mercredi 3 septembre 2008

Actes 10,9 à 33


Texte biblique

Le lendemain, comme ils étaient en route, et qu’ils approchaient de la ville, Pierre monta sur le toit, vers la sixième heure, pour prier. Il eut faim, et il voulut manger. Pendant qu’on lui préparait à manger, il tomba en extase. Il vit le ciel ouvert, et un objet semblable à une grande nappe attachée par les quatre coins, qui descendait et s’abaissait vers la terre, et où se trouvaient tous les quadrupèdes et les reptiles de la terre et les oiseaux du ciel. Et une voix lui dit : Lève–toi, Pierre, tue et mange. Mais Pierre dit : Non, Seigneur, car je n’ai jamais rien mangé de souillé ni d’impur. Et pour la seconde fois la voix se fit encore entendre à lui : Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé. Cela arriva jusqu’à trois fois ; et aussitôt après, l’objet fut retiré dans le ciel. Tandis que Pierre ne savait en lui–même que penser du sens de la vision qu’il avait eue, voici, les hommes envoyés par Corneille, s’étant informés de la maison de Simon, se présentèrent à la porte, et demandèrent à haute voix si c’était là que logeait Simon, surnommé Pierre. Et comme Pierre était à réfléchir sur la vision, l’Esprit lui dit : Voici, trois hommes te demandent ; lève–toi, descends, et pars avec eux sans hésiter, car c’est moi qui les ai envoyés. Pierre donc descendit, et il dit à ces hommes : Voici, je suis celui que vous cherchez ; quel est le motif qui vous amène ? Ils répondirent : Corneille, centenier, homme juste et craignant Dieu, et de qui toute la nation des Juifs rend un bon témoignage, a été divinement averti par un saint ange de te faire venir dans sa maison et d’entendre tes paroles. Pierre donc les fit entrer, et les logea. Le lendemain, il se leva, et partit avec eux. Quelques–uns des frères de Joppé l’accompagnèrent. Ils arrivèrent à Césarée le jour suivant. Corneille les attendait, et avait invité ses parents et ses amis intimes. Lorsque Pierre entra, Corneille, qui était allé au–devant de lui, tomba à ses pieds et se prosterna. Mais Pierre le releva, en disant : Lève–toi ; moi aussi, je suis un homme. Et conversant avec lui, il entra, et trouva beaucoup de personnes réunies. Vous savez, leur dit–il, qu’il est défendu à un Juif de se lier avec un étranger ou d’entrer chez lui ; mais Dieu m’a appris à ne regarder aucun homme comme souillé et impur. C’est pourquoi je n’ai pas eu d’objection à venir, puisque vous m’avez appelé ; je vous demande donc pour quel motif vous m’avez envoyé chercher. Corneille dit : Il y a quatre jours, à cette heure–ci, je priais dans ma maison à la neuvième heure ; et voici, un homme vêtu d’un habit éclatant se présenta devant moi, et dit : Corneille, ta prière a été exaucée, et Dieu s’est souvenu de tes aumônes. Envoie donc à Joppé, et fais venir Simon, surnommé Pierre ; il est logé dans la maison de Simon, corroyeur, près de la mer. Aussitôt j’ai envoyé vers toi, et tu as bien fait de venir. Maintenant donc nous sommes tous devant Dieu, pour entendre tout ce que le Seigneur t’a ordonné de nous dire.

Réflexion

La vision de Pierre :

Si le Seigneur trouva nécessaire de communiquer à Corneille par une vision la révélation de la démarche qu’il devait faire pour rencontrer l’homme par lequel Il lui ferait connaître le message de Son salut, le récit qui nous est relaté ici souligne que ce n’est pas seulement Corneille, mais davantage encore Pierre qui avait besoin d’une révélation pour entrer dans l’oeuvre que le Seigneur avait préparé ici pour lui. La nécessité d’un tel moyen pour gagner Pierre à Ses vues souligne le degré de résistance auquel le Seigneur peut être confronté, lorsque, désirant mobiliser un de Ses ouvriers pour une oeuvre particulière, Il se heurte à ses préjugés.

A la défense de Pierre, il faut cependant reconnaître que le pas nouveau que le Seigneur va lui demander de faire n’a pour lui rien d’évident. Car, depuis son enfance, Pierre a appris à connaître Dieu comme le Dieu d’Israël et Israël comme le peuple choisi de Dieu. Bien que, dès l’appel d’Abraham, la bénédiction promise à ses descendants inclut toutes les nations, le sentiment chez les juifs d’être le peuple élu de Dieu était si fort qu’il était pour eux inconcevable que les portes du royaume de Dieu s’ouvrent aussi largement pour les païens que pour eux. Dans la pensée juive de l’époque, l’appartenance au peuple de Dieu ne pouvait pour un païen se concevoir que s’il adhérait totalement au judaïsme. Or, voici soudain que Dieu, par cette révélation, indique à Pierre que la purification des païens n’oblige plus le passage par cette étape, mais peut directement se faire par le Christ.

