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samedi 23 août 2008

Actes 6,7 à 15


Texte biblique

La parole de Dieu se répandait de plus en plus, le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem, et une grande foule de sacrificateurs obéissaient à la foi. Etienne, plein de grâce et de puissance, faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple. Quelques membres de la synagogue dite des Affranchis, de celle des Cyrénéens et de celle des Alexandrins, avec des Juifs de Cilicie et d’Asie, se mirent à discuter avec lui ; mais ils ne pouvaient résister à sa sagesse et à l’Esprit par lequel il parlait. Alors ils subornèrent des hommes qui dirent : Nous l’avons entendu proférer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu. Ils émurent le peuple, les anciens et les scribes, et, se jetant sur lui, ils le saisirent, et l’emmenèrent au sanhédrin. Ils produisirent de faux témoins, qui dirent : Cet homme ne cesse de proférer des paroles contre le lieu saint et contre la loi ; car nous l’avons entendu dire que Jésus, ce Nazaréen, détruira ce lieu, et changera les coutumes que Moïse nous a données. Tous ceux qui siégeaient au sanhédrin ayant fixé les regards sur Etienne, son visage leur parut comme celui d’un ange.

Réflexion

Croissance forte et rapide de l’Eglise et forte opposition :

Le nombre des disciples augmentant rapidement (y compris parmi les prêtres), une autre vague forte d’opposition ne tarda pas à se lever contre l’Eglise. Elle se concentra d’abord contre l’homme qui, sur le moment était aux yeux des juifs l’ennemi public n°1 : Etienne. Ce disciple de Jésus dérangeait peut-être plus que les autres pour deux raisons :

- la 1ère était que le Seigneur l’avait rempli de grâce et de puissance. Les miracles et les prodiges extraordinaires qui se produisaient au travers de lui faisaient de lui un point d’attraction irrésistible pour l’Evangile. Les oeuvres qui se faisaient à travers Etienne étaient à elles seules une démonstration de la puissance du Christ ressuscité, thème de sa prédication

- la seconde était que, en plus de la puissance, Dieu avait revêtu Etienne d’un Esprit de sagesse contre lequel ses adversaires étaient systématiquement pris en défaut.

Confrontés à leurs limites et leur impuissance, les opposants à Etienne n’avaient à leur disposition plus qu’une seule arme pour le condamner et le faire taire, cette arme qu’ils avaient utilisé contre Jésus pour finalement le faire mourir : la calomnie et le mensonge.

L’histoire d’Etienne, remake de celle de Jésus, est l’histoire type de ce que vivent aujourd’hui encore les martyrs de la foi dans les pays dans lesquels elle est interdite. Car partout où le christianisme avance, gagne du terrain, devient une menace pour les idéologies en place, la croissance du nombre affiché de disciples de Jésus s’accompagne de persécutions, de calomnies et d’arrestation. L’un, nous ont averti Paul et Jésus, ne va pratiquement jamais sans l’autre. Pour autant, ne perdons pas courage ! Car si un Etienne meurt, c’est un Paul, autrefois adversaire et demain disciple rempli du même Esprit de puissance et de sagesse, qui se lève : 1 Cor 2,1 à 5. Que Dieu nous donne en Lui d’aller toujours plus d’aller de l’avant, sachant qu’aucune force ni puissance n’a la capacité de mettre le mot fin sur le témoignage rendu à Christ par l’Evangile

vendredi 22 août 2008

Actes 6,1 à 6


Texte biblique

En ce temps–là, le nombre des disciples augmentant, les Hellénistes murmurèrent contre les Hébreux, parce que leurs veuves étaient négligées dans la distribution qui se faisait chaque jour. Les douze convoquèrent la multitude des disciples, et dirent : Il n’est pas convenable que nous laissions la parole de Dieu pour servir aux tables. C’est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes, de qui l’on rende un bon témoignage, qui soient pleins d’Esprit–Saint et de sagesse, et que nous chargerons de cet emploi. Et nous, nous continuerons à nous appliquer à la prière et au ministère de la parole. Cette proposition plut à toute l’assemblée. Ils élurent Etienne, homme plein de foi et d’Esprit–Saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas, et Nicolas, prosélyte d’Antioche. Ils les présentèrent aux apôtres, qui, après avoir prié, leur imposèrent les mains.

