mercredi 27 août 2008

Actes 8,9 à 13

Texte biblique

Il y avait auparavant dans la ville un homme nommé Simon, qui, se donnant pour un personnage important, exerçait la magie et provoquait l’étonnement du peuple de la Samarie. Tous, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, l’écoutaient attentivement, et disaient : Celui–ci est la puissance de Dieu, celle qui s’appelle la grande. Ils l’écoutaient attentivement, parce qu’il les avait longtemps étonnés par ses actes de magie. Mais, quand ils eurent cru à Philippe, qui leur annonçait la bonne nouvelle du royaume de Dieu et du nom de Jésus–Christ, hommes et femmes se firent baptiser. Simon lui–même crut, et, après avoir été baptisé, il ne quittait plus Philippe, et il voyait avec étonnement les miracles et les grands prodiges qui s’opéraient.

Réflexion

Le cas Simon :

La manifestation de la puissance de Dieu par de nombreux signes qui accompagna la prédication et le témoignage de Philippe à Samarie se comprend mieux quand on sait dans quel contexte spirituel sa venue se passa. Car jusqu’à la venue de Philippe, la région de Samarie que Philippe visita n’était pas sans influence spirituelle. Toute entière, elle était sous le charme d’un certain Simon qui, par ses actes de magie, stupéfiait et impressionnait la population au point que celle-ci pensait que c’était de Dieu que venait sa puissance. Il fallait donc pour persuader cette population crédule de la vérité inverse que le témoin de Dieu soit capable de manifester, tel Moïse face aux magiciens égyptiens, une puissance supérieure à celle démontrée jusqu’alors. Ce que le Christ ressuscité lui donna.

La leçon que nous pouvons retirer de cette histoire est que, dans un contexte spirituel marqué, l’Evangile a besoin de lettres de créance puissantes pour être cru. Il faut, pour qu’il soit crédible, que l’Evangile montre sa supériorité sur toute puissance occulte et mensongère qui se réclame de Dieu. Il faut que soit reconnu et démontré d’une façon ou d’une autre, dans le milieu spirituel dans lequel nous sommes placés, la supériorité de Christ sur tout autre pouvoir ou puissance. La question se pose donc à nous dans le contexte dans lequel nous vivons. Qu’est-ce qui dans la société sécularisée dans laquelle nous vivons est à même de mieux démontrer l’autorité, la supériorité du christianisme sur toute autre foi et système de pensée ? C’est à nous croyants, dans la collaboration avec le Saint-Esprit, d’en faire la démonstration. Gardons-nous, en effet, de penser que ce qui a été efficace dans un contexte donné l’est obligatoirement partout. Il nous faut trouver la pensée de Dieu et être ouvert et disponible aux voies que le Saint-Esprit désire nous voir prendre pour être Ses témoins. Que le Seigneur nous accorde dans sa grâce le même appui qu’Il accorda à Philippe en Samarie en son temps.

mardi 26 août 2008

Actes 8,6 à 8

Texte biblique

Philippe, étant descendu dans la ville de Samarie, y prêcha le Christ. Les foules tout entières étaient attentives à ce que disait Philippe, lorsqu’elles apprirent et virent les miracles qu’il faisait. Car des esprits impurs sortirent de plusieurs démoniaques, en poussant de grands cris, et beaucoup de paralytiques et de boiteux furent guéris. Et il y eut une grande joie dans cette ville.

Réflexion

Réveil à Samarie :

