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mardi 14 octobre 2008

Actes 19,21 à 40

Texte biblique

Après que ces choses se furent passées, Paul forma le projet d’aller à Jérusalem, en traversant la Macédoine et l’Achaïe. Quand j’aurai été là, se disait–il, il faut aussi que je voie Rome. Il envoya en Macédoine deux de ses aides, Timothée et Eraste, et il resta lui–même quelque temps encore en Asie. Il survint, à cette époque, un grand trouble au sujet de la voie du Seigneur. Un nommé Démétrius, orfèvre, fabriquait en argent des temples de Diane, et procurait à ses ouvriers un gain considérable. Il les rassembla, avec ceux du même métier, et dit : O hommes, vous savez que notre bien–être dépend de cette industrie ; et vous voyez et entendez que, non seulement à Ephèse, mais dans presque toute l’Asie, ce Paul a persuadé et détourné une foule de gens, en disant que les dieux faits de main d’homme ne sont pas des dieux. Le danger qui en résulte, ce n’est pas seulement que notre industrie ne tombe en discrédit ; c’est encore que le temple de la grande déesse Diane ne soit tenu pour rien, et même que la majesté de celle qui est révérée dans toute l’Asie et dans le monde entier ne soit réduite à néant. Ces paroles les ayant remplis de colère, ils se mirent à crier : Grande est la Diane des Ephésiens ! Toute la ville fut dans la confusion. Ils se précipitèrent tous ensemble au théâtre, entraînant avec eux Gaïus et Aristarque, Macédoniens, compagnons de voyage de Paul. Paul voulait se présenter devant le peuple, mais les disciples l’en empêchèrent ; quelques–uns même des Asiarques, qui étaient ses amis, envoyèrent vers lui, pour l’engager à ne pas se rendre au théâtre. Les uns criaient d’une manière, les autres d’une autre, car le désordre régnait dans l’assemblée, et la plupart ne savaient pas pourquoi ils s’étaient réunis. Alors on fit sortir de la foule Alexandre, que les Juifs poussaient en avant ; et Alexandre, faisant signe de la main, voulait parler au peuple. Mais quand ils reconnurent qu’il était Juif, tous d’une seule voix crièrent pendant près de deux heures : Grande est la Diane des Ephésiens ! Cependant le secrétaire, ayant apaisé la foule, dit : Hommes Ephésiens, quel est celui qui ignore que la ville d’Ephèse est la gardienne du temple de la grande Diane et de son simulacre tombé du ciel ? Cela étant incontestable, vous devez vous calmer, et ne rien faire avec précipitation. Car vous avez amené ces hommes, qui ne sont coupables ni de sacrilège, ni de blasphème envers notre déesse. Si donc Démétrius et ses ouvriers ont à se plaindre de quelqu’un, il y a des jours d’audience et des proconsuls ; qu’ils s’appellent en justice les uns les autres. Et si vous avez en vue d’autres objets, ils se régleront dans une assemblée légale. Nous risquons, en effet, d’être accusés de sédition pour ce qui s’est passé aujourd’hui, puisqu’il n’existe aucun motif qui nous permette de justifier cet attroupement. Après ces paroles, il congédia l’assemblée.

Réflexion

Emeute à Ephèse :

1. la cause : la réaction de Démétrios aux conséquences économiques qu’entraînait, pour son activité, la prédication de l’Evangile par Paul. La connaissance du vrai Dieu et d’une relation possible et directe avec Lui par Christ portait préjudice au culte de la déesse Diane qui avait son temple à Ephèse, ainsi qu’à tout le commerce qui s’était développé autour de ce culte. Ceci à tel point que le chiffre d’affaires de toute la corporation d’artisans qui vivait de ce commerce avait considérablement baissé. Démétrios avertit les gens de la profession : si le message de l’Evangile continue à gagner du terrain, ce n’est pas seulement l’avenir de leur industrie qui est en danger, mais encore la réputation, le temple et le culte même rendu à la déesse dans toute la province d’Asie. Il apparaît évident ici cependant que ce qui dérange Démétrios est davantage les incidences financières que les questions spirituelles, celles-ci ne servant en fait que de prétexte pour émouvoir et mobiliser les autres aux causes de son inquiétude.

Cet épisode nous enseigne une vérité importante. Cette vérité est que, là où l’Evangile gagne du terrain, ce n’est pas seulement sur le plan spirituel, mais aussi, de manière pratique, sur le plan économique et social que ses effets se font ressentir. Chaque réveil en témoigne : l’Evangile change en profondeur les pensées, sentiments et convictions de ceux qui le reçoivent et modifient dans la même mesure leur comportement (autre exemple : vente d’alcool, renoncement aux jeux de hasard, fermeture des maisons closes, abandon de l’esclavage...). Que par la puissance de Dieu, notre société fasse encore en notre temps l’expérience de l’influence bénéfique de l’Evangile.

