mercredi 20 août 2008

Actes 5,17 à 25


Texte biblique

Cependant le souverain sacrificateur et tous ceux qui étaient avec lui, savoir le parti des sadducéens, se levèrent, remplis de jalousie, mirent les mains sur les apôtres, et les jetèrent dans la prison publique. Mais un ange du Seigneur, ayant ouvert pendant la nuit les portes de la prison, les fit sortir, et leur dit: Allez, tenez–vous dans le temple, et annoncez au peuple toutes les paroles de cette vie. Ayant entendu cela, ils entrèrent dès le matin dans le temple, et se mirent à enseigner. Le souverain sacrificateur et ceux qui étaient avec lui étant survenus, ils convoquèrent le sanhédrin et tous les anciens des fils d’Israël, et ils envoyèrent chercher les apôtres à la prison. Les huissiers, à leur arrivée, ne les trouvèrent point dans la prison. Ils s’en retournèrent, et firent leur rapport, en disant : Nous avons trouvé la prison soigneusement fermée, et les gardes qui étaient devant les portes ; mais, après avoir ouvert, nous n’avons trouvé personne dedans. Lorsqu’ils eurent entendu ces paroles, le commandant du temple et les principaux sacrificateurs ne savaient que penser des apôtres et des suites de cette affaire. Quelqu’un vint leur dire : Voici, les hommes que vous avez mis en prison sont dans le temple, et ils enseignent le peuple.

Réflexion

Arrestation et libération miraculeuse des apôtres :

La notoriété grandissante des apôtres parmi le peuple ne tarda pas à provoquer, comme elle l’avait déjà fait avec le Maître, la jalousie des responsables religieux juifs. Cette jalousie n’était pas seulement due à l’impact que le témoignage rendu à Jésus par les apôtres avait sur le peuple. Il était aussi le fruit de la crainte de voir la nouvelle doctrine ainsi répandue prendre le dessus sur l’enseignement judaïque et l’obéissance à Moïse, qui était pour eux le coeur de l’alliance contractée entre Dieu et Israël. De plus, le coeur du message des apôtres était que ce Jésus qu’ils avaient condamné, Dieu l’avait ressuscité. Aussi n’est-il pas étonnant de voir les sadducéens, qui ne croyaient en rien à ce qui est surnaturel : Matthieu 22,23, à la tête de l’opposition aux disciples.

Malgré le contexte grave et dramatique dans lequel se situe le récit, celui-ci souligne, dans la façon et les moyens que Dieu va utiliser pour sortir les Siens de la difficulté dans laquelle ils se trouvent, l’humour et l’ironie de Dieu. Si l’opposition des sadducéens aux disciples repose sur leur refus de croire au surnaturel, à l’inexplicable sur le plan rationnel, ils vont être ici servis. De manière évidente, en effet, les sadducéens vont être confrontés à travers des faits à la réalité de ce qu’ils nient. Car, alors que les portes de la prison sont fermées et que les gardes sont toujours en poste devant elles, les prisonniers ont bel et bien disparus. Pire encore, un messager vient rapporter aux autorités qu’ils sont dans le temple, là où on les a pris pour les faire prisonnier, en train de faire ce justement pour quoi on les a arrêtés : témoigner de Christ. S’il n’y a pas plus inexplicable que cela…

Suite à la première arrestation de Pierre et Jean , les disciples avaient prié Dieu sur la base du psaume 2. Dieu leur répond ici, dans les faits, par le verset qui suit immédiatement celui qui était à la base de leur demande : Il rit, celui qui habite au ciel, le Seigneur se moque d’eux : Ps 2,4. Nos cris inspirés vers Dieu ne sont pas vains. Fondés sur Sa parole, c’est de Sa parole qu’ils vont recevoir la réponse attendue. Que Dieu m’apprenne à utiliser Sa parole toujours plus comme la base de ma relation avec Lui.

mardi 19 août 2008

Actes 5,12 à 16

Texte biblique

Beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient au milieu du peuple par les mains des apôtres. Ils se tenaient tous ensemble au portique de Salomon, et aucun des autres n’osait se joindre à eux ; mais le peuple les louait hautement. Le nombre de ceux qui croyaient au Seigneur, hommes et femmes, s’augmentait de plus en plus ; en sorte qu’on apportait les malades dans les rues et qu’on les plaçait sur des lits et des couchettes, afin que, lorsque Pierre passerait, son ombre au moins couvrît quelqu’un d’eux. La multitude accourait aussi des villes voisines à Jérusalem, amenant des malades et des gens tourmentés par des esprits impurs ; et tous étaient guéris.