Notons ici à quel point Dieu met un point d’honneur à la préparation dans tous ses aspects de Son oeuvre : triple vision, trois hommes envoyés par Corneille, concordance entre les événements. Le soin mis à cette préparation doit nous encourager à ne pas tant spéculer sur ce qu’il nous convient de faire pour lui mais plutôt à nous préparer dans nos coeurs à entrer dans ce qu’Il a prévu pour nous. Car, nous montre ici le récit, les plus grandes résistances à l’avance de l’oeuvre de Dieu ne se trouvent ni chez Dieu, ni chez les incroyants, mais la plupart du temps en nous. Ce ne sont pas contre les autres que Dieu doit la plupart du temps le plus se battre, mais contre nous, notre indolence, notre paresse, nos préjugés, le plaisir et l’intérêt que nous trouvons dans notre propre confort. Il est si facile, comme Pierre, de rester dans le cadre de références dans lequel nous sommes habitués à vivre, de ne pas nous risquer d’en sortir et d’avancer ainsi en territoire inconnu. Mais n’est-ce pas là, d’une certaine manière, le prix qu’a dû payer Jésus pour nous rencontrer et nous sauver. Si quelqu’un a abandonné le cadre de sécurité dans lequel il se trouvait, c’est bien d’abord et surtout Lui !

Que, par Sa grâce, Dieu me donne d’être libre, comme Pierre a du l’être pour la mission spéciale que le Seigneur lui donne ici, de tout préjugé, sentiment de fierté ou d’orgueil dû à ce que je suis (il n’y a aucune raison valable à l’existence d’un tel sentiment) pour être libre, disponible, mobilisable pour Ses œuvres.

De la nécessité de la vision :

En communiquant avec Pierre au moyen d’une vision pour lui révéler sa volonté, Dieu nous donne ici quelques leçons sur la raison d’un tel mode de révélation et sa nécessité :

1. Comme déjà dit, la raison première de ce mode de communication tient au préjugé, issu de la culture et de l’éducation juive reçues par Pierre, fortement enraciné en lui. Dans ce cas de figure, la révélation de la pensée de Dieu représente une telle nouveauté pour celui à qui elle est révélée que Dieu estime nécessaire de la valider par un autre moyen que la parole seule. A travers la vision, Dieu ne parle pas seulement. Il explique, révèle, démontre...

2. il part chez celui à qui il s’adresse d’éléments connus de sa culture pour élargir son horizon et l’amener à la découverte de nouveaux éléments introduits par la grâce. La nécessité de la vision se comprend ici par l’enjeu qui consiste à faire lever chez Pierre des interdits qui, jusqu’à présent parce qu’ils venaient de Dieu, revêtaient pour lui le caractère du sacré.

3. C’est à un changement de paradigme que le Seigneur appelle Pierre. Or, semble-t-il, il nous est impossible de quitter le paradigme dans lequel nous sommes pour en adopter un autre sans révélation. La nouvelle naissance est pour l’incroyant, l’athée ou l’homme religieux un même type de révélation.

4. L’application de la vision est aussitôt donnée par les faits se passant dans le monde réel. A peine la vision ôtée, les personnes qui en étaient l’objet frappent à la porte de Pierre. Il y a manifestement la signature de Dieu dans la concordance entre ce que l’Esprit révèle et ce qui se passe dans les faits. C’est ici la marque du divin et de la vérité.

L’utilisation de la vision est encore et toujours une moyen utilisable par le Seigneur dans des cas similaires de personnes : musulmans, juifs ou autres profondément enracinés dans leur culture, qui tiennent leurs convictions pour sacrées... Elles devrait l’être moins pour nous, enfants de Dieu, qui avons dans la Parole tous les éléments nécessaires à la connaissance. Que Dieu me garde d’être si attachés à la lettre que je ne sois plus réceptifs au message de l’Esprit.

mardi 2 septembre 2008

Actes 10,1 à 8


Texte biblique

Il y avait à Césarée un homme nommé Corneille, centenier dans la cohorte dite italienne. Cet homme était pieux et craignait Dieu, avec toute sa maison ; il faisait beaucoup d’aumônes au peuple, et priait Dieu continuellement. Vers la neuvième heure du jour, il vit clairement dans une vision un ange de Dieu qui entra chez lui, et qui lui dit : Corneille ! Les regards fixés sur lui, et saisi d’effroi, il répondit : Qu’est–ce, Seigneur ? Et l’ange lui dit : Tes prières et tes aumônes sont montées devant Dieu, et il s’en est souvenu. Envoie maintenant des hommes à Joppé, et fais venir Simon, surnommé Pierre ; il est logé chez un certain Simon, corroyeur, dont la maison est près de la mer. Dès que l’ange qui lui avait parlé fut parti, Corneille appela deux de ses serviteurs, et un soldat pieux d’entre ceux qui étaient attachés à sa personne ; et, après leur avoir tout raconté, il les envoya à Joppé.

Réflexion

Vision de Corneille :

Après la Samarie et la conversion de Saul de Tarse, chef de file des persécuteurs de l’Eglise, nous entrons avec ce chapitre dans une nouvelle étape de l’implantation et de l’extension du christianisme dans le monde. Cette étape est toute entière liée à la conversion d’un homme, conversion qui va occupée tout ce chapitre et une partie des suivants : Corneille. De nouveau, nous pouvons admirer la délicatesse de Dieu dans le choix fait de cet homme, comme symbole et pilote de l’entrée du monde païen dans les bénéficiaires du salut, ainsi que Sa sagesse dans le choix de celui qui allait être l’instrument de sa conversion : Pierre. Constatons aussi la parfaite logique de la chronologie de l’action de Dieu telle qu’elle nous est ici rapportée par Luc : après le récit de la conversion de Saul, appelé à être témoin du Christ parmi les nations, nous avons ici celle de Corneille, porte d’entrée de ce champ missionnaire à la hauteur de l’homme que le Seigneur venait d’appeler à Lui pour ce but.