La persécution qui obligea les croyants de Jérusalem à la dispersion amena Philippe, choisi avec Etienne parmi les sept assistants des apôtres : Actes 6,5, à se rendre en Samarie pour y prêcher l’Evangile. Le Seigneur, comme Il le fit aussi pour les apôtres à Jérusalem, assista Philippe, appuyant son témoignage sur Jésus, le Christ, par toutes sortes de miracles, prodiges, délivrances faits en Son nom. Impressionnées par ce qu’elles voyaient le Seigneur faire, les foules s’attachèrent à Philippe et au message qu’il leur transmettait. L’engouement pour l’Evangile de cette population souvent méprisée par les juifs n’est ni une première, ni le fait du hasard. Elle est l’écho du vécu de Jésus en son temps, lorsqu’à travers la rencontre avec la samaritaine, Il visita une ville qui l’accueillit à bras ouverts : Jean 4,39 à 42. Cet accueil empressé du Christ ne fut pas pour autant normatif en Samarie. Luc rapporte ainsi dans son évangile le cas d’un village de samaritains hostiles à Sa venue : Luc 9,51 à 56. La raison évoquée ici ne tient d’ailleurs pas tant à Jésus qu’au motif du but de leur passage. Cet incident mis en parallèle avec notre passage et celui de Jean 4 nous enseigne la nécessité de bien rester christocentrique dans notre message. En effet, bien des gens hostiles, sur le plan religieux, aux motivations humaines qu’ils discernent derrière notre désir de les approcher, se montrent réceptifs et ouverts lorsqu’ils découvrent qui nous voulons, en fait, leur faire connaître. Peut-être, nous ne le savons pas, l’ouverture des samaritains à l’Evangile vient-elle aussi de la considération démontrée par Jésus en son temps à leur égard. Il se peut que la célèbre histoire du bon samaritain, racontée par Jésus, soit aussi connue au temps des apôtres qu’elle l’est aujourd’hui dans les milieux chrétiens : Luc 10,25 à 37. Aussi, en l’écoutant, ceux-ci ne pouvaient-ils qu’apprécier ce juif qui les honorait à ce point.

Que le Seigneur nous aide dans notre désir d’atteindre nos contemporains de ne pas être un obstacle pour eux par des attitudes révélant des motivations périphériques au témoignage que nous sommes appelés à rendre à Son nom !

lundi 25 août 2008

Actes 8,1 à 4

Texte biblique

Saul avait approuvé le meurtre d’Etienne. Il y eut, ce jour–là, une grande persécution contre l’Eglise de Jérusalem ; et tous, excepté les apôtres, se dispersèrent dans les contrées de la Judée et de la Samarie. Des hommes pieux ensevelirent Etienne, et le pleurèrent à grand bruit. Saul, de son côté, ravageait l’Eglise ; pénétrant dans les maisons, il en arrachait hommes et femmes, et les faisait jeter en prison. Ceux qui avaient été dispersés allaient de lieu en lieu, annonçant la bonne nouvelle de la parole.

Réflexion

Rappel chronologique du livre des Actes :

- Actes 1,8 : ordre de mission donné aux apôtres : étapes stratégiques : Jérusalem, Judée Samarie ; extrémités de la terre
- Actes 2 : Pentecôte : don du Saint-Esprit : équipement pour la mission
- Actes 3 à 6: démarrage de l’Eglise et premières oppositions
- Actes 7 : lapidation d’Etienne, premier martyr chrétien

Première persécution :

La mise à mort d’Etienne par ses compatriotes juifs ne fut pas le point d’orgue de l’antagonisme grandissant entre la communauté chrétienne naissante et les autorités religieuses juives. Elle fut, au contraire, le signal de départ d’une opération de grande envergure contre elle, qui n’avait qu’un seul objet : l’arrêt de son développement. Dans son récit des évènements qui se passèrent à ce moment, Luc relève les 3 points les plus marquants de cette période de l’histoire de l’Eglise :

1) Loin d’atteindre le but poursuivi par ses opposants, la persécution permit au contraire, par la dispersion forcée des croyants, au témoignage de Christ, d’entrer dans la seconde et la troisième phase (le 2ème et le 3ème cercle géographique indiqué par le Seigneur : 1,8) de la stratégie définie par le Seigneur. Ce que l’impulsion naturelle n’a pu obtenir des chrétiens, la persécution l’a réalisé.

2) Pour autant, les apôtres n’abandonnent pas le champ de mission premier que le Seigneur leur a donné. Alors que tous partent, eux restent à Jérusalem. Se faisant, les apôtres décident de faire passer le message qu’il n’est pas question pour eux de céder à l’intimidation et d’abandonner le terrain de témoignage spécifique que le Seigneur leur a donné (témoignage des chrétiens sur Gaza). L’heure n’est pas à la fuite, mais au maintien coûte que coûte de la présence du témoignage de Christ dans le lieu même où Celui-ci a été condamné et crucifié.

Attention de ne pas être trop rapide dans notre façon de juger l’attitude ou le comportement de chrétiens dans une situation donnée. Au regard des bienfaits qu’a apporté la dispersion des croyants pour la cause de l’Evangile, on pourrait penser que les apôtres n’ont pas fait le bon choix. Mais au regard du courage dont ils ont fait preuve et de l’objectif qui était le leur en restant à Jérusalem, on pourrait conclure que la fuite des croyants était une preuve de lâcheté. Partir ou rester n’était pas moins spirituel pour les uns ou pour les autres. Les deux attitudes opposées venaient, je le crois, de Dieu . En toutes situations, nous nous devons, non de copier bêtement ce que fait la majorité, mais d’être sensible à ce que Dieu nous demande.