Réflexion

Réveil :

Le temps de démarrage de l’Eglise est aussi le temps pour le Seigneur de la confirmation de la réalité de Sa résurrection. Confirmation qui se manifeste, nous rapporte Luc, par de nombreux miracles et prodiges opérés par le Saint-Esprit au travers des apôtres : cf Hébr 2,3-4. Si le récit qui nous est rapporté ici est là pour attester de ce que Dieu peut faire lorsqu’Il appuie le témoignage rendu au nom de Jésus-Christ par Ses serviteurs, nous devons cependant nous garder de faire de ce qui nous est décrit ici la norme de ce qui devrait se produire chaque fois que c’est le cas. Car l’oeuvre de Dieu ne saurait être formatée à des expériences, si glorieuses, extraordinaires et fortes en impact soient-elles. C’est, par contre, une norme pour Dieu de marquer les nouvelles phases de l’accomplissement de Son plan de signes, de prodiges et de manifestations diverses de Sa puissance, afin que soit rendu évident pour tous que c’est Lui qui en est l’auteur.

C’est ce qui se produit ici. Bien qu’opposées aux disciples, les autorités religieuses ne peuvent rien contre les faits. Elles sont impuissantes pour endiguer le courant d’adhésion profond qui grossit chaque jour par la conversion de multiples hommes et femmes à Jésus-Christ. A l’écoute des récits de miracles et de guérisons, il apparaît même que la puissance du Seigneur se manifeste presque dans une mesure plus grande que du temps de Sa présence physique sur terre (au moins égale). Car, nous est-il dit, Il suffisait pour que les malades soient guéris et les démoniaques délivrés que l’ombre de Pierre passe sur eux. Avec peut-être le danger, comme il en a été pour Jésus, que beaucoup n’adhèrent à la foi nouvelle que pour le bénéfice qu’ils pouvaient en retirer.

Aujourd’hui encore, nous ne savons pas toujours ce qu’il convient de demander et d’attendre pour que l’oeuvre de Dieu progresse dans les vies. Notre souhait le plus fort est que ce soit les coeurs et les esprits qui soient touchés par l’Evangile plutôt que les corps. S’il faut cependant, parce que nous ne sommes qu’humains, que le chemin des coeurs passe par la guérison des corps, pourvu que les âmes soient sauvées, que notre Dieu le fasse.

lundi 18 août 2008

Actes 5,1 à 11


Texte biblique

Mais un homme nommé Ananias, avec Saphira sa femme, vendit une propriété, et retint une partie du prix, sa femme le sachant ; puis il apporta le reste, et le déposa aux pieds des apôtres. Pierre lui dit : Ananias, pourquoi Satan a–t–il rempli ton cœur, au point que tu mentes au Saint–Esprit, et que tu aies retenu une partie du prix du champ ? S’il n’eût pas été vendu, ne te restait–il pas ? Et, après qu’il a été vendu, le prix n’était–il pas à ta disposition ? Comment as–tu pu mettre en ton cœur un pareil dessein ? Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. Ananias, entendant ces paroles, tomba, et expira. Une grande crainte saisit tous les auditeurs. Les jeunes gens, s’étant levés, l’enveloppèrent, l’emportèrent, et l’ensevelirent. Environ trois heures plus tard, sa femme entra, sans savoir ce qui était arrivé. Pierre lui adressa la parole : Dis–moi, est–ce à un tel prix que vous avez vendu le champ ? Oui, répondit–elle, c’est à ce prix–là. Alors Pierre lui dit : Comment vous êtes–vous accordés pour tenter l’Esprit du Seigneur ? Voici, ceux qui ont enseveli ton mari sont à la porte, et ils t’emporteront. Au même instant, elle tomba aux pieds de l’apôtre, et expira. Les jeunes gens, étant entrés, la trouvèrent morte ; ils l’emportèrent, et l’ensevelirent auprès de son mari. Une grande crainte s’empara de toute l’assemblée et de tous ceux qui apprirent ces choses.