Corneille : identité, personnalité :

Bien qu’étant appelé à devenir pour tous les temps le symbole de l’ouverture au salut de Dieu du monde païen, Corneille n’est pas pour autant n’importe quel païen. S’il n’est pas encore converti à Jésus-Christ, Luc lui rend le témoignage qu’il l’est déjà, profondément, sincèrement, à Dieu. S’il n’est pas juif, on peut sans aucune exagération dire que, pour beaucoup de juifs, il peut être pris et vu comme un modèle d’obéissance, d’engagement et de soumission à Dieu. Très clairement, pour Corneille, le Dieu d’Israël est le seul vrai Dieu et Sa Parole (Ses lois), l’expression de Sa volonté. S’il ne connaissait pas encore Christ, l’Ecriture témoigne du fait que Corneille était plus qu’un homme religieux. Il entretenait déjà avec Dieu, suivant la lumière qu’il avait reçue, une relation véritable, intime, personnelle. A travers lui, nous sont ainsi soulignées toute la sagesse et la délicatesse de Dieu qui, voulant manifester aux croyants d’origine juive que la porte du salut est désormais aussi ouverte aux païens fera le choix du "plus juif" d’entre eux pour en faire le premier converti à Christ. Notons encore que ce n’est pas à n’importe quel moment que Corneille reçut la visite de l’ange qui lui donna l’ordre de se rendre chez Simon, le tanneur, pour aller chercher Simon Pierre : Corneille, selon le témoignage qu’il rendra plus tard, était à ce moment-là dans la prière : 10,30.

Enseignements :

Le 1er point d’enseignement que nous pouvons retirer du choix de Corneille par Dieu est peut-être que la première étape par laquelle passe la conversion d’un païen à Dieu est son adhésion à la foi en un Dieu unique révélé dans l’Ecriture. Tout le message de l’Evangile et le témoignage de Christ reposent sur ces postulats. Il apparaît donc comme inévitable que, d’une façon ou d’une autre, le païen qui vient à Christ passe, philosophiquement au moins, par l’adhésion au concept de Dieu tel qu’il est défini par l’Ecriture.

Le second point (il sera le point principal découvert par Pierre lorsqu’il rencontrera Corneille) est que, Dieu connaissant le coeur de chaque homme, Il ne laissera aucun homme sincère dans la recherche de Sa personne, mais ignorant, sans réponse. Dieu, dit l’ange à Corneille, s’est souvenu de ses prières (élément nommé en tête) et de ses actes de compassion. C’est en réponse à ceux-ci, dit-il, qu’il vient pour lui indiquer par Pierre le moyen par lequel il peut être sauvé. Quelle que soit l’apparence de l’homme qui est devant nous, Dieu connaît la réalité qui se trouve derrière elle, les motivations profondes qui l’habitent et qui font qu’il est ce qu’il est. C’est en fonction d’elles, et non sur la base d’autres critères, qu’Il agit. Que Dieu nous donne de rencontrer aujourd’hui encore de nombreux autres Corneille, préparé pour le salut !

lundi 1 septembre 2008

Actes 9,32 à 43


Texte biblique

Comme Pierre visitait tous les saints, il descendit aussi vers ceux qui demeuraient à Lydde. Il y trouva un homme nommé Enée, couché sur un lit depuis huit ans, et paralytique. Pierre lui dit : Enée, Jésus–Christ te guérit ; lève–toi, et arrange ton lit. Et aussitôt il se leva. Tous les habitants de Lydde et du Saron le virent, et ils se convertirent au Seigneur. Il y avait à Joppé, parmi les disciples, une femme nommée Tabitha, ce qui signifie Dorcas : elle faisait beaucoup de bonnes œuvres et d’aumônes. Elle tomba malade en ce temps–là, et mourut. Après l’avoir lavée, on la déposa dans une chambre haute. Comme Lydde est près de Joppé, les disciples, ayant appris que Pierre s’y trouvait, envoyèrent deux hommes vers lui, pour le prier de venir chez eux sans tarder. Pierre se leva, et partit avec ces hommes. Lorsqu’il fut arrivé, on le conduisit dans la chambre haute. Toutes les veuves l’entourèrent en pleurant, et lui montrèrent les tuniques et les vêtements que faisait Dorcas pendant qu’elle était avec elles. Pierre fit sortir tout le monde, se mit à genoux, et pria ; puis, se tournant vers le corps, il dit : Tabitha, lève–toi ! Elle ouvrit les yeux, et ayant vu Pierre, elle s’assit. Il lui donna la main, et la fit lever. Il appela ensuite les saints et les veuves, et la leur présenta vivante. Cela fut connu de tout Joppé, et beaucoup crurent au Seigneur. Pierre demeura quelque temps à Joppé, chez un corroyeur nommé Simon.

