envoyé. Il n’y restera que peu de temps. Ayant la démangeaison missionnaire, il reprendra la route traversant successivement le pays galate et la Phrygie affermissant les disciples partout où il passera.

Tel est Paul, un homme dont la vie entière est consacrée au service de la Parole et de l’Eglise. Notons ici l’objectif différent de la cause de son périple. Après avoir souffert pour annoncer l’Evangile et voir des églises se lever et naître, Paul se donne au second volet de sa tâche tout aussi important que le premier : l’affermissement des églises nées de son premier passage dans les lieux où il se rend. Que Dieu nous donne de voir dans quel temps il faut faire chaque chose. Qu’Il nous aide à comprendre de mieux en mieux la tâche à laquelle nous devons nous donner à chaque instant et étape de notre parcours. C’est aussi notre prière dans ce qu’Il nous donne de vivre en Lui.

mercredi 8 octobre 2008

Actes 18,12 à 17

Texte biblique

Du temps que Gallion était proconsul de l’Achaïe, les Juifs se soulevèrent unanimement contre Paul, et le menèrent devant le tribunal, en disant : Cet homme excite les gens à servir Dieu d’une manière contraire à la loi. Paul allait ouvrir la bouche, lorsque Gallion dit aux Juifs: S’il s’agissait de quelque injustice ou de quelque méchante action, je vous écouterais comme de raison, ô Juifs ; mais, s’il s’agit de discussions sur une parole, sur des noms, et sur votre loi, cela vous regarde : je ne veux pas être juge de ces choses. Et il les renvoya du tribunal. Alors tous, se saisissant de Sosthène, le chef de la synagogue, le battirent devant le tribunal, sans que Gallion s’en mît en peine.

Réflexion

Comparution de Paul devant Gallion, proconsul d’Achaïe :

Accusé par les Juifs de semer le trouble au milieu d’eux, en introduisant dans leur culte une nouveauté bousculant leurs traditions, Paul fut mis en examen et appelé à comparaître devant Gallion, le proconsul de l’Achaïe, face au chef d’accusation formulé et retenu contre Paul, Gallion ne laissa ni aux uns, ni aux autres l’occasion de se défendre. Il estima en effet, avec sagesse et à propos, que le chef d’accusation retenu ne relevait pas de sa compétence et du ressort de ses attributions. Précurseur de la laïcité, qui établit le principe de séparation des pouvoirs temporels et spirituels, Gallion est dans la droite ligne de la pensée de Jésus qui voulait que soit rendu à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui revient à Dieu.

Si Gallion avait raison de ne pas s’ingérer dans des conflits et des disputes relevant de désaccords sur le plan doctrinal et religieux, il se montra cependant fort laxiste lorsque les juifs, insatisfaits de voir leur demande refusée d’être prise en compte, se vengèrent sous ses yeux sur Sosthène, le chef de la synagogue qui avait cru. Car le rôle de l’autorité est bien de sanctionner tout ce qui porte atteinte à l’ordre public et de protéger les minorités. Ainsi en est-il malheureusement souvent de l’autorité dans le système laïc. Elle prétend ne pas s’ingérer dans ce qui touche au spirituel, mais souvent refuse de défendre le droit d’expression des minorités et ne fait rien lorsqu’elles sont ouvertement discriminées par le pouvoir religieux ou philosophique dominant.

Que Dieu nous aide aussi a rappeler à l’autorité la conscience de ses devoirs envers nous, croyants. Restons cependant conscients que le royaume que nous défendons et pour lequel nous militons n’est pas de ce monde et, par conséquent, qu’il ne peut être reconnu comme tel par celui de ce monde. Cela a toujours été et le sera toujours jusqu’à la fin.

