mardi 16 septembre 2008

Actes 13,4 à 12


Texte biblique

Barnabas et Saul, envoyés par le Saint–Esprit, descendirent à Séleucie, et de là ils s’embarquèrent pour l’île de Chypre. Arrivés à Salamine, ils annoncèrent la parole de Dieu dans les synagogues des Juifs. Ils avaient Jean pour aide. Ayant ensuite traversé toute l’île jusqu’à Paphos, ils trouvèrent un certain magicien, faux prophète juif, nommé Bar–Jésus, qui était avec le proconsul Sergius Paulus, homme intelligent. Ce dernier fit appeler Barnabas et Saul, et manifesta le désir d’entendre la parole de Dieu. Mais Elymas, le magicien, –car c’est ce que signifie son nom, –leur faisait opposition, cherchant à détourner de la foi le proconsul. Alors Saul, appelé aussi Paul, rempli du Saint–Esprit, fixa les regards sur lui, et dit : Homme plein de toute espèce de ruse et de fraude, fils du diable, ennemi de toute justice, ne cesseras–tu point de pervertir les voies droites du Seigneur ? Maintenant voici, la main du Seigneur est sur toi, tu seras aveugle, et pour un temps tu ne verras pas le soleil. Aussitôt l’obscurité et les ténèbres tombèrent sur lui, et il cherchait, en tâtonnant, des personnes pour le guider. Alors le proconsul, voyant ce qui était arrivé, crut, étant frappé de la doctrine du Seigneur.

Réflexion

Barnabas et Saul à Chypre :

Quittant Antioche, Barnabé et Saul se rendirent à Chypre, accompagné de Jean (Marc), envoyés par l’Esprit Saint. 3 remarques s’imposent à la lecture du récit de ce départ en mission :

. comme déjà vu, ce ne sont pas des hommes, ni sur le coup d’un désir ou d’une volonté humaine, que se prit, pour Barnabas et Saul, la décision de quitter leur église d’attache pour partir au service de Dieu vers l’inconnu. Mais c’est poussé par l’Esprit Saint et conduit par lui que les deux serviteurs de Dieu se sont mis en route. En ce sens, l’appel de Dieu au service suit le même principe que celui qui est à l’origine de la nouvelle naissance : Jean 1,12-13. Un principe que Paul ne cessera de rappeler dans les textes d’introduction de ses lettres où il se présente en tant que serviteur de Dieu.

. bien qu’envoyé en terre païenne, Paul et Barnabas restent fidèles au principe selon lequel c’est d’abord au peuple choisi par Dieu, les juifs, que s’adresse en priorité le message de l’Evangile : Rom 1,16.

. si l’appel à la mission a été clairement formulé pour Barnabas et Saul, la question se pose s’il était juste et conforme à la pensée de Dieu de prendre aussi Jean. Y a-t-il eu dans cette décision l’ingérence d’un élément humain et sentimental du même ordre que celui qui fit que Loth partit, au moment de son appel, avec son oncle Abram ? La suite du récit et les conséquences fâcheuses que cet accompagnement aura dans la collaboration entre les deux hommes peuvent le laisser à penser.

Attention donc dans l’oeuvre de Dieu de ne pas laisser mêler paille et froment, sentiment personnel et conviction venant de l’Esprit. Que le Seigneur nous donne la conviction claire de Sa pensée pour chacun qui rejoint l’oeuvre.

Confrontation :

