mardi 23 septembre 2008

Actes 15,4


Texte biblique

Arrivés à Jérusalem, ils furent reçus par l’Eglise, les apôtres et les anciens, et ils racontèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux.

Réflexion

Procédure de réglement de la question qui pose litige :

Arrivée à Jérusalem :

Accueil par l’Eglise, les apôtres, les anciens : la teneur de l’accueil a dû être pour Paul et Barnabas une première indication des sentiments qui animaient les frères à leur égard
Paul et Barnaas rapportent, témoignent de leur vécu missionnaire en terre païenne : ils rapportent dans les faits ce que Dieu a accompli : le but du témoignage est de montrer quelle a été la ligne de conduite de Dieu Lui-même envers les païens, de mettre en évidence les principes spirituels qui ont sous-tendu Son action parmi eux. Avec comme objectif évident d’induire un enseignement sur la façon et les conditions selon lesquelles Dieu conçoit l’entrée des païens dans Son royaume. Rien n’est plus fort que les faits pour découvrir la vérité. Si les faits ne suffisent pas toujours (car chacun peut les interpréter également), ils sont cependant incontournables et constituent la base à partir de laquelle, sur le plan spirituel, doit être menée toute réflexion.

Le problème est soulevé :
Sur place, Paul et Barnabas ont une idée de l’ampleur du groupe des tenants de la position judaïsante. Pour autant, le fait que ce ne soit qu’une fraction minoritaire de l’Eglise qui soulève une question ou un problème ne doit pas nous pousser au mépris. Dans la circonstance, Paul et Barnabas ( ils devaient déjà s’en douter) ont pu mieux se faire une idée de l’identité (arrière-plan) de ceux qui étaient les tenants de la position défendue, contraire à la leur.

Le problème est traité :

Au niveau des responsables de l’Eglise : v 6
la multitude semble y assister : v 12
Jacques tire la conclusion : v 14
Une lettre écrite est envoyée aux églises pour faire connaître la position de l’Eglise de Jérusalem et des apôtres
Des délégués de l’Eglise accompagnent Paul et Barnabé pour authentifier cette position auprès des frères d’origine non-juive.

lundi 22 septembre 2008

Actes 15,1 à 3


Texte biblique

Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant: Si vous n’êtes circoncis selon le rite de Moïse, vous ne pouvez être sauvés. Paul et Barnabas eurent avec eux un débat et une vive discussion ; et les frères décidèrent que Paul et Barnabas, et quelques–uns des leurs, monteraient à Jérusalem vers les apôtres et les anciens, pour traiter cette question. Après avoir été accompagnés par l’Eglise, ils poursuivirent leur route à travers la Phénicie et la Samarie, racontant la conversion des païens, et ils causèrent une grande joie à tous les frères.

Réflexion

Désaccord sur une question centrale :

Causes du désaccord :
Les hommes par qui le désaccord est venu :
Des croyants venus de Judée
Des juifs

Le sujet du désaccord :
Un point d’enseignement de ces hommes : l’obligation de la circoncision pour les croyants d’origine païenne
Argument : la foi en Christ seule ne suffit pas pour appartenir au peuple de Dieu
Il faut aussi que les croyants d’origine païenne portent sur eux la marque physique d’appartenance au peuple élu de Dieu dès l’origine : le peuple juif

Enjeu du débat :
Les conditions spirituelles du salut sont au centre : l’oeuvre de Christ et la foi suffisent-elles ou faut-il y ajouter d’autres conditions ?
Quelles sont les conditions spirituelles à remplir pour être un membre effectif du peuple de Dieu après la venue de Christ ?
Le christianisme est-il une composante du judaïsme, son aboutissement ?
Doit-il porter la marque visible de son appartenance au judaïsme ou, plutôt, de son affranchissement vis-à-vis de sa tutelle ?