2. l’émeute : Démétrios ayant réussi, par son discours, à provoquer l’indignation des éphésiens, le tumulte gagna toute la ville et provoqua dans le théâtre de la ville un attroupement considérable de personnes, bien décidées à défendre l’honneur de ce qui faisait à leurs yeux la fierté de leur cité. Luc relate cependant un fait commun à toute émeute : la confusion des revendications visible dans la multiplicité des slogans contradictoires qui sortaient de la foule composée de gens qui, ajoute-t-il, pour la plupart ne savait pas pourquoi ils se trouvaient là.

Le récit relaté ici met en relief l’une des causes fondamentales des mouvements de foule comme des réactions fortes auxquelles on peut assister lorsque l’être humain est confronté à un certain type de nouvelle, d’annonce ou d’information. L’indignation est une réaction de défense ou de survie. Elle est, pourrait-on dire, la réaction émotionnelle naturelle du coeur humain, mais aussi de Dieu, lorsque, placé devant une parole ou un comportement qui met en cause un point fondamental (ce qui, en quelque sorte, ressort pour nous du sacré) de notre façon de penser la réalité, nous nous levons pour en défendre le bien-fondé. Aussi la grande question est-elle de savoir si la raison pour laquelle nous nous indignons est conforme ou non à la réalité. Car, comme c’est le cas ici, nous pouvons nous indigner pour des choses fausses et mensongères. Nous devons aussi veiller à nous assurer que ce qu’on nous présente comme étant mis en cause correspond aussi à la vérité, et n’est pas une technique de manipulation utilisée par un groupe pour gagner la cause à sa majorité. Que le Seigneur nous aide à nous attacher à la vérité de Sa parole pour que, seules les motivations ayant trait à Sa gloire et Son honneur nous poussent à nous indigner.

3. le secours : la foule étant incapable, dans l’état dans lequel elle se trouvait, d’être raisonnée, c’est par l’autorité des représentants de l’ordre et le rappel à la loi et aux procédures légales à suivre dans le cas de plaintes que l’émeute pris fin. Ce fait confirme l’enseignement que Paul donne lui-même au sujet des bienfaits de l’autorité. Même si, comme pour toute chose dans ce monde, l’exercice de l’autorité peut conduire à des abus, l’autorité, quand elle est exercée dans les normes et les règles est un atout positif pour le croyant. Parce qu’elle représente l’ordre et que Dieu est un Dieu d’ordre, l’autorité est partenaire de l’Eglise dans le service de Dieu, de l’ordre et du bien dans ce monde. Aussi travaillons, autant que faire se peut, à ne pas être une force d’opposition à l’autorité dans le monde. N’hésitons pas aussi, si le cas le demande, à avoir recours comme ici à son arbitrage lorsque, tout en étant soumis à la loi civile, nous sommes mis en accusation pour des raisons partisanes.

Que Dieu nous donne d’agir ainsi le plus justement possible dans le monde et de donner, par notre droiture et notre souci d’obéissance à la loi, la preuve de notre bonne volonté à la gloire de Dieu.

lundi 13 octobre 2008

Actes 19,18 à 20


Texte biblique

Plusieurs de ceux qui avaient cru venaient confesser et déclarer ce qu’ils avaient fait. Et un certain nombre de ceux qui avaient exercé les arts magiques, ayant apporté leurs livres, les brûlèrent devant tout le monde: on en estima la valeur à cinquante mille pièces d’argent. C’est ainsi que la parole du Seigneur croissait en puissance et en force.

Réflexion

Victoire spirituelle :

Si la puissance de Dieu se manifestait, de façon involontaire, par la confession du nom de Christ par les esprits mauvais, elle se révélait aussi par la rupture radical, publique, spectaculaire des nouveaux croyants avec les pratiques occultes anciennes auxquelles ils s’adonnaient. C’est ainsi que, pour signifier publiquement leur passage d’un camp à l’autre, plusieurs d’entre eux sortirent des rayons de leur bibliothèque, des ouvrages de grande valeur, ayant trait au commerce qu’ils avaient entretenu dans le passé avec les puissances des ténèbres, pour les détruire par le feu en un puissant autodafé. Pour se faire ici, ni la valeur pécuniaire des ouvrages concernés, ni un résidu de crainte quelconque n’entra en ligne de compte. Ayant expérimenté la puissance salvatrice de Christ, les croyants affichaient outrageusement les signes de la liberté nouvelle qu’ils venaient de trouver.