Alors que nous annonçons l’Evangile, ce ne sont pas toujours les personnes que l’on croit qui vont être les outils au travers desquels s’ouvrent les portes du royaume des cieux pour les coeurs. Le récit du vécu de Paul et Barnabas à Chypre en est un témoignage vivant. Contre toute attente, en effet, l’homme-clé du succès de la mission des apôtres dans l’île fut leur plus fort opposant, Elymas, faux prophète juif, attaché au proconsul Sergius Paulus qui gouvernait le territoire. Nous ne savons comment, mais, semble-t-il, c’est au travers de lui que la curiosité éveillée du proconsul le poussa à faire venir dans sa maison pour les entendre les deux serviteurs de Christ. Là, cependant, tout ne se passa pas comme sur des roulettes. Paul et Barnabas durent faire face à l’opposition diabolique du mage qui ne cessait de contredire leurs paroles et d’éviter que le proconsul adhère à leur message. Mais il en fallait plus pour arrêter l’Evangile. Aussi, rempli du Saint-Esprit et prenant autorité sur la puissance qui agissait dans le faux prophète, Paul prononça contre Elymas un jugement divin punitif qui eut un effet immédiat. Dès lors, convaincu et saisi par la puissance du témoignage rendu à la gloire de Dieu, le proconsul devint croyant.

4 conclusions à ce récit :

- les serviteurs de Satan peuvent, par la puissance de Dieu, être parfois les meilleurs outils pour la cause de l’Evangile
- la réussite de notre mission et le secret de l’autorité spirituelle tient à la plénitude de l’Esprit, condition nécessaire de l’exercice de tout ministère au service de Christ
- nous ne sommes pas obligés de laisser l’ennemi faire ce qu’il veut. En Christ, nous avons l’autorité de le faire taire et de le rendre confus. L’ennemi n’a pas à imposer sa loi sur le Seigneur ou Ses serviteurs.
- Même si la foi vient de ce que l’on entend et ce que l’on entend de la parole de Christ, la prédication de notre Evangile doit aussi être une démonstration d’Esprit et de puissance, pour que ceux qui entendent, voient aussi la puissance de Dieu en action (surtout dans un contexte teinté d’occultisme).

lundi 15 septembre 2008

Actes 13,1 à 3

Texte biblique

Il y avait dans l’Eglise d’Antioche des prophètes et des docteurs : Barnabas, Siméon appelé Niger, Lucius de Cyrène, Manahen, qui avait été élevé avec Hérode le tétrarque, et Saul. Pendant qu’ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu’ils jeûnaient, le Saint–Esprit dit : Mettez–moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains, et les laissèrent partir.

Réflexion

Envoi en mission de Barnabas et Saul :

1. La richesse de l’Eglise d’Antioche.

C’est de l’Eglise locale d’Antioche dans laquelle ils exerçaient un ministère d’enseignement de la Parole que Barnabas et Saul, appelé par le Saint-Esprit, furent envoyés en mission. Luc commence ici le récit de ce premier voyage missionnaire en décrivant le contexte spirituel dans lequel cet appel de Dieu eut lieu pour les deux hommes. Il souligne ainsi :

- la richesse de l’église locale d’Antioche abritant plusieurs prophètes et docteurs en son sein. Il y a peut-être là l’énumération d’un principe selon lequel lorsque trop de personnes qualifiées et compétentes sont dans un même lieu, il est bon que plusieurs d’entre elles le quittent pour être source de bénédiction ailleurs. Remarquons aussi ici que les dons des uns et des autres étaient clairement définis et identifiés.

- le contexte spirituel de l’appel. Il eut lieu lors d’un moment de culte, dans un contexte de consécration et de disponibilité des coeurs à la réception de la voix de Dieu. Notons ici que ce ne sont pas les hommes, mais le Saint-Esprit qui, clairement, a fait entendre Sa voix et exprimé la pensée et la volonté de Dieu pour Barnabas et Saul. Le groupe de responsables de l’église n’a fait ensuite que valider cet appel en leur imposant les mains, signe de leur plein assentiment et identification avec eux dans ce nouveau ministère auquel Dieu les appelait

- la nature de la vocation : être à part pour l’oeuvre particulière à laquelle Dieu les appelle. Une vocation porte toujours en elle la marque d’un destin ou d’une oeuvre particulière et personnelle. L’homme appelé par Dieu ne foule pas un chemin déjà foulé, mais, d’une certaine façon, entre dans une voie neuve où, peut-être, personne n’a jamais marché avant lui. Il suit un chemin à part qui est le chemin spécifique de Dieu pour lui, chemin qui est la conséquence de Son appel.