Réflexion

Source de tension dans la communauté :

Si jusqu’à présent, mis à part l’affaire Ananias-Saphira, rien n’avait assombri les bonnes dispositions qui marquaient la vie de la première communauté, le nombre des disciples augmentant, une première source de tension se fit jour entre les croyants juifs parlant le grec et ceux parlant l’hébreu. Les premiers, en effet, se plaignirent, sans doute avec raison, que dans le partage quotidien des ressources destinées à aider les veuves, celles faisant partie de leur groupe étaient négligées par rapport à celles faisant partie de l’autre groupe. Nous ne connaissons pas la raison de cette discrimination. Mais nous pouvons penser qu’elle est du même ordre que celle suggérée par les hommes de David au retour de la bataille contre les Amalécites qui avaient pillé Tsiklag : 1 Sam 30,22. Elle est le fruit d’un jugement de valeur qui faisait que ceux dont la langue parlée n’était pas l’hébreu étaient déconsidérés par rapport aux juifs de pure souche.

Ce n’est pas en vain que l’Ecriture rapporte ce fait comme celui qui, dans la vie de la communauté nouvelle, a été le premier à être source de fracture et de division. Aujourd’hui encore, les préjugés raciaux, le sentiment de supériorité de la classe ou de la race à laquelle les uns appartiennent par rapport aux autres, peuvent toujours être source de troubles entre nous. Aussi devons-nous veiller dans notre coeur à n’entretenir ni mépris, ni sentiment de supériorité envers quiconque. Car, en Christ, les barrières de race, de classe, de sexe qui séparaient les hommes ont, dit Paul, été abolies une fois pour toutes : Gal 3,28. La tentation de l’apartheid, de la distinction basée sur l’origine et la couleur de la peau, reste une cause de scandale, de division et de chute possible pour le corps de Christ partout dans le monde. Que Dieu nous aide à considérer chacun, tel qu’il est, comme digne d’être aimé et servi au même titre que tous !

Délégation :

La tension suscitée ici par cette inégalité de traitement entre les personnes n’a pas eu, par la grâce de Dieu, de mauvaises conséquences. Au contraire, elle a été l’occasion d’une prise de conscience par les responsables de la communauté, en l’occurrence les apôtres, de la nécessité de déléguer une partie des tâches inhérentes à la vie et au développement de la communauté à d’autres. Les apôtres ne sont pas tombés dans le piège qui consiste à penser que, parce qu’on a été mandaté par le Seigneur pour une tâche de responsabilité sur l’Eglise, tout devait absolument passer par eux. L’ampleur des difficultés à résoudre a été pour eux, au contraire, l’occasion à la fois de définir de manière précise leur mission, et de donner à d’autres la possibilité d’entrer dans un ministère auprès des croyants. Les apôtres ont ainsi défini la prière et l’enseignement comme devant être leur mission prioritaire dans l’église. Elle reste, pour ceux qui sont appelés encore aujourd’hui à ce ministère, le coeur de leur engagement.

Pour autant, les apôtres n’ont pas estimé que les autres tâches étaient inférieures à la leur. Au contraire, des critères élevés de qualité ont été définis pour trouver les hommes qui devaient se substituer à eux dans le service qui consistait à gérer de manière pratique les besoins de la communauté. 7 hommes, dont plusieurs d’origine grecque, furent ainsi nommés et établis, avec la prière et le soutien des apôtres dans ce service.

Que le Seigneur nous donne comme à eux la capacité de comprendre quelle est notre mission première et de nous y donner. Qu’Il nous donne aussi de reconnaître au sein de la communauté les hommes de qualité, préparés et qualifiés par Lui pour exercer les ministères de service dont l’église a besoin.