Réflexion

Guérison d’Enée et résurrection de Dorcas :

Si le Seigneur venait, dans la personne de Saul de Tarse, de se doter d’un nouvel instrument de choix, Il ne délaissait pas pour autant les hommes qu’Il s’était choisi dès le début, Ses apôtres. Après le récit de la conversion de Saul, Luc nous ramène à Pierre et aux oeuvres puissantes que le Seigneur accomplissait à travers lui dans tout le pays d’Israël. Deux hauts faits marquants nous sont rapportés ici :

1) la guérison d’Enée, paralysé, grabataire depuis 8 ans. Rempli de l’assurance et de l’autorité dont il fit preuve à l’égard de l’infirme de la Belle Porte (chapitre 3), Pierre annonça d’avance à Enée ce que le Seigneur voulait faire avec lui. Puis, sur la base de cette promesse, il lui demanda de manifester qu’il prêtait foi en Sa parole en se levant sur le champ. Le miracle de la guérison d’Enée est ainsi la reproduction à l’identique, si ce n’est la différence des cas, de celle opérée par Jésus à Béthesda.

Notons ici trois choses marquantes en lien avec ce miracle :

- Pierre est clair quant à l’auteur de la guérison. C’est Jésus-Christ qui guérit et non lui. Pierre ne s’attribue aucun pouvoir et ne cherche à ramener aucune gloire pour lui-même. Il travaille à ce que, à ce sujet, il n’y ait dans l’esprit des gens aucune ambiguïté. C’est face au Seigneur et au témoignage de la réalité de sa puissance et de sa résurrection que les gens doivent être placés, non face à lui. Pierre n’a pas pour but d’être encensé, mais que le nom de Jésus-Christ seul soit élevé.

- La guérison obtenue est patentée, incontestable, visible, immédiatement vérifiable. Elle n’est pas suggérée, subjective, psychique, mais prouvée, physique et objective. Rien n’est plus discréditant aux yeux de la science que le témoignage de guérisons qui n’en sont pas... parce que le mal dont les personnes souffrent est davantage dans leur esprit que dans leurs corps.

- La conséquence du témoignage rendu de manière significative par la guérison d’Enée fut un mouvement général de conversions dans son entourage. Le but que Dieu cherche à atteindre est le salut des âmes, non la guérison des corps.

2) la résurrection de Dorcas :

Si les actions de Dieu dans la vie d’Enée et de Dorcas se suivent, leur situation au moment de cette action ne se ressemble pas. Alors que nous ne savons rien de la situation spirituelle d’Enée avant le passage de Pierre, Dorcas était, quant à elle, reconnue comme un disciple véritable de Christ, une femme active, engagée, portant de nombreux fruits au travers d’oeuvres bonnes et de multiples actes de compassion et de service pour ses frères dans la foi. De même, alors que, semble-t-il, ce soit Pierre qui ait croisé le chemin d’Enée, peut-être dans la rue, et pris l’initiative d’aller vers lui pour le guérir au nom de Jésus-Christ, ici ce sont les croyants qui, à la nouvelle de la présence de l’apôtre dans les environs, font la démarche d’aller vers lui pour solliciter sa venue. Enfin, alors qu’Enée était paralysé, Dorcas était, quant à elle, déjà décédée, une situation autrement désespérée. Un autre point divergent se trouve également dans la façon d’agir de Pierre envers les deux personnes. Alors que dans le cas d’Enée, semble-t-il, le miracle s’opère à la vue de tous, Pierre agit en catimini, dans le secret le plus complet pour traiter de la situation de Dorcas. De plus, alors que dans le cas d’Enée, Pierre, semble-t-il, ordonne et ne prie pas, dans le cas de Dorcas, il commence d’abord par prier, puis il ordonne.

De ces deux manières d’agir, que pouvons-nous apprendre :

- d’abord, un principe : celui de la libre souveraineté de Dieu pour agir comme Il l’entend. L’expérience des uns n’est pas transposable dans celle des autres. Pour chacun, Dieu a une façon d’agir différente, qui lui est propre. Ce serait ainsi une erreur grave de penser que parce que Dieu a agi d’une certaine manière ici, Il le fera à l’identique là.

- ensuite, le fait que Dieu n’agisse pas de la même manière selon que l’on se trouve dans le cadre de l’évangélisation ou celui de l’église. Dans le cas d’Enée, la guérison avait un double objet : toucher Enée, mais à travers lui, manifester le témoignage de Jésus-Christ ressuscité. Le caractère visible et publique de la guérison était donc justifié. Dans le cas de Dorcas, l’objectif n’était pas le témoignage du Christ ressuscité, mais le bien de l’Eglise, privée subitement de l’un de ses meilleurs membres bienfaiteurs. Une action publique ne s’imposant pas, Pierre préféra agir dans le secret.

- enfin, on peut aussi penser que si, instinctivement, Pierre eut par le Saint-Esprit la conviction immédiate de ce qu’il devait faire dans le cas d’Enée, il n’en était pas de même pour Dorcas. Rappelons-le : dans le cas d’Enée, c’est lui qui prend l’initiative de l’action; dans celui de Dorcas, il agit sur invitation. Il était donc ici confronté à une attente et une espérance avec une question supplémentaire pour lui : cette espérance était-elle celle à laquelle Dieu voulait répondre et magnifier ainsi Son nom. De plus, la guérison faisait partie des expériences courantes de l’apôtre. En ce qui concerne Dorcas, il devait se trouver dans une situation d’extrémité inédite qui réclamait une mesure de foi beaucoup plus grande. D’où la nécessité pour lui de chercher plus instamment la face du Seigneur pour connaître et discerner Sa pensée dans la situation.

Dans les deux cas, et c’est le point sur lequel il y a convergence, l’action puissante de Dieu contribua à ce que le nom du Seigneur soit manifesté avec puissance dans la région. Que ce soit dans le cadre de l’église ou dans la rue, ce que Dieu fait dans les vies qu’Il change et restaure, ne passe pas inaperçu.