Que le Seigneur me donne une conscience claire de l’appel qui est le mien à Son service ! Eternel ! Fais-moi connaître tes voies, enseigne-moi tes sentiers !

jeudi 11 septembre 2008

Actes 12


Texte biblique

Cependant la parole de Dieu se répandait de plus en plus, et le nombre des disciples augmentait. Barnabas et Saul, après s’être acquittés de leur message, s’en retournèrent de Jérusalem, emmenant avec eux Jean, surnommé Marc.

Réflexion

Etat de l’Eglise :

Pour la 3ème fois (Actes 6,7; 9,31; 12,24), Luc fait ici, dans le livre des Actes, le point sur la situation spirituelle de l’Eglise. Le premier point est fait après la première arrestation des apôtres (seconde pour Pierre et Jean) par le sanhédrin. Malgré les efforts entrepris pour interdire aux apôtres l’annonce de l’Evangile, la parole se répand et le nombre des disciples augmente et se multiplie. Le second point est fait après la persécution plus large menée par Saul de Tarse, suivie de sa conversion : l’Eglise, conclut Luc, est en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie. Elle se construit, non dans la crainte des représailles, mais celle du Seigneur et se multiplie par l’encouragement suscité, non par les disciples, mais par l’Esprit-Saint. Ici, le 3ème point fait par Luc sur la situation et l’état de l’Eglise, intervient juste après l’épisode court de la répression initiée par Hérode. La conclusion est une fois de plus la même : la parole de Dieu se répand et progresse.

Alors qu’on aurait pu s’attendre au découragement, à l’abattement ou même à l’arrêt du mouvement missionnaire naissant, Luc fait toujours la même constatation. L’opposition à l’Evangile, la persécution de l’Eglise produit toujours le même double résultat :
- une croissance intérieure : l’Eglise progresse, se fortifie. Les croyants s’enracinent et s’attachent plus fortement à Dieu
- la multiplication à l’extérieur : le nombre des disciples, d’églises implantées, de territoires nouveaux atteints se multiplie.

Ces faits établis, Luc fait état d’une autre constatation : un tel état de fait concernant à la fois la croissance interne de l’Eglise et la multiplication ne tient en rien à une oeuvre humaine, mais à la seule action de Dieu par l’Esprit-Saint. L’oeuvre de Dieu se reconnaît en ce qu’elle porte la marque de Dieu. Les différents constats établis par Luc témoignent ainsi de la puissance de Dieu, de Sa victoire, de la réalité de la vérité de l’Evangile, de la puissance de résurrection qui l’anime, toutes réalités rendues encore davantage manifestes par l’opposition et la persécution. Aux 3 constats plus généraux établis par Luc, on pourrait encore en ajouter deux autres, plus limités dans leur impact et le cercle numérique de personnes concernées : Actes 4,31; 5,41-42, constats qui vont eux aussi dans le même sens.

Que le Seigneur me donne en Lui de connaître de Sa part le renouvellement de force qui vient de Lui pour poursuivre avec Lui ce qu’Il m’appelle à faire. Qu’ainsi, je puisse aller de l’avant et Le servir avec mes frères comme il se doit et comme il est digne de L’être.

mercredi 10 septembre 2008

Actes 12,20 à 23


Texte biblique

Hérode avait des dispositions hostiles à l’égard des Tyriens et des Sidoniens. Mais ils vinrent le trouver d’un commun accord ; et, après avoir gagné Blaste, son chambellan, ils sollicitèrent la paix, parce que leur pays tirait sa subsistance de celui du roi. A un jour fixé, Hérode, revêtu de ses habits royaux, et assis sur son trône, les harangua publiquement. Le peuple s’écria : Voix d’un dieu, et non d’un homme ! Au même instant, un ange du Seigneur le frappa, parce qu’il n’avait pas donné gloire à Dieu. Et il expira, rongé des vers.