3) Luc, comme il a commencé à le faire auparavant, met dans cette période d’opposition et de persécution volontairement le projecteur sur un homme, Saul de Tarse, présenté ici comme l’opposant le plus acharné et le plus zélé de l’Eglise. Le but de cette focalisation est de nous préparer au miracle qui vient, dont cet homme sera l’objet et dont, pour l’heure, il est à des lieues de se douter.

Mise à part la mort d’Etienne, cause d’une grande tristesse ponctuelle pour les croyants, on est en droit de se poser la question si la persécution est un mal ou un bien. Elle est au final ce que Joseph, persécuté, a dit au moment de ses retrouvailles avec ses frères : un mal dont Dieu se sert pour faire un bien pour le salut de beaucoup. Que Dieu nous donne toujours à nouveau la vision de Sa souveraineté, qualité à partir de laquelle toutes choses, de par Sa puissance, sont possibles.

dimanche 24 août 2008

Actes 7,1 à 60

Texte biblique

Le souverain sacrificateur dit : Les choses sont–elles ainsi ? Etienne répondit : Hommes frères et pères, écoutez ! Le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham, lorsqu’il était en Mésopotamie, avant qu’il s’établît à Charran et il lui dit : Quitte ton pays et ta famille, et va dans le pays que je te montrerai. Il sortit alors du pays des Chaldéens, et s’établit à Charran. De là, après la mort de son père, Dieu le fit passer dans ce pays que vous habitez maintenant ; il ne lui donna aucune propriété en ce pays, pas même de quoi poser le pied, mais il promit de lui en donner la possession, et à sa postérité après lui, quoiqu’il n’eût point d’enfant. Dieu parla ainsi : Sa postérité séjournera dans un pays étranger ; on la réduira en servitude et on la maltraitera pendant quatre cents ans. Mais la nation à laquelle ils auront été asservis, c’est moi qui la jugerai, dit Dieu. Après cela, ils sortiront, et ils me serviront dans ce lieu–ci. Puis Dieu donna à Abraham l’alliance de la circoncision ; et ainsi, Abraham, ayant engendré Isaac, le circoncit le huitième jour ; Isaac engendra et circoncit Jacob, et Jacob les douze patriarches. Les patriarches, jaloux de Joseph, le vendirent pour être emmené en Egypte. Mais Dieu fut avec lui, et le délivra de toutes ses tribulations ; il lui donna de la sagesse et lui fit trouver grâce devant Pharaon, roi d’Egypte, qui l’établit gouverneur d’Egypte et de toute sa maison. Il survint une famine dans tout le pays d’Egypte, et dans celui de Canaan. La détresse était grande, et nos pères ne trouvaient pas de quoi se nourrir. Jacob apprit qu’il y avait du blé en Egypte, et il y envoya nos pères une première fois. Et la seconde fois, Joseph fut reconnu par ses frères, et Pharaon sut de quelle famille il était. Puis Joseph envoya chercher son père Jacob, et toute sa famille, composée de soixante–quinze personnes. Jacob descendit en Egypte, où il mourut, ainsi que nos pères ; et ils furent transportés à Sichem, et déposés dans le sépulcre qu’Abraham avait acheté, à prix d’argent, des fils d’Hémor, père de Sichem. Le temps approchait où devait s’accomplir la promesse que Dieu avait faite à Abraham, et le peuple s’accrut et se multiplia en Egypte, jusqu’à ce que parut un autre roi, qui n’avait pas connu Joseph. Ce roi, usant d’artifice contre notre race, maltraita nos pères, au point de leur faire exposer leurs enfants, pour qu’ils ne vécussent pas. A cette époque, naquit Moïse, qui était beau aux yeux de Dieu. Il fut nourri trois mois dans la maison de son père ; et, quand il eut été exposé, la fille de Pharaon le recueillit, et l’éleva comme son fils. Moïse fut instruit dans toute la sagesse des Egyptiens, et il était puissant en paroles et en œuvres. Il avait quarante ans, lorsqu’il lui vint dans le cœur de visiter ses frères, les fils d’Israël. Il en vit un qu’on outrageait, et, prenant sa défense, il vengea celui qui était maltraité, et frappa l’Egyptien. Il pensait que ses frères comprendraient que Dieu leur accordait la délivrance par sa main ; mais ils ne comprirent pas. Le jour suivant, il parut au milieu d’eux comme ils se battaient, et il les exhorta à la paix: Hommes, dit–il, vous êtes frères ; pourquoi vous maltraitez–vous l’un