Que le Seigneur nous donne ainsi la sagesse dont nous avons besoin dans chaque situation, particulièrement lorsque nous sommes conduits à agir sur demande !

dimanche 31 août 2008

Actes 9,19 à 31

Texte biblique

Et aussitôt il prêcha dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieu. Tous ceux qui l’entendaient étaient dans l’étonnement, et disaient : N’est–ce pas celui qui persécutait à Jérusalem ceux qui invoquent ce nom, et n’est–il pas venu ici pour les emmener liés devant les principaux sacrificateurs ? Cependant Saul se fortifiait de plus en plus, et il confondait les Juifs qui habitaient Damas, démontrant que Jésus est le Christ. Au bout d’un certain temps, les Juifs se concertèrent pour le tuer, et leur complot parvint à la connaissance de Saul. On gardait les portes jour et nuit, afin de lui ôter la vie. Mais, pendant une nuit, les disciples le prirent, et le descendirent par la muraille, dans une corbeille. Lorsqu’il se rendit à Jérusalem, Saul tâcha de se joindre à eux ; mais tous le craignaient, ne croyant pas qu’il fût un disciple. Alors Barnabas, l’ayant pris avec lui, le conduisit vers les apôtres, et leur raconta comment sur le chemin Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et comment à Damas il avait prêché franchement au nom de Jésus. Il allait et venait avec eux dans Jérusalem, et s’exprimait en toute assurance au nom du Seigneur. (9–29) Il parlait aussi et disputait avec les Hellénistes ; mais ceux–ci cherchaient à lui ôter la vie. Les frères, l’ayant su, l’emmenèrent à Césarée, et le firent partir pour Tarse. L’Eglise était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie, s’édifiant et marchant dans la crainte du Seigneur, et elle s’accroissait par l’assistance du Saint–Esprit.

Réflexion

Les premiers jours de la vie nouvelle de Saul :

Saul ayant été l’un des adversaires les plus acharnés de la communauté nouvelle habitée par la foi en Christ, le changement opéré en lui par le retournement spirituel qu’il vécut se manifesta dès les jours qui le suivirent. Venu pour arrêter les disciples de Christ à Damas, le voici maintenant qui se retrouve au milieu d’eux pour annoncer avec eux le message qu’il s’efforçait auparavant de combattre et de détruire. Ce revirement brutal et total ne tarda pas à faire lever contre sa personne une forte opposition, opposition qui,à l’instar de celle vécue par son nouveau Maître avant lui, ira jusqu’au complot et au projet d’assassinat contre lui. Mais le temps n’était pas pour Saul à la mort et au sacrifice, mais au témoignage. A deux reprises, à Damas puis à Jérusalem, Saul devra son salut à la fuite.

Saul n’eut, dans les premiers jours de sa nouvelle vie, cependant pas à se battre seulement contre la colère des alliés de son ancien camp. Il dut aussi affronter la méfiance de ses nouveaux, sceptiques et incrédules quant à la réalité du changement opéré en lui par l’Esprit de Christ. Il fallut ainsi l’engagement et toute la force de persuasion d’un Barnabas pour convaincre les disciples de Jérusalem de recevoir Saul comme il se doit. Le passé anti-chrétien de certains peut ainsi tellement leur coller à la peau qu’il faut à la communauté chrétienne un pas de foi en la capacité de Christ pour croire au changement qu’il est capable d’opérer dans la vie d’un homme. Que le Seigneur nous donne de croire à la puissance de transformation de Son Esprit dans les coeurs. Béni soit Dieu pour les miracles qu’Il est aujourd’hui capable d’opérer dans les vies à la louange de la gloire de Son nom. Glorifie, magnifie Ton nom, ô Dieu, par des vies changées !

A peine enfanté à la vie nouvelle, Saul se révèle être un instrument puissant et efficace entre les mains du Seigneur. Il se met à proclamer le Christ : v 20, il confond les Juifs qui sont à Damas en démontrant que Jésus est le Christ annoncé dans les Ecritures (alors qu’il était venu au départ pour la mission inverse : aider les juifs à combattre la doctrine nouvelle qui se répandait comme une traînée de poudre), il s’exprime avec assurance au nom du Seigneur, parle et débat avec tous.... Dès les premiers jours de sa vie avec Christ, Saul manifeste les signes de la vocation particulière qui est la sienne. Homme d’une forte culture, imprégné de la connaissance des Ecritures, il peut directement être un outil utile et efficace pour le Saint-Esprit. Saul démontre une fois de plus également que le premier ministère dans l’ordre d’importance que le Saint-Esprit donne aux disciples de Christ, et plus particulièrement à ceux qu’Il met à part pour être Ses serviteurs et Ses témoins dans le monde, est le ministère de la Parole. Que le Seigneur donne, accorde de nouveaux Saul, des serviteurs de Dieu puissants à Son service !