Réflexion

Leçons :

Commencé avec Hérode, ce chapitre, consacré à la persécution, non de tous les chrétiens, mais de ceux que le Seigneur avait établi comme leaders parmi eux, se termine par Hérode. La stratégie d’Hérode contre l’Eglise diffère ainsi de celle des juifs et de Saul de Tarse. D’une certaine façon, elle est aussi plus astucieuse, plus fine, plus intelligente. Car, tandis que dans sa haine, Saul pensait à une éradication de masse, Hérode pensait quant à lui que la force du mouvement tenait dans les hommes qui étaient à sa tête. Il ne pouvait bien sûr pas savoir que la Tête véritable de l’Eglise n’était pas humaine, mais divine. Cependant sa stratégie, reprise de nombreuses fois au cours des siècles, était efficace en ce qu’elle frappait peut-être davantage les esprits et portait un coup fort au moral des autres.

Les choses étant ainsi, on comprend mieux également le pourquoi de l’action du Seigneur envers Pierre. Son but était aussi de parler de façon ironique à Hérode, de lui montrer que le véritable chef de l’Eglise était Dieu Lui-même et que, quelle que soit l’intelligence et la finesse des plans destinés à la détruire, parce qu’Il est Dieu, Dieu aurait toujours les moyens de les déjouer et d’accomplir à travers elle et les hommes qu’Il a choisi les projets qu’Il a pour elle. La délivrance était aussi un message pour Pierre et l’Eglise. Elle soulignait le fait que, quelle que soit la force de la puissance qui s’oppose à la communauté, c’est Dieu et Dieu seul qui décidait de ce qui lui arrivait et du sort des hommes qu’Il avait choisi pour être Ses témoins et serviteurs.

Mort du roi Hérode Agrippa :

Hérode, manifestement, ne tira pas de ce vécu les leçons qu’il aurait pu apprendre. S’entêtant dans son orgueil et sa colère, il retourna sa vengeance contre les siens et, dans sa folie et son inconscience, se précipita lui-même au-devant de son jugement. Il est, d’une certaine façon, une image de l’antichrist qui doit venir. Alors que, comme Hérode, il sera pris, par les foules fascinées, pour un dieu, il ne prêtera aucune attention aux nombreux signes (et les foules séduites par lui avec) démontrant son infériorité par rapport à Dieu (enlèvement de l’Eglise, délivrances miraculeuses multiples du peuple de Dieu présent, jugements dans la nature extraordinaires...). C’est alors, comme Hérode, qu’il obtiendra ce qu’il aura recherché (et derrière lui Satan), une adoration des créatures semblable à celle reçue par Dieu qu’il connaîtra en un instant une fin misérable et juste, rappelant et démontrant ce qu’il est.

Que le Seigneur nous garde de nous attribuer quoi que ce soit de la gloire qui Lui revient à Lui seul. Agir ainsi, c’est être voleur, non des biens d’un homme, mais délit beaucoup plus grave, de ceux de Dieu, le Très-Haut et le Tout-puissant.