Réflexion

Jugement d’Ananias et Saphira :

Alors qu’un esprit de partage et de générosité dans la liberté régnait dans la vie de la communauté primitive, un homme et une femme, à l’insu de la communauté, choisirent et décidèrent de tromper leurs frères en Christ par un acte qui avait toute l’apparence d’une consécration personnelle et volontaire, mais qui était en réalité une simulation. Comme Caïn en son temps, Ananias et Saphira sont, en leur temps et pour l’Eglise de Jésus-Christ, un précédent. Jusqu’à présent, en effet, c’est la vérité et l’honnêteté qui, dans l’Eglise de Jésus-Christ, sont à la base des décisions d’engagements de chacun au service de tous et de Dieu. Le niveau de cet engagement n’est ni une règle imposée par les apôtres, ni même une norme exigée par le Seigneur. Comme le rappellera justement Pierre aux fautifs, là où est l’Esprit du Seigneur, là se trouve la liberté. Il est en effet inconcevable pour Dieu que notre engagement pour Lui, qu’il se passe sous la forme d’un investissement financier, du don de notre temps, de notre disponibilité pour les autres, soit autre chose que l’expression d’un service motivé par l’amour pour Lui d’abord, puis pour les autres : cf Jean 12,1 à 8. Un service issu d’un tel état d’esprit ne représente ni un sacrifice, ni un renoncement. Il ne porte en lui ni trace de calcul ou de souffrance. Il est, au contraire, l’expression de la joie la plus forte, car le moyen, l’occasion donnée à celui qui se sait aimé de pouvoir rendre un petit peu à Celui qui l’ai aimé, jusqu’au don total de Sa vie, un peu de ce si grand amour dont il a été l’objet.

Si l’argent est ici l’objet du délit commis par Ananias et Saphira, Pierre le précise bien dans le reproche qu’il formule à leur encontre, il n’est pas la cause de la sévérité du châtiment qui, de la part de Dieu, va les frapper. C’est, non l’argent, mais le mensonge, l’hypocrisie, la simulation qui est la cause de la colère et de l’indignation du Seigneur contre le couple. Une simulation qui n’est pas due à un moment de faiblesse et d’égarement, comme il peut tous nous en arriver : Gal 2,11 à 14. Non ! Nous avons à faire ici à un mensonge concerté, un montage mûrement réfléchi, un projet délibérément conçu pour tromper et faire croire aux autres autre chose que ce que le geste et l’acte montrés signifient en réalité.

La double réaction, de Pierre d’abord, puis du Seigneur ensuite, au mensonge d’Ananias et Saphira dans cette période de naissance de l’Eglise est un enseignement et un avertissement qui s’adressent à toutes les générations de croyants, la nôtre y compris, qui suivront :

1er enseignement : si nous pouvons tromper les hommes sur la nature du niveau de notre engagement pour Christ, nous ne pouvons pas tromper Dieu. Dieu connaît la part exacte de vérité et de mensonge qui se trouvent dans notre coeur. Nous pouvons passer aux yeux des hommes, en apparence, pour quelque chose. Mais Dieu sait exactement dans quelle mesure l’image que nous donnons aux autres de ce que nous sommes correspond à la réalité.

2ème enseignement : l’imitation n’est jamais aux yeux de Dieu une motivation admissible dans le service. Dieu n’a que faire de l’image que nous voulons donner aux autres de ce que nous sommes. Que nous ayons un titre ou pas dans l’église ne compte absolument en rien pour Lui. Ce que Dieu souhaite est que ce que nos actes expriment correspondent exactement à la vérité de ce que nous voulons dire et exprimer par eux au Seigneur. Si écart il y a entre nos gestes et nos motivations, celui-ci, dit Dieu, doit être le plus minime possible : Esaïe 1,10 à 17. Aussi, si nous nous sentons accusé par l’engagement ou la consécration des autres et que nous ne voulons pas être en reste par rapport à eux, c’est dans notre coeur d’abord et non dans nos actes que ce problème doit être résolu.