Et, quant à nous, où en sommes-nous à ce sujet ? Croyons-nous encore que, par le Christ, des victoires complètes et des ruptures radicales puissent encore s’accomplir ? Où, bien que professant Christ, sommes-nous encore soumis secrètement à la puissance de Satan dans un domaine de notre vie ? Si tel est le cas, sachons-le ! Ce que le Seigneur souhaite dans nos vies n’est pas des demi-victoires. Une demi-victoire, à ses yeux, n’en est pas une, mais une défaite.

Un autre point que souligne ce récit est que, selon Paul, par la croix, c’est publiquement que le Seigneur a exposé Satan en spectacle : Col 2,15. Cette victoire publique du Christ, Dieu s’attend à ce que dans nos vies, elle se traduise par des actes publics tendant à la manifester. Celui qui déclarera publiquement pour le Christ, le Fils se prononcera publiquement pour lui dans les cieux : Luc 12,8. D’où l’engagement public du baptême établi par le Christ pour attester et signifier ouvertement et publiquement de la décision prise en secret devant Dieu de Lui appartenir. Que le Seigneur nous donne et nous accorde de ne pas avoir honte de Lui, mais de confesser hautement, fortement et publiquement Son nom devant les hommes, les anges et les démons !

dimanche 12 octobre 2008

Actes 19,11 à 17

Texte biblique

Et Dieu faisait des miracles extraordinaires par les mains de Paul, au point qu’on appliquait sur les malades des linges ou des mouchoirs qui avaient touché son corps, et les maladies les quittaient, et les esprits malins sortaient. Quelques exorcistes juifs ambulants essayèrent d’invoquer sur ceux qui avaient des esprits malins le nom du Seigneur Jésus, en disant: Je vous conjure par Jésus que Paul prêche ! Ceux qui faisaient cela étaient sept fils de Scéva, Juif, l’un des principaux sacrificateurs. L’esprit malin leur répondit : Je connais Jésus, et je sais qui est Paul ; mais vous, qui êtes–vous ? Et l’homme dans lequel était l’esprit malin s’élança sur eux, se rendit maître de tous deux, et les maltraita de telle sorte qu’ils s’enfuirent de cette maison nus et blessés. Cela fut connu de tous les Juifs et de tous les Grecs qui demeuraient à Ephèse, et la crainte s’empara d’eux tous, et le nom du Seigneur Jésus était glorifié.

Réflexion

Plagiat spirituel :

Si c’est d’abord par la parole et l’enseignement que le Seigneur utilisait Paul pour établir le témoignage de Christ parmi les juifs comme les non-juifs, Il ne se privait cependant pas de confirmer celui-ci par de nombreux signes et miracles extraordinaires s’opérant à travers ses mains. La réputation de guérisseur de Paul était telle, dit Luc, qu’on allait jusqu’à appliquer des linges ou des étoffes ayant touché son corps sur les malades et les démoniaques et, qu’ainsi même, tous étaient guéris et délivrés.

Des exorcistes juifs ambulants, relate Luc, ayant eu connaissance de la puissance qui émanait du nom du Seigneur Jésus invoqué par Paul, se mirent dans l’idée d’utiliser ce nom comme une formule pour exercer leur "art". Bien mal leur en pris ! Car si le nom de Jésus est à lui seul capable de faire trembler les forces de l’enfer, la puissance liée à ce nom n’est donné qu’à ceux qui en sont dignes, ceux auxquels Jésus lui-même peut s’identifier. Pris à parti par ces hommes déguisés en serviteurs de Christ, les esprits mauvais ne s’y trompèrent pas. Si dans la société humaine, on peut se faire passer pour croyants, le monde des esprits ne s’y trompe pas. Il sait exactement dans quel camp chacun se situe sur le plan spirituel. Personne qui ne soit mandaté par Christ n’a le pouvoir d’exercer l’autorité de Christ sans que cela ne se retourne un jour contre lui, si ce n’est dans le présent au moins au jour du jugement : Matthieu 7,21 à 23. C’est une chose grave, sainte et qui porte à rudes conséquences que d’utiliser le nom de Christ alors qu’en rien, sur le plan spirituel, nous ne sommes identifiés à Lui.

Loin d’atténuer le témoignage de Christ, ces évènements contribuèrent encore davantage à ce qu’Il soit magnifié. Toutes choses concourent à la fois au bien de ceux qui aiment Dieu, mais aussi à la gloire de Dieu. Satan et les ennemis de Christ eux-mêmes servent de marchepied pour rehausser Sa gloire. Que le Seigneur me donne, quant à moi, d’être et de rester un humble serviteur, disponible pour les oeuvres qu’Il a préparées d’avance pour moi.