mardi 9 septembre 2008

Actes 12,5 à 19


Texte biblique

Pierre donc était gardé dans la prison ; et l’Eglise ne cessait d’adresser pour lui des prières à Dieu. La nuit qui précéda le jour où Hérode allait le faire comparaître, Pierre, lié de deux chaînes, dormait entre deux soldats ; et des sentinelles devant la porte gardaient la prison. Et voici, un ange du Seigneur survint, et une lumière brilla dans la prison. L’ange réveilla Pierre, en le frappant au côté, et en disant : Lève–toi promptement ! Les chaînes tombèrent de ses mains. Et l’ange lui dit : Mets ta ceinture et tes sandales. Et il fit ainsi. L’ange lui dit encore : Enveloppe–toi de ton manteau, et suis–moi. Pierre sortit, et le suivit, ne sachant pas que ce qui se faisait par l’ange fût réel, et s’imaginant avoir une vision. Lorsqu’ils eurent passé la première garde, puis la seconde, ils arrivèrent à la porte de fer qui mène à la ville, et qui s’ouvrit d’elle–même devant eux ; ils sortirent, et s’avancèrent dans une rue. Aussitôt l’ange quitta Pierre. Revenu à lui–même, Pierre dit : Je vois maintenant d’une manière certaine que le Seigneur a envoyé son ange, et qu’il m’a délivré de la main d’Hérode et de tout ce que le peuple juif attendait. Après avoir réfléchi, il se dirigea vers la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, où beaucoup de personnes étaient réunies et priaient. Il frappa à la porte du vestibule, et une servante, nommée Rhode, s’approcha pour écouter. Elle reconnut la voix de Pierre ; et, dans sa joie, au lieu d’ouvrir, elle courut annoncer que Pierre était devant la porte. Ils lui dirent : Tu es folle. Mais elle affirma que la chose était ainsi. Et ils dirent: C’est son ange. Cependant Pierre continuait à frapper. Ils ouvrirent, et furent étonnés de le voir. Pierre, leur ayant de la main fait signe de se taire, leur raconta comment le Seigneur l’avait tiré de la prison, et il dit : Annoncez–le à Jacques et aux frères. Puis il sortit, et s’en alla dans un autre lieu. Quand il fit jour, les soldats furent dans une grande agitation, pour savoir ce que Pierre était devenu. Hérode, s’étant mis à sa recherche et ne l’ayant pas trouvé, interrogea les gardes, et donna l’ordre de les mener au supplice. Ensuite il descendit de la Judée à Césarée, pour y séjourner.

Réflexion

Délivrance de Pierre :

1. Circonstances

C’est alors qu’il était à la veille de comparaître devant Hérode, pendant la nuit, que, de façon miraculeuse, Pierre fut délivré par le Seigneur de sa prison. Deux remarques s’imposent sur le temps et l’état dans lequel se trouvait l’apôtre à ce moment :

- le temps : c’est dans les dernières heures précédant sa comparution que Pierre fut délivré. Tant qu’il reste du temps, il n’est jamais trop tard pour Dieu. Jusqu’au dernier moment, s’il le souhaite, Il a le pouvoir et les moyens d’agir pour faire sortir ses serviteurs de toutes les prisons et les faire échapper au sort apparemment inéluctable qui les attend. Dieu se plaît d’ailleurs souvent à agir de la sorte. Par là, Il confond ses ennemis et manifeste de façon plus éclatante Sa fidélité et Sa puissance envers les Siens.

- l’état de Pierre : on pourrait s’attendre dans la situation à trouver l’apôtre éveillé, soit inquiet, soit dans la prière, soit absorbé dans toutes sortes de réflexion. Il n’en est rien. Pierre, nous dit le texte, était endormi entre les deux soldats avec qui il était relié par des chaînes, état qui, s’il en est, prouve la paix profonde dans laquelle, intérieurement, il se trouvait.

Comment vivons-nous les moments d’angoisse et de pression forte dans lesquels nous pouvons nous trouver ? N’avons-nous pas parfois plus de mal à gérer les petites perturbations que les grandes ? Que le Seigneur nous donne en Lui la grâce de gérer nos vies à la lumière de ce qu’Il est ! Accorde-moi, ô Dieu, ce jour de demeurer en Toi, d’aimer Ta sainteté.

2. La délivrance

C’est d’une manière surnaturelle, par le moyen d’un ange, que le Seigneur, en réponse à la prière fervente de l’Eglise pour lui (v 5), fit sortir Pierre de la prison dans laquelle Hérode l’avait jeté. Leçons que nous pouvons retirer du récit que Luc nous en fait :

- 1ère leçon : la délivrance de Dieu pour Pierre intervient alors même que son sort semble scellé. Si humainement l’Eglise n’a aucun moyen physique de libérer Pierre, Dieu, témoigne le récit, n’est limité d’aucune manière par toutes les sécurités prises par les hommes pour retenir et garder prisonnier Son témoin. Un seul ange, et Pierre est délivré.