3ème enseignement : si nous pouvons cacher une partie de ce que nous sommes aux yeux des hommes, nous ne le pouvons pas à Dieu. Il est, en effet, montre ici l’Ecriture, totalement impossible de le tromper. La décision délibérée de vivre dans le mensonge est, aux yeux de Dieu, une faute d’une extrême gravité. Une gravité telle ici que Dieu n’a laissé à Ananias ni le temps de s’expliquer, ni celui de se repentir. En frappant de mort sans délai Ananias, puis Saphira, ce sont d’abord les esprits des croyants qu’Il voulait frapper. Dieu voulait souligner à jamais que le Dieu de la Nouvelle Alliance n’est pas différent de celui de l’Ancienne, que Sa grâce, si elle change radicalement notre situation à Son égard, ne nous met pas pour autant à l’abri de Sa colère si nous Le provoquons. Les choses saintes restent saintes et quiconque porte la main sur elles devra, comme dans l’Ancien Testament, faire face à Sa colère et Son jugement : 2 Sam 6,6 à 8

4ème enseignement : plus le niveau de qualité est grand dans la communauté, plus la sanction du Seigneur sera sévère envers quiconque voudrait introduire en elle le mensonge et la fausseté. Un principe que Paul rappellera plus tard à l’église de Corinthe : 2 Cor 10,6. Le verso de la bonté de Dieu, nous ne devons jamais l’oublier, est Sa sévérité. Bien des versets écrits dans le Nouveau Testament sont là pour nous le rappeler : Rom 11,22; Hébr 2,1 à 3; 6,4 à 8. Il ne nous est pas facile de dire à quelle personne de tels verset s’adressent (les commentateurs divergent sur ce point, ce qui souligne la gêne éprouvée), mais ce qui est sûr est que Dieu a trouvé bon d’inclure dans le Nouveau Testament ces paroles afin que personne d’entre nous, sous prétexte que nous vivons sous la grâce, ne se mette à penser qu’il peut désormais faire sans conséquence ce qu’il veut de sa vie.

Que le Seigneur me donne en Lui un respect si grand de Sa Personne qu’en aucun cas le mensonge ne puisse trouver de place et faire son nid dans ma vie.

lundi 11 août 2008

Actes 4,32 à 37

Texte biblique

La multitude de ceux qui avaient cru n’était qu’un cœur et qu’une âme. Nul ne disait que ses biens lui appartinssent en propre, mais tout était commun entre eux. Les apôtres rendaient avec beaucoup de force témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus. Et une grande grâce reposait sur eux tous. Car il n’y avait parmi eux aucun indigent : tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu’ils avaient vendu, et le déposaient aux pieds des apôtres ; et l’on faisait des distributions à chacun selon qu’il en avait besoin. Joseph, surnommé par les apôtres Barnabas, ce qui signifie fils d’exhortation, Lévite, originaire de Chypre, vendit un champ qu’il possédait, apporta l’argent, et le déposa aux pieds des apôtres.

Réflexion

Esprit communautaire de l’église primitive :

La persécution n’eut pas que pour effet d’amener les chrétien à être fortifiés par l’Esprit pour annoncer la Parole avec plus d’assurance. Elle souda la communauté en un bloc solide. Elle unifia les volontés en un ensemble tel que les individualités n’existèrent et ne vécurent plus que dans l’objectif du bien communautaire. Illustration nous est donnée ici par l’attitude nouvelle dont chacun faisait preuve à l’égard de ses biens. L’esprit de partage était tel, dit Luc, que la notion de propriété disparut complètement de la pensée des disciples. Christ ayant racheté chacun, chacun considérait que plus rien ne lui appartenait. Tout était à Christ, disponible également pour l’Eglise qui est Son corps. Ce dépouillement de la propriété individuelle n’était pas seulement une vue de l’esprit. Il se traduisait concrètement par la vente des terres ou des biens qui appartenaient aux croyants et la mise à disposition, pour les besoins de l’Eglise, aux apôtres des sommes ainsi récoltées. Sans doute, cette dimension du partage a-t-elle été fondamentale dans l’impact, l’organisation, la naissance et le développement de la communauté. Tout projet passe par le don de soi, de sa personne, mais aussi de ses biens pour sa réalisation. La relation que nous avons avec Dieu est interactive. Ses possibilités passent aussi par nos moyens. Il l’a voulu ainsi.