samedi 11 octobre 2008

Actes 19,1 à 10


Texte biblique

Pendant qu’Apollos était à Corinthe, Paul, après avoir parcouru les hautes provinces de l’Asie, arriva à Ephèse. Ayant rencontré quelques disciples, il leur dit : Avez–vous reçu le Saint–Esprit, quand vous avez cru ? Ils lui répondirent : Nous n’avons pas même entendu dire qu’il y ait un Saint–Esprit. Il dit : De quel baptême avez–vous donc été baptisés ? Et ils répondirent : Du baptême de Jean. Alors Paul dit : Jean a baptisé du baptême de repentance, disant au peuple de croire en celui qui venait après lui, c’est–à–dire, en Jésus. Sur ces paroles, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus. Lorsque Paul leur eut imposé les mains, le Saint–Esprit vint sur eux, et ils parlaient en langues et prophétisaient. Ils étaient en tout environ douze hommes. Ensuite Paul entra dans la synagogue, où il parla librement. Pendant trois mois, il discourut sur les choses qui concernent le royaume de Dieu, s’efforçant de persuader ceux qui l’écoutaient. Mais, comme quelques–uns restaient endurcis et incrédules, décriant devant la multitude la voie du Seigneur, il se retira d’eux, sépara les disciples, et enseigna chaque jour dans l’école d’un nommé Tyrannus. Cela dura deux ans, de sorte que tous ceux qui habitaient l’Asie, Juifs et Grecs, entendirent la parole du Seigneur.

Réflexion

1. La rencontre de Paul à Ephèse avec des disciples de Jean est source d’encouragement pour plusieurs raisons :

- elle souligne la réalité de la construction par étapes de l’oeuvre de Dieu dans des vies. Il se peut, comme dans le cas présent, qu’un espace temps assez long puisse exister d’une étape à une autre. Ce n’est pas à l’homme, mais à Dieu qu’Il revient de fixer les temps et les moments de l’oeuvre de Dieu.

- elle souligne la pérennité de la conservation dans les coeurs de l’oeuvre commencée par Dieu. De nombreuses années s’étaient écoulées depuis Jean. L’oeuvre de Dieu dans le coeur de ces hommes en était restée là, mais elle n’avait pas été détruite et n’avait pas disparu. Elle était restée vivante et intacte dans leurs vies

- elle souligne la complémentarité des serviteurs au moyen desquels nous croyons. Notre message n’est pas nous-mêmes, mais le Christ. Et, parce qu’Il est le Christ, c’est Lui qui décide, en vue de la réalisation de Son oeuvre, d’envoyer tel ou tel serviteur sur le chemin des uns et des autres.

- elle souligne le souci d’unité de Dieu pour l’Eglise. Le fait pour Dieu de faire passer les disciples de Jean par la même expérience que ceux qui ont cru avant eux est, pour eux, une indication sans ambiguïté de la communauté à laquelle, par l’expérience spirituelle qu’ils viennent de faire, ils sont désormais rattachés : l’Eglise.

2. la priorité de Paul : toujours les juifs

A Ephèse, Paul ne se départit pas de l’habitude qui était la sienne dans toutes les villes où il arrivait. Israël étant le peuple élu, c’est aux juifs en premier que Paul chercha à s’adresser pour les faire entrer dans le royaume de Dieu. Paul respectait ainsi l’ordre voulu par Dieu dans la hiérarchie des peuples destinés à être bénéficiaires du salut. Il témoignait par là de son attachement à sa nation, choisie dès l’origine pour recevoir les oracles de Dieu, la loi, puis le Christ. Bien que la nouvelle alliance en Jésus-Christ anéantisse le mur de séparation existant, par l’élection, entre juifs et païens et permette l’accès à tous à la vie nouvelle et éternelle, Paul (et Jésus) ne renie en rien le choix originel de Dieu qui s’est porté sur Israël pour faire de lui Son peuple au milieu des autres peuples.

La raison supplémentaire de cette priorité tient au fait que, puisque c’est aux juifs en priorité qu’ont été donné la Parole et les promesses, ils devaient être les plus à même de la recevoir et de la comprendre. Paul fera cependant à Ephèse une nouvelle fois la même expérience qu’à Corinthe ou ailleurs. Après avoir annoncé dans la synagogue la Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ, l’opposition sera telle qu’il quittera la synagogue et, dans un lieu à part, prendra ceux qui auront cru pour les enseigner et les former à la nouvelle vie. Paul restera ainsi deux ans à Ephèse, deux ans pendant lesquels il ne cessera d’enseigner et d’annoncer l’Evangile de sorte que tous ceux qui habitaient la province aient l’occasion d’entendre la Bonne Nouvelle. Que le Seigneur nous donne ainsi de saturer nos contemporains de cette même Bonne Nouvelle. Donne-nous, ô Dieu, d’accomplir fidèlement notre mandat de façon à ce que, parvenu à son terme, nous ayons nous aussi le sentiment du devoir accompli.