- 2ème leçon : la délivrance de Pierre s’accomplit pratiquement à l’insu de l’intéressé (Pierre pensait que ce qu’il vivait n’était pas réel) et de ceux qui le retenaient prisonnier. Le monde de Dieu n’est pas le nôtre. C’est un monde qui interpénètre le nôtre, mais qui échappe cependant, sauf miracle, complètement à nos sens et notre perception. Ce n’est pas parce qu’une chose ne nous est pas réelle qu’elle n’existe pas pour autant. Le caractère miraculeux de ce que Pierre va vivre s’arrêtera au moment même où la situation n’exigera plus l’utilisation d’un tel procédé. Pierre sorti, c’est au travers de sa matière grise que le Seigneur va l’aider à trouver ce qu’il convient de faire ensuite. Ce n’est que dans des situations extrêmes que Dieu utilise des moyens extrêmes. Dans la vie courante, les délivrances de Dieu et Sa protection nous sont assurées... même si nous n’en sommes pas toujours conscients.

- 3ème leçon : ce ne sont pas les hommes qui fixent le sort et le jour de la mort des témoins de Dieu ou de Ses serviteurs, mais Dieu Lui-même. Si Dieu a décidé que l’un de Ses enfants doit vivre et non mourir, Il le fera, quand bien même l’épée de la mort suspendue au-dessus de sa tête ne tiendrait qu’à un fil. Que le Seigneur nous rappelle que c’est Lui qui, d’abord, tient nos vies dans Ses mains et non quelque autorité que ce soit. C’est au jour où tu l’auras décidé que Tu me reprendras auprès de Toi. Puis-je, par Ton conseil, veiller à ne pas le hâter inutilement !

3. les suites

Les suites de la délivrance miraculeuse de Pierre ne furent pas les mêmes pour tous. Alors que celle-ci fut un sujet de joie et d’étonnement qui frisait l’incrédulité pour la partie de l’Eglise qui était réunie chez Marie, la mère de Marc, pour prier à ce sujet, elle fut tragique, pour les gardes chargés de la responsabilité de veiller sur le prisonnier. Nous pouvons retirer de ces suites plusieurs enseignements :

- concernant le lieu (la maison de Marie) vers lequel Pierre, aussitôt sorti, se rendit. Le choix de Pierre souligne le lien fort existant entre Pierre et cette maison. Le choix que nous faisons des premières personnes vers lesquelles nous nous rendons, après avoir vécu quelque chose de fort, d’important, soit pour le raconter, soit pour les retrouver, prouve que, parmi toutes celles que nous connaissons, ce sont indubitablement celles qui sont les plus proches de notre coeur. Un lien qui confirme ce que, d’ailleurs, beaucoup pensent au sujet de l’évangile écrit par Marc qui devrait son inspiration à Pierre.

- concernant l’attitude d’incrédulité des croyants réunis pour prier à l’annonce de la nouvelle de l’exaucement de leurs prières. Ne sommes-nous pas nous aussi dans ce danger, qui consiste à demander parfois même avec ferveur, sans croire que l’on va recevoir ? Ou de prier en oubliant que le Dieu que nous prions a une puissance et des moyens illimités, si bien que tout ce qui sort de l’ordinaire et du raisonnable nous paraît aussitôt suspect, extrême, fou ?

- concernant Hérode, sujet principal du chapitre : il souligne sa méchanceté et sa cruauté. Une certaine image de ce que pourrait être l’antichrist : un beau parleur séduisant (voir suite) mais, animé d’un fond cruel et impitoyable, capable des pires injustices et exactions.

lundi 8 septembre 2008

Actes 12,1 à 5


Texte biblique

Vers le même temps, le roi Hérode se mit à maltraiter quelques membres de l’Eglise, et il fit mourir par l’épée Jacques, frère de Jean. Voyant que cela était agréable aux Juifs, il fit encore arrêter Pierre. –C’était pendant les jours des pains sans levain. – Après l’avoir saisi et jeté en prison, il le mit sous la garde de quatre escouades de quatre soldats chacune, avec l’intention de le faire comparaître devant le peuple après la Pâque. Pierre donc était gardé dans la prison ; et l’Eglise ne cessait d’adresser pour lui des prières à Dieu.