Puissions-nous être des exemples de générosité, d’investissement personnel, de consécration à Son oeuvre et Sa cause, comme l’a été Barnabas, cité ici comme bel exemple de cet esprit communautaire caractérisant la vie de l’Eglise. Prends ma vie, elle est à Toi : Tu as tout donné pour moi... La réponse dont ma vie témoigne est-elle à la hauteur du don fait par Dieu dans Son amour dans la Personne de Son Fils ? Pardonne, ô Dieu, trop souvent ma tiédeur et mes insuffisances !

dimanche 10 août 2008

Actes 4,23 à 31


Texte biblique

Après avoir été relâchés, ils allèrent vers les leurs, et racontèrent tout ce que les principaux sacrificateurs et les anciens leur avaient dit. Lorsqu’ils l’eurent entendu, ils élevèrent à Dieu la voix tous ensemble, et dirent : Seigneur, toi qui as fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qui s’y trouve, c’est toi qui as dit par le Saint–Esprit, par la bouche de notre père, ton serviteur David : Pourquoi ce tumulte parmi les nations, Et ces vaines pensées parmi les peuples ? Les rois de la terre se sont soulevés, Et les princes se sont ligués Contre le Seigneur et contre son Oint. En effet, contre ton saint serviteur Jésus, que tu as oint, Hérode et Ponce Pilate se sont ligués dans cette ville avec les nations et avec les peuples d’Israël,2 pour faire tout ce que ta main et ton conseil avaient arrêté d’avance. Et maintenant, Seigneur, vois leurs menaces, et donne à tes serviteurs d’annoncer ta parole avec une pleine assurance, en étendant ta main, pour qu’il se fasse des guérisons, des miracles et des prodiges, par le nom de ton saint serviteur Jésus. Quand ils eurent prié, le lieu où ils étaient assemblés trembla ; ils furent tous remplis du Saint–Esprit, et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance.

Réflexion

Rapport de Pierre et de Jean à la communauté :

Aussitôt relâchés, Pierre et Jean se rendirent auprès de leurs frères pour leur raconter ce que les grands-prêtres et les anciens du peuple leur avaient dit. Ils considéraient en effet que l’interdiction qui leur avait été stipulée ne les concernait pas seulement, mais toute la communauté. Il en est de même aujourd’hui. Au travers des violences ou des menaces faites à l’un de ses membres, c’est à la communauté toute entière que les responsables religieux ou politiques d’une nation adressent un message. C’est à elle donc qu’il revient, d’un seul coeur et d’une seule voix, de prendre une position spirituelle à ce sujet.

La communauté informée ne tarda pas à réagir. Loin de se laisser intimidée, elle fit ce qu’il convenait de faire dans la circonstance : prier. Pas cependant de n’importe quelle manière. Loin d’être l’expression d’une pleurnicherie, la prière de l’Eglise ici est un modèle du genre. On y trouve :

- le socle d’une solide connaissance de Dieu. Ce qui détermine la position intérieure des disciples dans la circonstance n’est pas d’abord la force de la coalition et de l’opposition à laquelle ils ont à faire face, mais le roc solide de leur foi en la souveraineté et la toute-puissance de Dieu.

- une référence à la Parole de Dieu. Rien de ce que nous pouvons vivre n’est nouveau. Il y a toujours dans la Parole de Dieu un passage, une circonstance, une parole qui s’applique et fait écho à ce que nous pouvons connaître. C’est sur elle que, guidés par le Saint-Esprit, nous pouvons bâtir ou ancrer notre prière et notre demande à Dieu.

- une juste vision de la réalité. Armés de leur foi en la toute-puissance de Dieu, fortifiés par Sa Parole, les disciples de Christ ne réagissent pas pour autant de façon outrancière. Oui ! Le danger, les menaces et l’opposition sont réels. Non ! Ils ne vont pas pour autant plier l’échine, se soumettre et quitter le terrain de la vocation missionnaire de témoignage que le Seigneur leur a assigné. Ils prient donc Dieu, dans la situation, de les soutenir et d’appuyer leur démarche en confirmant par divers signes et prodiges le témoignage rendu à Son nom.