l’autre ? Mais celui qui maltraitait son prochain le repoussa, en disant : Qui t’a établi chef et juge sur nous ? Veux–tu me tuer, comme tu as tué hier l’Egyptien ? A cette parole, Moïse prit la fuite, et il alla séjourner dans le pays de Madian, où il engendra deux fils. Quarante ans plus tard, un ange lui apparut, au désert de la montagne de Sinaï, dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse, voyant cela, fut étonné de cette apparition ; et, comme il s’approchait pour examiner, la voix du Seigneur se fit entendre: Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Et Moïse, tout tremblant, n’osait regarder. Le Seigneur lui dit : Ote tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte. J’ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Egypte, j’ai entendu ses gémissements, et je suis descendu pour le délivrer. Maintenant, va, je t’enverrai en Egypte. Ce Moïse, qu’ils avaient renié, en disant : Qui t’a établi chef et juge ? C’est lui que Dieu envoya comme chef et comme libérateur avec l’aide de l’ange qui lui était apparu dans le buisson. C’est lui qui les fit sortir d’Egypte, en opérant des prodiges et des miracles au pays d’Egypte, au sein de la mer Rouge, et au désert, pendant quarante ans. C’est ce Moïse qui dit aux fils d’Israël : Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète comme moi. C’est lui qui, lors de l’assemblée au désert, étant avec l’ange qui lui parlait sur la montagne de Sinaï et avec nos pères, reçut des oracles vivants, pour nous les donner. Nos pères ne voulurent pas lui obéir, ils le repoussèrent, et ils tournèrent leur cœur vers l’Egypte, en disant à Aaron : Fais–nous des dieux qui marchent devant nous ; car ce Moïse qui nous a fait sortir du pays d’Egypte, nous ne savons ce qu’il est devenu. Et, en ces jours–là, ils firent un veau, ils offrirent un sacrifice à l’idole, et se réjouirent de l’œuvre de leurs mains. Alors Dieu se détourna, et les livra au culte de l’armée du ciel, selon qu’il est écrit dans le livre des prophètes : M’avez–vous offert des victimes et des sacrifices Pendant quarante ans au désert, maison d’Israël ?… Vous avez porté la tente de Moloch Et l’étoile du dieu Remphan, Ces images que vous avez faites pour les adorer ! Aussi vous transporterai–je au delà de Babylone. Nos pères avaient au désert le tabernacle du témoignage, comme l’avait ordonné celui qui dit à Moïse de le faire d’après le modèle qu’il avait vu. Et nos pères, l’ayant reçu, l’introduisirent, sous la conduite de Josué, dans le pays qui était possédé par les nations que Dieu chassa devant eux, et il y resta jusqu’aux jours de David. David trouva grâce devant Dieu, et demanda d’élever une demeure pour le Dieu de Jacob ; et ce fut Salomon qui lui bâtit une maison. Mais le Très–Haut n’habite pas dans ce qui est fait de main d’homme, comme dit le prophète: Le ciel est mon trône, Et la terre mon marchepied. Quelle maison me bâtirez–vous, dit le Seigneur, Ou quel sera le lieu de mon repos ? N’est–ce pas ma main qui a fait toutes ces choses ?… Hommes au cou raide, incirconcis de cœur et d’oreilles ! vous vous opposez toujours au Saint–Esprit. Ce que vos pères ont été, vous l’êtes aussi. Lequel des prophètes vos pères n’ont–ils pas persécuté ? Ils ont tué ceux qui annonçaient d’avance la venue du Juste, que vous avez livré maintenant, et dont vous avez été les meurtriers, vous qui avez reçu la loi d’après des commandements d’anges, et qui ne l’avez point gardée !… En entendant ces paroles, ils étaient furieux dans leur cœur, et ils grinçaient des dents contre lui. Mais Etienne, rempli du Saint–Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Et il dit : Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. Ils poussèrent alors de grands cris, en se bouchant les oreilles, et ils se précipitèrent tous ensemble sur lui, le traînèrent hors de la ville, et le lapidèrent. Les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme nommé Saul. Et ils lapidaient Etienne, qui priait et disait : Seigneur Jésus, reçois mon esprit ! Puis, s’étant mis à genoux, il s’écria d’une voix forte : Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! Et, après ces paroles, il s’endormit.