samedi 30 août 2008

Actes 9,1 à 19


Texte biblique

Cependant Saul, respirant encore la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur, se rendit chez le souverain sacrificateur, et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il trouvait des partisans de la nouvelle doctrine, hommes ou femmes, il les amenât liés à Jérusalem. Comme il était en chemin, et qu’il approchait de Damas, tout à coup une lumière venant du ciel resplendit autour de lui. Il tomba par terre, et il entendit une voix qui lui disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutes–tu ? Il répondit : Qui es–tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes. Il te serait dur de regimber contre les aiguillons. Tremblant et saisi d’effroi, il dit : Seigneur, que veux–tu que je fasse ? Et le Seigneur lui dit : Lève–toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire. Les hommes qui l’accompagnaient demeurèrent stupéfaits ; ils entendaient bien la voix, mais ils ne voyaient personne. Saul se releva de terre, et, quoique ses yeux fussent ouverts, il ne voyait rien ; on le prit par la main, et on le conduisit à Damas. Il resta trois jours sans voir, et il ne mangea ni ne but. Or, il y avait à Damas un disciple nommé Ananias. Le Seigneur lui dit dans une vision : Ananias ! Il répondit : Me voici, Seigneur ! Et le Seigneur lui dit : Lève–toi, va dans la rue qu’on appelle la droite, et cherche, dans la maison de Judas, un nommé Saul de Tarse. Car il prie, et il a vu en vision un homme du nom d’Ananias, qui entrait, et qui lui imposait les mains, afin qu’il recouvrât la vue. Ananias répondit : Seigneur, j’ai appris de plusieurs personnes tous les maux que cet homme a faits à tes saints dans Jérusalem ; et il a ici des pouvoirs, de la part des principaux sacrificateurs, pour lier tous ceux qui invoquent ton nom. Mais le Seigneur lui dit : Va, car cet homme est un instrument que j’ai choisi, pour porter mon nom devant les nations, devant les rois, et devant les fils d’Israël ; et je lui montrerai tout ce qu’il doit souffrir pour mon nom. Ananias sortit ; et, lorsqu’il fut arrivé dans la maison, il imposa les mains à Saul, en disant: Saul, mon frère, le Seigneur Jésus, qui t’est apparu sur le chemin par lequel tu venais, m’a envoyé pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli du Saint–Esprit. Au même instant, il tomba de ses yeux comme des écailles, et il recouvra la vue. Il se leva, et fut baptisé ; et, après qu’il eut pris de la nourriture, les forces lui revinrent. Saul resta quelques jours avec les disciples qui étaient à Damas.

Réflexion

Conversion de Saul de Tarse :

S’il est une conversion qui démontre que son vécu est le résultat de l’oeuvre de Dieu dans une vie, c’est bien celle de Saul. Car c’est alors qu’il était rempli de colère, de haine et de projets contre les disciples de Christ que, par une intervention personnelle et surnaturelle, Celui-ci va l’arrêter et opérer dans sa vie un retournement radical. En route pour Damas, muni de mandats signés par le grand-prêtre l’autorisant à mener à bien ses sombres projets, c’est tremblant, désarçonné, confus, aveugle qu’il va entrer dans la ville, semblable à un handicapé, incapable de pouvoir se guider seul dans les rues de la cité. Au-delà des effets physiques qu’eut sur Saul la révélation de Christ, c’est d’abord et surtout intérieurement, dans son âme et son esprit, qu’eut lieu le plus grand écroulement. D’où ce délai de trois jours dans les ténèbres pour amener Saul à comprendre ce qui venait de se produire et les implications que la révélation du Christ ressuscité signifiaient pour lui. Si un monde s’écroulait, un autre se formait. Si la cause à laquelle il avait cru et pour laquelle il avait vécu jusqu’au fanatisme s’avérait fausse, la vérité se révélait à lui et allait exiger de lui qu’il vive désormais pour elle avec la même fougue, la même passion. Ce délai de 3 jours pour faire le deuil de son passé n’est certainement pas, au vu de la mission et de la vocation qui lui étaient destinées, sans rapport avec les 3 jours passés par Christ dans le tombeau pour le péché, son péché. Trois jours par lesquels se feront, en Christ, le passage entre l’ancienne et la nouvelle Alliance; 3 jours au travers desquels Paul passera du judaïsme au christianisme. Au vu de sa vocation future, la similarité de l’expérience vécue par Paul lors de sa conversion avec celle de Christ n’est-elle pas, dès sa genèse, l’illustration du message dont il sera le porteur pour toutes les générations à venir de croyants : le message de notre unité et de notre parfaite identification en Christ, de notre baptême avec Lui ? Rien dans la vie et l’expérience des hommes que Dieu choisit pour être Ses témoins ne relève du hasard : tout est message et sens ! Que cela le soit aussi pour moi, ô Dieu !

Avec la révélation de Christ et le passage du judaïsme au christianisme, Paul va vivre, sur le plan personnel, un second changement tout aussi important, si ce n’est plus encore, que le premier. Alors que jusque là, dans sa vie présente, Paul menait sa vie comme il l’entendait, pensant savoir en tant que juifs religieux et zélé ce qu’il devait faire, Dieu le réduit, au travers d’un handicap momentané, à la dépendance d’autrui pour trouver son chemin. Plus encore, sur le plan de sa liberté d’action, Dieu lui dit que le temps où il dirigeait sa vie selon ce qui lui semblait bon est révolu. Désormais, c’est à d’autres qu’il doit s’en remettre pour ses premiers pas dans sa nouvelle vie. Paul est ainsi, par la révélation de Christ, doublement frappé d’aveuglement : d’une part ses yeux ne voient plus, mais sa raison aussi est obscurcie. C’est des autres qu’il recevra la lumière lui permettant de faire ses pas sur le nouveau chemin.