Les deux camps :
Les hommes de Judée d’un côté
Barnabas et Paul de l’autre
Violente dispute : pas de terrain d’entente et de compromis possible entre les tenants des deux positions

Décisions prises :
Faire remonter l’affaire au plus haut niveau : Jérusalem, les apôtres
Vérifier à la source si la position des hommes de Judée est la position officielle : si c’est le cas, risque fort de rupture entre Paul et les apôtres
Déléguer Paul et Barnabas pour porter le débat auprès de la communauté chrétienne juive
Pourvoir à leur déplacement dans ce but

Il est, dans la communauté chrétienne, des sujets qui fâchent. Le fait de se fâcher n’est pas mauvais si la cause en est des points qui touchent à l’intégrité et au coeur du message évangélique. Vouloir la paix, trouver un consensus n’est pas possible et souhaitable, lorsque les enjeux sont centraux. Etre fidèle au Seigneur et à la Parole nécessite que l’on tienne ferme dans des prises de position doctrinales qui ne sont pas négociables. Ne pas rompre nécessite cependant d’explorer toutes les voies de recours possibles, d’aller à la source pour vérifier, confronter, entendre, non de seconde main, mais directement les personnes concernées par la question.

Que le Seigneur nous donne la sagesse dont nous avons besoin pour être fermes et tolérants là où il le faut.

dimanche 21 septembre 2008

Actes 14,21 à 28

Texte biblique

Quand ils eurent évangélisé cette ville et fait un certain nombre de disciples, ils retournèrent à Lystre, à Icone et à Antioche, fortifiant l’esprit des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi, et disant que c’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu. Ils firent nommer des anciens dans chaque Eglise, et, après avoir prié et jeûné, ils les recommandèrent au Seigneur, en qui ils avaient cru. Traversant ensuite la Pisidie, ils vinrent en Pamphylie, annoncèrent la parole à Perge, et descendirent à Attalie. De là ils s’embarquèrent pour Antioche, d’où ils avaient été recommandés à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils venaient d’accomplir. Après leur arrivée, ils convoquèrent l’Eglise, et ils racontèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux nations la porte de la foi. Et ils demeurèrent assez longtemps avec les disciples.

Réflexion

Retour à Antioche de Pisidie et fin du 1er voyage missionnaire :

V 21 et 22 : surprenant Paul :

dans sa rapidité de rétablissement :
il est laissé pour mort la veille
non seulement il se relève comme si de rien n’était
mais le lendemain il est déjà debout à pied d’oeuvre pour aller dans un autre lieu annoncer l’Evangile

dans son zèle pour le Seigneur et l’Evangile :
il n’est pas refroidi par la dureté de ce qu’il vient de vivre
mais il poursuit sans crainte, sans pause et sans relâche l’oeuvre pour laquelle il a été envoyé

dans le fruit qu’il porte : cf Jean 12,24
ceci explique aussi peut-être cela
le Seigneur est avec lui parce que, de manière évidente, lui est avec le Seigneur
elle n’est pas qu’une déclaration d’intention, mais elle se vérifie dans les faits la parole par laquelle Paul résume sa motivation pour Christ : Actes 20,24

dans le courage dont il fait preuve :
après avoir successivement vécu une opposition de plus en plus forte il retourne dans les lieux même d’où il a été chassé et lapidé
quand on a accepté d’avoir signé son arrêt de mort pour Christ, on ne craint plus rien; tout ce qu’on vit encore est du bonus !

dans son souci pour les autres :
Paul est davantage préoccupé par l’état des autres que par le sien
il s’inquiète davantage de la vie spirituelle des autres que des dangers auxquels sa vie physique est confrontée
Remarquons ici que le 2ème passage dans ces villes n’a pas pour objet l’évangélisation, mais l’édification des jeunes croyants : Paul ne verse pas non plus dans le suicidaire et la provocation

dans son enseignement :
Paul ne cherche pas franchement à rassurer les chrétiens
Il leur communique la vision la plus élevée, concernant le prix à payer, la vision réaliste et non utopique de la vie chrétienne, celle dont lui a connaissance et dont il a fait dans sa chair l’expérience
Il refuse de minimiser et de parler de la souffrance comme d’un accident ou de son cas comme d’un cas particulier, mais en fait, au contraire, une règle générale pour tous ceux qui visent le même objectif que lui

Comment est-ce que j’envisage la réalité de ma vie avec Christ dans ce monde ? La perspective de la souffrance m’impressionne-t-elle au point de me démobiliser, de me faire reculer et renoncer ? Ne suis-je pas trop souvent à l’écoute de mon corps et de mes petits bobos ?