Réflexion biblique

Discours d’Etienne devant le sanhédrin :

Convoqué à son tour devant le sanhédrin (qui a déjà vu passer devant lui successivement Jésus, Pierre et Jean et les apôtres), Etienne, dans un long discours apologétique, loin de se rétracter ou de chercher à apaiser la tension née entre lui et les chefs suite au témoignage qu’il rendait à Jésus, va au contraire utiliser les faits de l’histoire du peuple de Dieu, tels qu’ils sont relatés dans la Parole de Dieu, pour démontrer qu’un seul et même esprit a, de tout temps, motivé l’opposition systématique des chefs juifs contre les élus et les envoyés de Dieu, comme il en est pour ses auditeurs contre Jésus. Etienne, pour appuyer sa démonstration, va ainsi remonter à la genèse de l’histoire du peuple de Dieu et tirer du vécu des deux figures juives principales de ce temps des origines les parallèles s’appliquant, dans son actualité, à Jésus :

1ère figure : Joseph, le bien-aimé de Jacob, son Père. Etienne rappelle aux juifs qui l’écoutent la raison principale de leur rejet qui les a conduit à des actes criminels envers lui : la jalousie, et, ce que, dans sa souveraineté, Dieu a fait de ce rejet : un outil pour élever Joseph et le placer en bénédiction et en salut pour ses frères.

2ème figure : Moïse, l’élu et le mis à part pour Dieu dès sa naissance. Là aussi, le même scénario s’est reproduit à plusieurs reprises. Moïse, dans un premier temps, dit Etienne, n’a pas été reconnu par ses frères comme le libérateur envoyé de Dieu pour eux. Puis, alors que les preuves même de son élection par Dieu ont été manifestées, sans cesse il dut combattre la contestation, l’apostasie, l’idolâtrie qui revenaient de manière récurrente parmi le peuple.

Etienne conclura son discours par une question. En relisant l’histoire de tout le peuple de Dieu, lequel, demandera-t-il aux chefs actuels du peuple qu’il a devant lui, des prophètes n’ont-t-ils pas persécuté ? La mort et la condamnation de Jésus est le dernier avatar d’une longue série de crimes, de persécutions qui ont leur origine dans le coeur rebelle du peuple de Dieu, incapable de se soumettre à Lui, d’entrer dans Ses voies, de reconnaître Ses desseins. Le rejet, la condamnation, l’assassinat même de Jésus est l’aboutissement, la poursuite en droite ligne du rejet systématique démontré par les pères, de ceux qui d’avance annonçaient Sa venue.

Ce fut là plus que le sanhédrin put en supporter. Remplis de colère et de furie, les chefs juifs confirmèrent la vérité du constat biblique fait par Etienne et ajoutèrent aux crimes commis dans le passé celui de sa lapidation. Deux faits importants closent le chapitre qui, derrière l’apparence, ôtent à la mort la joie de sa victoire :

- le 1er est la vision qui fut celle d’Etienne avant qu’ils ne s’endorment sous les coups répétés des pierres jetées contre lui : la vision glorieuse du Fils de l’homme debout pour accueillir dans son ciel le premier martyr de sa foi. Une vision qui donna à Etienne de mourir dans le même état d’esprit que Celui qu’Il voyait lorsqu’il passa par la même épreuve : dans la foi et l’amour.

- la seconde est la mention de la présence à ce spectacle d’un certain Saul qui allait devenir, sous peu, le fruit direct du grain tombé ici en terre pour mourir.