Cette école dans laquelle le Seigneur fait entrer Paul est aussi une école nécessaire pour nous. Aucun d’entre nous ne peut prétendre être un autodidacte dans la vie avec le Seigneur. Si nous avons reçu le Saint-Esprit qui, certes, nous enseigne directement, Celui-ci ne nous poussera jamais à nous affranchir des autres et des lumières qu’Il leur a communiqué pour notre formation et notre enrichissement. C’est pourquoi aussi les premiers hommes que Dieu place sur notre chemin ont une importance si grande et si décisive pour notre avenir. Car c’est par eux que Dieu place les premiers jalons nous permettant de nous orienter dans ce chemin sur lequel nous n’avons pas encore marché.

Aussi la question que chacun doit se poser en tant qu’aîné dans la foi par rapport à d’autres plus jeunes, est la suivante : quel message ma vie transmet ? Quelle préoccupation ? Quel fardeau, Quelle priorité ? Est-ce la vie ici-bas ? La famille, les enfants, le bien-être ? Ou les priorités du royaume de Dieu : le salut des âmes, le témoignage collectif, notre présence en tant que témoins dans le monde... ? Sans doute Paul est-il un instrument particulier dans l’oeuvre de Dieu. Aucun de nous ne peut prétendre au même ministère que Lui. Mais les trois axes de la vocation de Paul, décrits par le Seigneur à Ananias, sont en partie vrais aussi pour chaque chrétien. Notre vocation est :

- de porter haut et fort le nom de Christ devant le monde, autrement dit d’être Ses témoins. A ce sujet, rappelons que le vécu seul ne suffit pas à satisfaire les exigences de cette vocation. Notre témoignage doit se faire entendre oralement

- notre place n’est pas d’être hors du monde, mais bien dans le monde, non replié sur nous-mêmes confortablement installé dans notre ghetto, mais au contact et dans la confrontation directe, permanente avec les incroyants. Si c’est le devoir du chrétien, ça l’est encore davantage du missionnaire qui doit se refuser à chercher la sécurité et doit brûler au fond de lui pour le salut des autres.

- de souffrir pour Christ. Comme le Christ a souffert comme étranger et voyageur dans le monde, le disciple de Christ ne doit pas penser autrement qu’en termes de souffrance la condition qui sera la sienne dans ce monde. La souffrance ne sera pas forcément physique, mais elle sera au moins morale. Souffrance de celui qui aime les autres d’un amour neuf, mais est incapable de les convaincre de la nécessité de croire au Sauveur auquel il a lui-même cru. Souffrance de voir le Seigneur qu’il aime rejeté toujours aussi massivement et cruellement. La souffrance étant une composante incontournable de notre vie de disciple de Christ dans le monde, la question se pose : ai-je intégré ce principe au coeur de ma nouvelle vie, ou, au contraire, ai-je tout fait pour l’évacuer me protégeant, moi et les miens, de tout ce qui pourrait porter atteinte à notre bonheur.

Au sujet de la souffrance de Jésus, l’auteur de l’épître aux hébreux donne en Hébr 13,12, un détail intéressant : c’est hors de la porte de la ville que Jésus a souffert, exposé sans protection aux regards de tous. Sommes-nous prêts à sortir hors des limites de ce que Georges Verwer a appelé notre zone de confort pour souffrir pour Christ, d’être ainsi exposé comme témoin au vu et au su de tous ?

C’est enfin à un disciple des plus anonymes, Ananias, que le Seigneur va confier la mission de prier pour Saul et de lui redonner la lumière. Démarche également significative qui donnera à Paul d’entrer dès le début dans la nouvelle configuration dans laquelle il doit désormais apprendre à vivre : l’église. Paul apprend ici la nécessité de l’interdépendance et du besoin des autres pour être ce qu’il doit être. Aucun de nous, je le répète, ne se forme dans le Seigneur en autodidacte. J’ai besoin de l’apport et de l’influence des autres, de ceux que Dieu envoie vers moi et place autour de moi pour devenir ce qu’Il veut que je sois. Penser que je peux trouver seul le chemin du Seigneur pour moi, sans l’apport et le conseil avisé des autres est présomption et pure folie. Que le Seigneur donne à chacun de nous l’humilité nous rendant apte à être conduit et enseigné par Lui.

vendredi 29 août 2008

Actes 8,18 à 24

Texte biblique

Lorsque Simon vit que le Saint–Esprit était donné par l’imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l’argent, en disant : Accordez–moi aussi ce pouvoir, afin que celui à qui j’imposerai les mains reçoive le Saint–Esprit. Mais Pierre lui dit : Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s’acquérait à prix d’argent ! Il n’y a pour toi ni part ni lot dans cette affaire, car ton cœur n’est pas droit devant Dieu. Repens–toi donc de ta méchanceté, et prie le Seigneur pour que la pensée de ton cœur te soit pardonnée, s’il est possible ; car je vois que tu es dans un fiel amer et dans les liens de l’iniquité. Simon répondit : Priez vous–mêmes le Seigneur pour moi, afin qu’il ne m’arrive rien de ce que vous avez dit.