La souffrance de Paul a mis en valeur :
- la capacité de renouvellement qui est en Dieu
- l’attachement de Paul à Christ et à son Dieu
- la réalité de son fardeau missionnaire
- l’interaction entre notre engagement et la bénédiction de Dieu
- le courage dont l’homme de Dieu, soutenu par Dieu, peut faire preuve
- le secret d’une vie chrétienne victorieuse : avoir signé son arrêt de mort
- son amour, son engagement, sa dévotion dans le service pour les autres
- son honnêteté spirituelle dans l’enseignement qu’il apporte

Mesures pratiques prises pour l’avenir des jeunes églises implantées :

Paul et Barnabas ne pouvant rester indéfiniment avec les églises nouvellement implantées, ils prirent deux mesures destinées à les mettre sur la piste la plus sécurisée possible pour leur avenir : ils choisirent et désignèrent pour chacune d’elles des anciens chargés de veiller à la bonne croissance du troupeau après avoir prié et jeûné, ils les confièrent au Seigneur en qui ils avaient cru

Au vu de la jeunesse de ces églises, du peu de connaissances et de formation des anciens désignés, on peut se poser la question si la façon d’agir de Paul et Barnabas ne paraît pas ici un peu légère et naïve. Humainement vu, oui ! Mais, à long terme et au vu de l’oeuvre globale de Dieu, non ! Car, effectivement, les mesures immédiates prises par les apôtres ne suffirent pas. Les jeunes églises implantées reçurent par la suite la visite de faux docteurs qui faillirent les détourner de la simplicité de l’Evangile qu’elles avaient reçu. Mais la confiance que les apôtres placèrent en Dieu pour elles, ne fut pas pour autant déçues. Les problèmes auxquelles elles firent face furent l’occasion pour l’apôtre de lettres qui furent, par la suite, utiles pour des milliers d’églises et de croyants pour tous les siècles (lettre aux galates). Aussi, Satan, qui a pu voir en ces jeunes pousses des proies faciles, dut-il faire l’expérience une fois de plus que la puissance de Dieu est et reste capable de transformer n’importe quel mal en bien. Aucun de nous, aussi doué soit-il, ne suffit à l’oeuvre de Dieu. Si, pour un temps, notre présence est le moyen de Dieu pour fortifier et affermir les églises, nous ne sommes pas éternels. La fragilité de l’oeuvre de Dieu, et le danger auquel elle est exposée, ne signifie pas pour autant que le malin a toute latitude pour la détruire. Le Seigneur est le premier garant de cette oeuvre et il n’y a rien qu’il ne permette qu’Il puisse ensuite utiliser pour son bien et son avancement général, si ce n’est pour une église locale sur place, pour l’ensemble de son oeuvre. Aussi triste et dramatique la chute d’un serviteur de Dieu ou d’une église soit-elle, elle ne sonne pas la glas de la fin de l’oeuvre de Dieu ou la victoire de l’ennemi. Elle est le moyen d’instruction de Dieu pour ceux qui restent, afin que la défaite vécue par l’un soit leçon de sagesse et de victoire pour tous les autres.

Question : Etant, d’une manière générale, centré à outrance sur l’individu, ne risquons-nous pas de perdre la vue globale de l’oeuvre de Dieu ? A cause de notre vue trop étroite ou restreinte des choses, ne courrons-nous pas le danger de dramatiser à outrance ce qui touche l’un ou l’autre secteur de l’oeuvre de Dieu ? De tout temps, semble-t-il, ce qui est ou a été cause de chute et de faiblesse chez les uns a été cause et sujet d’enseignement pour les autres. Que le Seigneur nous aide ainsi à apprendre pour nous- mêmes les leçons qui sont nécessaires à notre édification de tout ce que nous observons et constatons autour de nous ! Dieu, croyons-le, par sa puissance souveraine, a toujours la capacité de retirer du bon des pires choses pouvant se produire. Il l’a manifesté avec éclat et puissance par la croix. Que ce principe de victoire soit celui par lequel, par-dessus tout, nous regardions et jugions de ce qui se passe aussi bien dans le monde que dans l’oeuvre de Dieu !

Retour à Antioche :

Quittant les endroits où le Seigneur leur avait donné d’implanter une église locale, Paul et Barnabé prirent le chemin du retour vers Antioche d’où ils avaient, par le Saint-Esprit, été envoyé. Dans le résumé de ce retour, 3 points particuliers sont soulignés par Luc :

- sur la route du retour, l’annonce de l’Evangile à Pergé. Même si le but des apôtres est de rentrer, l’annonce de l’Evangile, là où il n’a pas encore été proclamé, reste un impératif et une nécessité. Les apôtres considèrent qu’aucune autre raison que l’ordre du Seigneur n’est nécessaire pour justifier de l’annonce de l’Evangile. Certes, une stratégie, de la prière et de la réflexion ne sont pas inutiles, mais, à défaut, toute opportunité et toute occasion doit être saisie.