Que Dieu soit béni pour la victoire manifestée en Christ dans le ciel et sur la terre !

samedi 23 août 2008

Actes 6,7 à 15


Texte biblique

La parole de Dieu se répandait de plus en plus, le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem, et une grande foule de sacrificateurs obéissaient à la foi. Etienne, plein de grâce et de puissance, faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple. Quelques membres de la synagogue dite des Affranchis, de celle des Cyrénéens et de celle des Alexandrins, avec des Juifs de Cilicie et d’Asie, se mirent à discuter avec lui ; mais ils ne pouvaient résister à sa sagesse et à l’Esprit par lequel il parlait. Alors ils subornèrent des hommes qui dirent : Nous l’avons entendu proférer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu. Ils émurent le peuple, les anciens et les scribes, et, se jetant sur lui, ils le saisirent, et l’emmenèrent au sanhédrin. Ils produisirent de faux témoins, qui dirent : Cet homme ne cesse de proférer des paroles contre le lieu saint et contre la loi ; car nous l’avons entendu dire que Jésus, ce Nazaréen, détruira ce lieu, et changera les coutumes que Moïse nous a données. Tous ceux qui siégeaient au sanhédrin ayant fixé les regards sur Etienne, son visage leur parut comme celui d’un ange.

Réflexion

Croissance forte et rapide de l’Eglise et forte opposition :

Le nombre des disciples augmentant rapidement (y compris parmi les prêtres), une autre vague forte d’opposition ne tarda pas à se lever contre l’Eglise. Elle se concentra d’abord contre l’homme qui, sur le moment était aux yeux des juifs l’ennemi public n°1 : Etienne. Ce disciple de Jésus dérangeait peut-être plus que les autres pour deux raisons :

- la 1ère était que le Seigneur l’avait rempli de grâce et de puissance. Les miracles et les prodiges extraordinaires qui se produisaient au travers de lui faisaient de lui un point d’attraction irrésistible pour l’Evangile. Les oeuvres qui se faisaient à travers Etienne étaient à elles seules une démonstration de la puissance du Christ ressuscité, thème de sa prédication

- la seconde était que, en plus de la puissance, Dieu avait revêtu Etienne d’un Esprit de sagesse contre lequel ses adversaires étaient systématiquement pris en défaut.

Confrontés à leurs limites et leur impuissance, les opposants à Etienne n’avaient à leur disposition plus qu’une seule arme pour le condamner et le faire taire, cette arme qu’ils avaient utilisé contre Jésus pour finalement le faire mourir : la calomnie et le mensonge.

L’histoire d’Etienne, remake de celle de Jésus, est l’histoire type de ce que vivent aujourd’hui encore les martyrs de la foi dans les pays dans lesquels elle est interdite. Car partout où le christianisme avance, gagne du terrain, devient une menace pour les idéologies en place, la croissance du nombre affiché de disciples de Jésus s’accompagne de persécutions, de calomnies et d’arrestation. L’un, nous ont averti Paul et Jésus, ne va pratiquement jamais sans l’autre. Pour autant, ne perdons pas courage ! Car si un Etienne meurt, c’est un Paul, autrefois adversaire et demain disciple rempli du même Esprit de puissance et de sagesse, qui se lève : 1 Cor 2,1 à 5. Que Dieu nous donne en Lui d’aller toujours plus d’aller de l’avant, sachant qu’aucune force ni puissance n’a la capacité de mettre le mot fin sur le témoignage rendu à Christ par l’Evangile

vendredi 22 août 2008

Actes 6,1 à 6


Texte biblique

En ce temps–là, le nombre des disciples augmentant, les Hellénistes murmurèrent contre les Hébreux, parce que leurs veuves étaient négligées dans la distribution qui se faisait chaque jour. Les douze convoquèrent la multitude des disciples, et dirent : Il n’est pas convenable que nous laissions la parole de Dieu pour servir aux tables. C’est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes, de qui l’on rende un bon témoignage, qui soient pleins d’Esprit–Saint et de sagesse, et que nous chargerons de cet emploi. Et nous, nous continuerons à nous appliquer à la prière et au ministère de la parole. Cette proposition plut à toute l’assemblée. Ils élurent Etienne, homme plein de foi et d’Esprit–Saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas, et Nicolas, prosélyte d’Antioche. Ils les présentèrent aux apôtres, qui, après avoir prié, leur imposèrent les mains.

Réflexion

Source de tension dans la communauté :

Si jusqu’à présent, mis à part l’affaire Ananias-Saphira, rien n’avait assombri les bonnes dispositions qui marquaient la vie de la première communauté, le nombre des disciples augmentant, une première source de tension se fit jour entre les croyants juifs parlant le grec et ceux parlant l’hébreu. Les premiers, en effet, se plaignirent, sans doute avec raison, que dans le partage quotidien des ressources destinées à aider les veuves, celles faisant partie de leur groupe étaient négligées par rapport à celles faisant partie de l’autre groupe. Nous ne connaissons pas la raison de cette discrimination. Mais nous pouvons penser qu’elle est du même ordre que celle suggérée par les hommes de David au retour de la bataille contre les Amalécites qui avaient pillé Tsiklag : 1 Sam 30,22. Elle est le fruit d’un jugement de valeur qui faisait que ceux dont la langue parlée n’était pas l’hébreu étaient déconsidérés par rapport aux juifs de pure souche.