Réflexion

Persécution politique :

Après la persécution religieuse, c’est à la persécution politique, à l’instigation d’Hérode, que l’Eglise dut faire face. Le martyr de la persécution religieuse eut pour visage, Etienne, exécuté par lapidation. Le visage du martyr de la persécution politique prit les traits de celui de Jacques, frère de Jean, tué par l’épée. Le compte-rendu par Luc dans le livre des Actes, livre qui relate les origines et les premières années de la vie de l’Eglise, de ces deux sources d’opposition auxquelles l’Eglise dut faire face est un sombre présage pour l’avenir de ce qui attend l’Eglise et de la nature des forces qui lui seront hostiles. A maintes reprises, l’Eglise en fera, et en fait encore aujourd’hui, l’expérience. L’Eglise doit ainsi apprendre que le monde dans lequel elle vit est un monde ennemi. Elle doit savoir qu’ici bas aucune des puissances qui agissent dans le monde (qu’elle soit politique ou religieuse) ne lui est favorable. Selon le cas, elle doit faire face dans son témoignage soit à l’opposition de l’une, soit à l’opposition de l’autre, soit encore, comme ce fut le cas pour Jésus, à une coalition des deux (à l’alliance du trône et l’autel, de l’épée et du goupillon).

Il nous est nécessaire, à nous qui aujourd’hui vivons en période de paix, de ne pas l’oublier. Cette paix est temporaire et doit être uniquement considérée comme localisée et une parenthèse dans l’histoire. La règle générale et la réalité dominante sont que, de façon permanente et générale, l’Eglise de Jésus- Christ a, tout au long de l’histoire, toujours dû faire face à l’opposition des forces d’en-bas. Que le Seigneur nous rappelle chaque jour que nous sommes d’abord dans ce monde étrangers et voyageurs.

dimanche 7 septembre 2008

Actes 11,27 à 30


Texte biblique

En ce temps–là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche. L’un d’eux, nommé Agabus, se leva, et annonça par l’Esprit qu’il y aurait une grande famine sur toute la terre. Elle arriva, en effet, sous Claude. Les disciples résolurent d’envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habitaient la Judée. Ils le firent parvenir aux anciens par les mains de Barnabas et de Saul.

Réflexion

Entraide :

Un autre aspect des bienfaits de la venue de Barnabas et Saul à Antioche et de leur intégration dans l’église nouvellement née dans cette ville se trouve dans le lien que leur présence a créé entre la communauté mère de Jérusalem, essentiellement juive, et la nouvelle église païenne dans ses origines. La présence de ces deux envoyés valide le fait qu’en Christ, comme le développera Paul plus tard, il n’y a plus de séparation due aux origines entre ceux qui appartiennent à Christ. Tous, en Lui, sont un : Gal 3,28.

La réalité de ce lien spirituel, créé par la présence des deux frères sur place, va être mise davantage en évidence encore à l’occasion d’une famine survenant sur toute la terre. Les frères de la Judée étant, semble-t-il, davantage éprouvés que ceux d’Antioche, il fut décidé qu’une aide matérielle leur soit apportée de leur part : une façon, comme le dira Paul plus tard, pour les chrétiens d’origine païenne de rendre à leurs frères juifs les bienfaits que, sur le plan spirituel, ils ont reçu d’eux. Barnabas et Saul étant les envoyés de la communauté juive, c’est, fut-il aussi décidé, par eux que le don de la communauté d’Antioche leur sera envoyé, démarche qui, de manière pratique, symbolise bien le lien, l’entraide et la bénédiction mutuelle existant entre les deux communautés.

Veillons ainsi à ne pas oublier tout ce que nous recevons des autres dans la foi. Ne soyons pas ingrats, mais, dès que la possibilité nous est donnée, agissons de manière à rendre, d’une façon ou d’une autre, aux autres un peu des bienfaits dont nous avons été l’objet de leur part.