- arrivés à Antioche, ils rendent compte de l’oeuvre accomplie, du travail de Dieu, de leurs observations personnelles, confirmant la volonté déjà manifestée de Dieu à travers eux d’ouvrir grande la porte du salut aux non-juifs.

- de retour à Antioche, ils décident de séjourner longtemps sur place dans l’attente de nouvelles directives divines et, sans doute, en vue de resserrer les liens spirituels et fraternels avec leur église d’envoi.

Que Dieu nous donne de nous inspirer en toutes choses de leur exemple, aussi bien dans le zèle que dans le souci de cultiver avec ceux qui nous envoient les liens de la communion.

samedi 20 septembre 2008

Actes 14,8 à 20


Texte biblique

A Lystre, se tenait assis un homme impotent des pieds, boiteux de naissance, et qui n’avait jamais marché. Il écoutait parler Paul. Et Paul, fixant les regards sur lui et voyant qu’il avait la foi pour être guéri, dit d’une voix forte : Lève–toi droit sur tes pieds. Et il se leva d’un bond et marcha. A la vue de ce que Paul avait fait, la foule éleva la voix, et dit en langue lycaonienne : Les dieux sous une forme humaine sont descendus vers nous. Ils appelaient Barnabas Jupiter, et Paul Mercure, parce que c’était lui qui portait la parole. Le prêtre de Jupiter, dont le temple était à l’entrée de la ville, amena des taureaux avec des bandelettes vers les portes, et voulait, de même que la foule, offrir un sacrifice. Les apôtres Barnabas et Paul, ayant appris cela, déchirèrent leurs vêtements, et se précipitèrent au milieu de la foule, en s’écriant : O hommes, pourquoi agissez–vous de la sorte ? Nous aussi, nous sommes des hommes de la même nature que vous ; et, vous apportant une bonne nouvelle, nous vous exhortons à renoncer à ces choses vaines, pour vous tourner vers le Dieu vivant, qui a fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qui s’y trouve. Ce Dieu, dans les âges passés, a laissé toutes les nations suivre leurs propres voies, quoiqu’il n’ait cessé de rendre témoignage de ce qu’il est, en faisant du bien, en vous dispensant du ciel les pluies et les saisons fertiles, en vous donnant la nourriture avec abondance et en remplissant vos cœurs de joie. A peine purent–ils, par ces paroles, empêcher la foule de leur offrir un sacrifice. Alors survinrent d’Antioche et d’Icone des Juifs qui gagnèrent la foule, et qui, après avoir lapidé Paul, le traînèrent hors de la ville, pensant qu’il était mort. Mais, les disciples l’ayant entouré, il se leva, et entra dans la ville. Le lendemain, il partit pour Derbe avec Barnabas.

Réflexion

Paul et Barnabé à Lystres :

V 8 à 10 : guérison d’un homme impotent :
- v 8 : la situation de cet homme
- v 9 : le critère qui poussa Paul à agir : l’homme écoutait Paul. Paul vit qu’il avait la foi pour être sauvé. Qu’est-ce qui lui fit penser, être certain de cela ? Regard, attention, réceptivité, conviction qui se lisait sur son visage
- v 10 : Paul agit : il prononce d’une voix forte une parole d’autorité il donne un ordre clair, précis en rapport avec la situation de cet homme qui, à ses yeux, représente la porte d’entrée de l’Evangile dans cette nouvelle cité.

Leçons :

- discernons-nous parmi ceux qui nous écoutent, ceux qui sont prêts à croire, prendre au mot la parole que nous leur annonçons ? Quels sont les indices qui nous permettent de reconnaître, dans l’attitude d’une personne, ses sentiments (dispositions) à l’égard de l’Evangile ? Sommes-nous prêts à placer les gens devant le défi de prendre au mot les promesses de l’Evangile ?
- croire, c’est agir ! Chez ceux en qui elle est présente, la foi doit se concrétiser par un acte. La validation de l’évangile passe par une démonstration, une manifestation irréfutable de la puissance qui l’habite et agit par lui.