La réponse de Dieu ne se fit pas attendre. Leur prière à peine formulée, le lieu où ils se tenaient ensemble se mit à trembler. Si la crainte jusque là menaçait de les paralyser et de museler leurs paroles, tous furent à nouveau remplis d’Esprit Saint et annoncèrent la parole de Dieu avec assurance. Si, en effet, Dieu est pour nous, qui peut être contre nous ?

samedi 9 août 2008

Actes 4,5 à 22


Texte biblique

Le lendemain, les chefs du peuple, les anciens et les scribes, s’assemblèrent à Jérusalem, avec Anne, le souverain sacrificateur, Caïphe, Jean, Alexandre, et tous ceux qui étaient de la race des principaux sacrificateurs. Ils firent placer au milieu d’eux Pierre et Jean, et leur demandèrent : Par quel pouvoir, ou au nom de qui avez–vous fait cela ? Alors Pierre, rempli du Saint–Esprit, leur dit : Chefs du peuple, et anciens d’Israël, puisque nous sommes interrogés aujourd’hui sur un bienfait accordé à un homme malade, afin que nous disions comment il a été guéri, sachez–le tous, et que tout le peuple d’Israël le sache ! C’est par le nom de Jésus–Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts, c’est par lui que cet homme se présente en pleine santé devant vous. Jésus est La pierre rejetée par vous qui bâtissez, Et qui est devenue la principale de l’angle. Il n’y a de salut en aucun autre ; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. Lorsqu’ils virent l’assurance de Pierre et de Jean, ils furent étonnés, sachant que c’étaient des hommes du peuple sans instruction ; et ils les reconnurent pour avoir été avec Jésus. Mais comme ils voyaient là près d’eux l’homme qui avait été guéri, ils n’avaient rien à répliquer. Ils leur ordonnèrent de sortir du sanhédrin, et ils délibérèrent entre eux, disant : Que ferons–nous à ces hommes ? Car il est manifeste pour tous les habitants de Jérusalem qu’un miracle signalé a été accompli par eux, et nous ne pouvons pas le nier. Mais, afin que la chose ne se répande pas davantage parmi le peuple, défendons–leur avec menaces de parler désormais à qui que ce soit en ce nom–là. Et les ayant appelés, ils leur défendirent absolument de parler et d’enseigner au nom de Jésus. Pierre et Jean leur répondirent : Jugez s’il est juste, devant Dieu, de vous obéir plutôt qu’à Dieu ; car nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu. Ils leur firent de nouvelles menaces, et les relâchèrent, ne sachant comment les punir, à cause du peuple, parce que tous glorifiaient Dieu de ce qui était arrivé. Car l’homme qui avait été l’objet de cette guérison miraculeuse était âgé de plus de quarante ans.

Réflexion

Discours de Pierre et Jean devant le sanhédrin :

Le lendemain de leur arrestation, tous les principaux chefs des juifs convoquèrent Pierre et Jean pour les entendre et les interroger au sujet de ce qui s’était passé la veille dans le Temple. Cette convocation des deux disciples de Christ par les plus hauts dignitaires religieux du moment souligne l’importance à leurs yeux de l’évènement. Elle les renvoie en même temps à un passé très proche, au cas Jésus dont ils pensaient bien se débarrasser par la mort. Pour eux, bien que mort, Jésus, en fait n’avait peut-être jamais été aussi vivant et présent. Plus le temps passait, plus les signes et les preuves évidentes de sa présence s’accumulaient contre eux. Ce fut d’abord, immédiatement après la crucifixion, la résurrection et le tombeau vide constaté. Puis maintenant la conversion et l’adhésion au témoignage rendu à Christ par Ses apôtres de 3 000 juifs. Enfin ici, la guérison prouvée d’un boiteux reconnu comme tel par tous, au nom du Christ-Jésus, par les mêmes disciples. Et, comme si cela ne suffisait pas, le témoignage accusateur à leur encontre et plein d’assurance de Pierre, un homme sans instruction, à Son sujet. Un témoignage court mais sans ambiguïté qui, en 3 points, met, au sujet de Jésus, les responsables juifs au coeur de la problématique qui se pose désormais à eux :

1) Oui ! C’est par le nom de Jésus de Nazareth qu’ils ont crucifié et que Dieu a ressuscité que le boiteux assis à la Belle porte à été guéri.