Ce n’est pas en vain que l’Ecriture rapporte ce fait comme celui qui, dans la vie de la communauté nouvelle, a été le premier à être source de fracture et de division. Aujourd’hui encore, les préjugés raciaux, le sentiment de supériorité de la classe ou de la race à laquelle les uns appartiennent par rapport aux autres, peuvent toujours être source de troubles entre nous. Aussi devons-nous veiller dans notre coeur à n’entretenir ni mépris, ni sentiment de supériorité envers quiconque. Car, en Christ, les barrières de race, de classe, de sexe qui séparaient les hommes ont, dit Paul, été abolies une fois pour toutes : Gal 3,28. La tentation de l’apartheid, de la distinction basée sur l’origine et la couleur de la peau, reste une cause de scandale, de division et de chute possible pour le corps de Christ partout dans le monde. Que Dieu nous aide à considérer chacun, tel qu’il est, comme digne d’être aimé et servi au même titre que tous !

Délégation :

La tension suscitée ici par cette inégalité de traitement entre les personnes n’a pas eu, par la grâce de Dieu, de mauvaises conséquences. Au contraire, elle a été l’occasion d’une prise de conscience par les responsables de la communauté, en l’occurrence les apôtres, de la nécessité de déléguer une partie des tâches inhérentes à la vie et au développement de la communauté à d’autres. Les apôtres ne sont pas tombés dans le piège qui consiste à penser que, parce qu’on a été mandaté par le Seigneur pour une tâche de responsabilité sur l’Eglise, tout devait absolument passer par eux. L’ampleur des difficultés à résoudre a été pour eux, au contraire, l’occasion à la fois de définir de manière précise leur mission, et de donner à d’autres la possibilité d’entrer dans un ministère auprès des croyants. Les apôtres ont ainsi défini la prière et l’enseignement comme devant être leur mission prioritaire dans l’église. Elle reste, pour ceux qui sont appelés encore aujourd’hui à ce ministère, le coeur de leur engagement.

Pour autant, les apôtres n’ont pas estimé que les autres tâches étaient inférieures à la leur. Au contraire, des critères élevés de qualité ont été définis pour trouver les hommes qui devaient se substituer à eux dans le service qui consistait à gérer de manière pratique les besoins de la communauté. 7 hommes, dont plusieurs d’origine grecque, furent ainsi nommés et établis, avec la prière et le soutien des apôtres dans ce service.

Que le Seigneur nous donne comme à eux la capacité de comprendre quelle est notre mission première et de nous y donner. Qu’Il nous donne aussi de reconnaître au sein de la communauté les hommes de qualité, préparés et qualifiés par Lui pour exercer les ministères de service dont l’église a besoin.

jeudi 21 août 2008

Actes 5,26 à 42


Texte biblique

Alors le commandant partit avec les huissiers, et les conduisit sans violence, car ils avaient peur d’être lapidés par le peuple. Après qu’ils les eurent amenés en présence du sanhédrin, le souverain sacrificateur les interrogea en ces termes : Ne vous avons–nous pas défendu expressément d’enseigner en ce nom–là ? Et voici, vous avez rempli Jérusalem de votre enseignement, et vous voulez faire retomber sur nous le sang de cet homme ! Pierre et les apôtres répondirent : Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous avez tué, en le pendant au bois. Dieu l’a élevé par sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la repentance et le pardon des péchés. Nous sommes témoins de ces choses, de même que le Saint–Esprit, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. Furieux de ces paroles, ils voulaient les faire mourir. Mais un pharisien, nommé Gamaliel, docteur de la loi, estimé de tout le peuple, se leva dans le sanhédrin, et ordonna de faire sortir un instant les apôtres. Puis il leur dit : Hommes Israélites, prenez garde à ce que vous allez faire à l’égard de ces gens. Car, il n’y a pas longtemps que parut Theudas, qui se donnait pour quelque chose, et auquel se rallièrent environ quatre cents hommes : il fut tué, et tous ceux qui l’avaient suivi furent mis en déroute et réduits à rien. Après lui, parut Judas le Galiléen, à l’époque du recensement, et il attira du monde à son parti : il périt aussi, et tous ceux qui l’avaient suivi furent dispersés. Et maintenant, je vous le dis ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez–les aller. Si cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira ; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir combattu contre Dieu. Ils se rangèrent à son avis. Et ayant appelé les apôtres, ils les firent battre de verges, ils leur défendirent de parler au nom de Jésus, et ils les relâchèrent. Les apôtres se retirèrent de devant le sanhédrin, joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus. Et chaque jour, dans le temple et dans les maisons, ils ne cessaient d’enseigner, et d’annoncer la bonne nouvelle de Jésus–Christ.