Réflexion

Où l’on reparle de Simon le magicien :

C’est de Simon le magicien que, pour les siècles à venir, est née l’expression simonie, expression qui définit l’acte qui consiste à faire des biens spirituels un objet de trafic et d’enrichissement personnel. C’est de l’épisode relaté ici qu’est née cette expression s’appliquant à tous ceux qui, après Simon, feront des choses de Dieu un produit de commerce. Des siècles après l’incident rapporté ici, incident au cours duquel Simon se voit sévèrement repris par l’apôtre Pierre pour avoir voulu acheter des apôtres le pouvoir de donner le Saint-Esprit à qui voulait, le comble sera atteint par l’église catholique qui, tout en se réclamant de l’apôtre Pierre, pratiquera avec le trafic des indulgences, la simonie à grande échelle. Se faisant ne prononce-t-elle pas elle-même, par la bouche de celui dont elle se revendique, sa propre condamnation ?

De cette histoire avec Simon le magicien, nous devons retenir deux choses :

- Nous devons dans notre service de Dieu être totalement au clair et pratiquer une sainte "laïcité", une séparation totale entre le domaine spirituel et le domaine financier. Jamais d’aucune manière, le service de Dieu ne doit être une cause de profit ou d’enrichissement personnel. C’est gratuitement que nous avons reçu de Dieu les biens par lesquels Il nous permet de Le connaître et de Le servir. C’est gratuitement que nous devons les donner et les partager autour de nous. Comme Jésus L’a montré par la colère qu’Il a exprimé dans le temple, Dieu punira avec sévérité quiconque utilise Son nom pour s’enrichir.

- Nous devons veiller à ne pas accorder trop tôt un statut de croyant à des hommes qui font profession avec leur bouche de croire en Christ. Toute foi qui n’est pas accompagnée, démontrée par un changement réel de mentalité est douteuse. Nous nous devons de donner à Dieu l’occasion avec le temps de manifester l’authenticité de la foi professée. Sans les fruits de la repentance, l’adhésion professée à la foi n’est que parodie. La foi qui ne conduit pas à la rupture avec la mentalité du passé n’est que mensonge.

Que le Seigneur nous donne de vivre réellement et constamment dans l’esprit de cette repentance qui, au premier jour, nous a amené à Lui. Béni soit Dieu pour le don gratuit de Son Esprit par lequel nous pouvons Le servir, Le prier, L’aimer !

jeudi 28 août 2008

Actes 8,14 à 17


Texte biblique

Les apôtres, qui étaient à Jérusalem, ayant appris que la Samarie avait reçu la parole de Dieu, y envoyèrent Pierre et Jean. Ceux–ci, arrivés chez les Samaritains, prièrent pour eux, afin qu’ils reçussent le Saint–Esprit. Car il n’était encore descendu sur aucun d’eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent le Saint–Esprit.

Réflexion

L’Esprit-Saint est donné aux samaritains :

Curieusement, alors que les samaritains avaient cru et s’étaient même faits baptisés au nom de Jésus, ils n’avaient, semble-t-il pas encore reçu le Saint-Esprit. Cette particularité a une raison. Alors que nous sommes au début seulement de la vie de l’Eglise, il semble que jusqu’à présent seuls des juifs avaient cru en Jésus et bénéficié du don du saint-Esprit, promis à tous ceux qui auraient foi en ce qu’Il est. Or ici, l’Evangile franchit une première frontière. Il déborde de la stricte sphère juive pour s’implanter dans un groupe proche des juifs, mais aussi méprisés par eux : les samaritains. Il fallait donc pour valider ce pas en avant de l’Evangile et, en même temps, le rattacher à ce qui s’était passé précédemment, un acte officiel qui en garantisse à la fois l’authenticité et la crédibilité. C’est ce qui se passa ici et la raison pour laquelle la venue de Pierre et Jean fut nécessaire pour que, de la part de Dieu, le Saint-Esprit soit accordé à ces nouveaux croyants en Jésus juifs, pourrait-on dire, à 50%. La venue de Pierre et Jean, au travers de qui le Saint-Esprit était donné, soulignait la continuité et l’unité de l’oeuvre de Dieu dans les différents sphères sociétales dans lesquelles elle se manifestait.

La venue de Pierre et Jean avait aussi une autre raison. Elle était liée à l’accomplissement d’une promesse faite par Jésus à Pierre dans l’Evangile, promesse selon laquelle, puisqu’il était le premier à avoir reconnu en Lui le Fils de Dieu, il lui serait donné le pouvoir des clés, le pouvoir d’ouvrir les portes du royaume de Dieu aux croyants : Matthieu 16,19.

Il serait faux, à partir de l’expérience des samaritains, de tirer des conclusions d’ordre théologique sur la manière et le temps selon lesquels le Saint-Esprit est donné. Qui croit aujourd’hui en Jésus comme son Sauveur n’a pas à attendre la venue d’un apôtre particulier pour recevoir le Saint-Esprit. Les raisons qui ont poussé le Seigneur à agir ici de cette façon ne présupposent pas que celles-ci soient désormais normatives. Le but de Luc dans le livre des actes n’est pas de tracer une ligne théologique, mais de rendre compte de la façon avec laquelle l’ordre donné par Jésus au début du livre s’est accompli. Aller au-delà de l’intention de l’auteur, c’est inévitablement courir le risque de tirer des conclusions théologiques erronées. Ce sont les conditions spirituelles (repentance et foi en Jésus) pour la réception du Saint-Esprit qui doivent être respectées pour que les croyants en bénéficient, les circonstances particulières pouvant varier.

Que le Seigneur nous donne d’être sage et équilibré dans tout ce que nous enseignons !