2) Jésus est, selon les prophéties faites à Son sujet, la pierre principale rejetée par les constructeurs, mais choisie et précieuse devant Dieu. Il y a désormais opposition entre l’oeuvre, la maison que les chefs juifs construisent pour Dieu, et celle que par le Christ, Il veut désormais construire.

3) Jésus n’est pas seulement le Sauveur des juifs, mais le seul nom donné sous les cieux parmi les humains, par lequel nous pouvons être sauvé. Il est ainsi l’accomplissement de la prophétie faite à Abraham, selon laquelle par lui toutes les nations de la terre seront bénies.

La prédication de Pierre si simple est chargée du poids de tant de vérités connues par ses auditeurs qu’elle ne peut que faire mouche. Ajoutée à cela la présence du boiteux guéri, ses contradicteurs n’ont, après délibération, comme arme que l’ordre de la censure à leur opposer. L’imposition du silence est la seule arme qui reste à ceux qui refusent l’évidence de la vérité s’imposant à eux. Un ordre au sujet duquel, pour raison supérieure, Pierre s’empresse de le dire, il n’est pas question pour lui de se soumettre. L’attitude de fermeté et d’assurance de Pierre, au début de l’oeuvre de témoignage rendue à Christ, a valeur d’exemple pour tous les chrétiens de tous le temps et de tous les lieux exposés aux mêmes pressions.
Que le Seigneur nous donne comme à lui, le même courage, la même force, la même assurance et la même clarté dans notre témoignage. Il le peut et Il le fera. Que gloire Lui soit rendue aujourd’hui de cette manière dans le monde.

vendredi 8 août 2008

Actes 4,1 à 4

Texte biblique

Tandis que Pierre et Jean parlaient au peuple, survinrent les sacrificateurs, le commandant du temple, et les sadducéens, mécontents de ce qu’ils enseignaient le peuple, et annonçaient en la personne de Jésus la résurrection des morts. Ils mirent les mains sur eux, et ils les jetèrent en prison jusqu’au lendemain ; car c’était déjà le soir. Cependant, beaucoup de ceux qui avaient entendu la parole crurent, et le nombre des hommes s’éleva à environ cinq mille.

Réflexion

Arrestation de Pierre et Jean :

Le rassemblement suscité par la guérison miraculeuse du boiteux autour de Pierre et de Jean ne tarda pas pour 3 raisons à susciter l’hostilité et l’animosité des responsables religieux juifs à l’égard des apôtres :

1) 1ère raison : le lieu où se trouvait les apôtres. C’était le lieu central du culte judaïque. Or, jusqu’alors, ce lieu était prévu pour que les ordonnances prescrites par Moïse soient appliquées, pas pour qu’on y prêche autre chose. On comprend donc que, sur le plan de la légitimité religieuse, la prédication évangélique des apôtres en ce lieu dérange.

2) 2ème raison : le contenu du message. Luc souligne le point particulier qui gênait les autorités religieuses dans le contenu du message annoncé à la foule : la résurrection. La raison première de cette gêne est que, parmi ces autorités, bon nombre était du parti sadducéen qui niait cette réalité : Matthieu 22,23. La seconde était sans nul doute le fait que, comme Pierre ne cessait de le dire, la résurrection de Jésus, manifestait la condamnation par Dieu de la décision prise par les mêmes autorités de condamner Jésus à la mort.

3) 3ème raison : l’absence de légitimité des apôtres sur le plan de l’autorité pour enseigner au nom de Dieu en ce lieu. C’est d’ailleurs, de manière sous-entendue, la première chose pour laquelle les chefs demanderont aux apôtres de se justifier.

Pour les mêmes raisons, partout encore aujourd’hui les témoins de l’Evangile sont persécutés, haïs, emprisonnés. L’Evangile annoncé dérange, car il relève d’une autorité et d’une légitimité qui dépassent le cadre purement humain ou formel. Que Dieu nous donne, au-delà d’efforts fournis pour ne pas inutilement provoquer, de Lui rester fidèle ainsi qu’au mandat reçu d’annoncer l’Evangile à tout homme.