mardi 7 octobre 2008

Actes 18,1 à 11

Texte biblique

Après cela, Paul partit d’Athènes, et se rendit à Corinthe. Il y trouva un Juif nommé Aquilas, originaire du Pont, récemment arrivé d’Italie avec sa femme Priscille, parce que Claude avait ordonné à tous les Juifs de sortir de Rome. Il se lia avec eux ; et, comme il avait le même métier, il demeura chez eux et y travailla : ils étaient faiseurs de tentes. Paul discourait dans la synagogue chaque sabbat, et il persuadait des Juifs et des Grecs. Mais quand Silas et Timothée furent arrivés de la Macédoine, il se donna tout entier à la parole, attestant aux Juifs que Jésus était le Christ. Les Juifs faisant alors de l’opposition et se livrant à des injures, Paul secoua ses vêtements, et leur dit : Que votre sang retombe sur votre tête ! J’en suis pur. Dès maintenant, j’irai vers les païens. Et sortant de là, il entra chez un nommé Justus, homme craignant Dieu, et dont la maison était contiguë à la synagogue. Cependant Crispus, le chef de la synagogue, crut au Seigneur avec toute sa famille. Et plusieurs Corinthiens, qui avaient entendu Paul, crurent aussi, et furent baptisés. Le Seigneur dit à Paul en vision pendant la nuit : Ne crains point ; mais parle, et ne te tais point, Car je suis avec toi, et personne ne mettra la main sur toi pour te faire du mal : parle, car j’ai un peuple nombreux dans cette ville. Il y demeura un an et six mois, enseignant parmi les Corinthiens la parole de Dieu.

Réflexion

Paul à Corinthe :

1. Lieu d’une rencontre décisive avec un couple qui devait jouer un rôle futur important dans la vie de Paul : Aquilas et Priscille. Ayant le même métier qu’eux, Paul habita et travailla avec eux tout le temps qu’il fut seul à Corinthe : v 1 à 3.

Applications et enseignements que l’on peut tirer de son expérience :

a. le travail missionnaire suit des parcours qui ne sont pas linéaires. Il peut revêtir et prendre des formes variées. Nous ne devons pas faire d’un état une norme, mais être prêt, suivant la situation de nous adapter en veillant cependant à ne pas perdre de vue l’objectif final et notre vocation. Dès que nous le pouvons, nous devons retrouver notre liberté d’engagement, car, avant toutes choses, c’est au ministère de la Parole que Dieu appelle Ses serviteurs.

b. ce qui semble être un arrêt ne l’est jamais quand il est prévu dans le plan de Dieu. Arrivé à Corinthe, Paul ne put immédiatement se donner pleinement à sa vocation. Mais la rencontre qu’il fit avec Aquilas et Priscille aboutit à une association durable. Pour le Seigneur, des personnes clés sont au moins aussi importantes que des activités, car ce sont elles les futurs piliers de l’oeuvre. Ne négligeons pas la valeur du temps consacré à la construction de relations. A long terme, ce temps investi est porteur de nombre de fruits et de bénédictions.

2. Lieu où, après avoir, selon sa coutume, annoncer la Parole en premier aux juifs et rencontrer, comme à l’accoutumée, une vive opposition, Paul décide de se consacrer entièrement aux non-juifs. L’attitude de Paul sur le plan stratégique et missionnaire nous rappelle la nécessité d’être à l’écoute de l’Esprit, et de ne pas se borner dans la poursuite de voies qui, de manière évidente, ne conduisent pas à porter le fruit attendu. L’opposition et la fermeture sont aussi pour Dieu des moyens par lesquels Il réoriente la vision, la stratégie et la manière de faire des Siens.

Dans le récit de l’expérience missionnaire vécue ici par Paul, 3 éléments apparaissent comme des poteaux indicateurs de la volonté et de l’oeuvre de Dieu dans cette ville :

a. la conversion de Crispus, le chef de la synagogue. Elle souligne le fait que, si la majorité des juifs est restée réfractaire au message de Christ, quelques-uns ont pu être touché. L’annonce de l’Evangile, même en terre hostile, n’est jamais vaine et est l’occasion donnée à quelques-uns d’être sauvé.

b. La mise à disposition par Titius Justus de sa maison pour Paul. Même si les portes des lieux officiels nous sont fermées, le Seigneur a d’autres moyens, d’autres maisons, d’autres lieux possibles pour que l’oeuvre se poursuive. C’est d’abord avec les êtres (et par eux) que l’oeuvre de Dieu se fait, non par les moyens.

c. la vision : elle est là pour soutenir et confirmer la volonté déjà connue et révélée de Dieu. Dieu sait de quoi, et à quel moment, nous avons besoin d’une preuve tangible pour aller de l’avant et poursuivre dans la voie tracée. C’est Lui le Maître et Il sait quand Il faut distribuer encouragement, reproches et avertissements aux siens. Que le caractère tortueux de mon coeur ne soit pas pour lui l’obstacle insurmontable à franchir pour me conduire et me guider comme Il l’entend.