Réflexion

Nouvelle comparution des apôtres devant le sanhédrin :

La nouvelle comparution des apôtres devant le sanhédrin n’apporta aucun changement notoire aux positions prises par les uns et les autres auparavant. Le sanhédrin, exaspéré que soit mis à son compte la mort de Jésus, renouvelle aux apôtres son injonction formelle de ne plus enseigner le peuple en Son nom. Les apôtres, estimant que leur mandat relève d’une autorité et d’une raison supérieures à l’homme, estiment que leur devoir de témoins ne peut être soumis à la censure de qui que ce soit. La situation étant bloquée, il faudra toute la sagesse et la diplomatie d’un Gamaliel pour éviter le recours par le sanhédrin à des solutions extrêmes, telles que celle employée contre Jésus. Gamaliel, s’appuyant sur des précédents récents et connus, invite le sanhédrin à ignorer les apôtres. Il est en effet convaincu que si une oeuvre vient de Dieu, aucune somme de résistance à son encontre, aucune forme musclée de répression n’a le pouvoir de l’anéantir ; si, par contre, une oeuvre a sa source en l’homme, elle finira par disparaître et s’écrouler d’elle-même. C’est au jugement de Dieu, du temps et à l’épreuve du critère de la durabilité que Gamaliel demande au sanhédrin de se fier pour décider du comportement à adopter en la circonstance.

En s’en remettant au jugement de Dieu et en invitant ses collègues à une démarche de foi plutôt qu’à des solutions expéditives et humaines, on ne peut que saluer la sagesse de Gamaliel. Plusieurs questions demeurent cependant : l’argument de Gamaliel est-il vérifiable dans le temps ? Et surtout, quand le "laisser-faire" est-il une voie de sagesse ? Et quand ne l’est-il plus ?

1ère question : presque 2 000 ans après la parole de Gamaliel, l’histoire a largement démontré, au regard du critère qui est à la base de son argumentation, que le christianisme, loin de disparaître, a non seulement rempli tout Jérusalem, mais pratiquement toute la terre. On ne peut donc en conclure que l’oeuvre et le témoignage rendu à Jésus n’est pas une oeuvre humaine, mais divine. Toute l’opposition séculaire des régimes athées ou religieux contre le christianisme n’a fait que démontrer la justesse de la parole de Gamaliel. Ces régimes passeront, mais la parole et le fondement posés par le Christ subsistera : Luc 21,33

2ème question : il ne faudrait pas en conclure pour autant que tout ce qui a duré dans le temps est la preuve que la chose vient de Dieu, ou porte obligatoirement la marque de Son approbation. L’Islam, à cause des promesses faites par Dieu à Ismaël, peut quelque part prétendre devoir également sa longévité à la volonté de Dieu. Dans les oeuvres qui durent, nous devons cependant faire la distinction entre les oeuvres approuvées par Dieu et celles qu’Il permet et supporte, en vue d’un certain objectif. C’est ce qui subsistera dans l’éternité qui porte la marque réelle de la Vérité (voir la parabole de Jésus sur l’ivraie et le blé en Matthieu 13,36 à 43)

3ème question : l’argument de Gamaliel ne peut s’appliquer comme règle à suivre en ce qui concerne les affaires propres au royaume de Dieu et à l’Eglise. Le "laisser-faire" risque ici d’être la pire option. Dieu nous appelle au contraire à nous opposer et à combattre les faux docteurs et tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, annoncent un faux évangile : Gal 1,6 à 9; 1 Tim 1,3; 6,1 à 4; 2 Tim 1,24-25...

Que le Seigneur nous donne en chaque circonstance la bonne attitude et le bon comportement !