V 11 à 20 : réactions de la foule et des apôtres :

- v 11 à 13 : la lecture de ce qui vient de se produire par les habitants de Lystres : C’est une mauvaise lecture. Une lecture inspirée par leur arrière-plan religieux. Une lecture marquée par la confusion des rôles : ils identifient les messages de l’Evangile à des divinités incarnées. Ils ne comprennent pas que les apôtres sont des canaux ou des outils de la puissance de Dieu, non des dieux. Une lecture qui aboutit à une confusion dans la conclusion : si la pensée est fausse, les actes qui en découleront ne peuvent être que faux

Leçons :

- Un obstacle fort à la compréhension du message ou du témoignage que l’on veut rendre à Christ se situe dans les présupposés religieux ou philosophiques de nos auditeurs, présupposés qui font qu’ils interprètent complètement différemment le sens de ce que nous voulons leur dire ou démontrer. Cette déformation du sens du message peut venir : d’une compréhension différente du contenu des termes utilisés ou des croyances et des expériences vécues par les personnes

Nous devons, comme les apôtres, réagir à cet état de fait et travailler à nous assurer que nos auditeurs comprennent de la même manière que nous ce que nous leur communiquons et ce dont nous leur témoignons. L’évangélisation ne peut être considérée comme efficace qu’à ce prix !

- v 14 à 18 : réaction des apôtres à la nouvelle de l’interprétation par les gens de Lystres du miracle opéré:
Un sentiment d’horreur dû au fait que le résultat obtenu est exactement à l’inverse de celui recherché.
Une action rapide pour immédiatement couper court à cet élan d’idolâtrie qui, à leurs yeux, leur paraissait une abomination
Une explication de texte aussi bien par le geste que la parole, qui met l’accent sur points :
. pour Paul et Barnabas, le rétablissement de la vérité en ce qui les concerne : ils ne sont pas des dieux incarnés, mais des hommes comme tous les autres
. en ce qui concerne l’Evangile, la nécessité d’un changement de paradigme. L’Evangile est incompatible avec le polythéisme et l’idolâtrie. Il est, par le Dieu unique et créateur qu’Il révèle, la fin de la foi aux dieux de la mythologie, incarnation des puissances de la nature.

Leçon : Suis-je aussi horrifié que les apôtres par le fait qu’on puisse m’attribuer une gloire qui revient à Dieu ? Suis-je aussi soucieux qu’eux de ne pas dépasser les limites de ma place, d’être mis au même rang que les autres et de faire en sorte que c’est à Dieu seul qu’on attribue le mérite des bienfaits dont je peux, par sa grâce, être le canal pour d’autres ?

- v 19 et 20 : persécution : Comme Saul le pratiquait en son temps, des juifs, jaloux du succès et de l’impact qu’avaient Paul et Barnabas sur les foules par leur témoignage, vinrent d’Antioche et d’Iconium pour retourner la population contre eux et, ainsi, stopper net l’avance de l’Evangile à Lystres. L’apôtre Paul fait ainsi l’expérience de ce que subissaient en leur temps les victimes de la violence et de la haine de Saul, preuve, s’il en faut, du fait que Saul n’existe plus, mais que c’est Paul qui vit désormais. Bien plus, Paul n’est pas seulement l’objet de la haine de ses anciens coreligionnaires. Il subit également le châtiment vécu par le premier martyr de la foi, châtiment auquel il avait apporté sa caution et son approbation : la lapidation. Une lapidation qui n’est pas fictive puisque, de l’avis de ses ennemis, elle laisse l’apôtre mort et exsangue. La grâce de Dieu va cependant en décider autrement, elle qui fera que, suite à la prière et aux bons soins des disciples, Paul se relèvera, indemne de tout grand mal et pourra ainsi poursuivre son ministère.

Leçon : C’est la preuve d’une véritable conversion et d’un véritable changement de camp quand celui qui s’opposait au christianisme se retrouve dans la position de ceux qu’il combattait autrefois Il est de la pédagogie de Dieu de faire parfois subir, à ceux qui ont été les auteurs de grands maux contre les saints, les mêmes maux qu’ils leur ont fait subir autrefois (les frères de Joseph). ce que vit Paul ici est une façon pour lui de "regimber contre les aiguillons". C’est parfois dans le cadre d’une grande souffrance que se manifestent le plus grands miracles de la grâce de Dieu.

Que le Seigneur nous donne de comprendre le prix attaché au fait d’être Ses disciples. Qu’Il nous délivre de la conception naïve et puérile de la vie chrétienne nous faisant croire qu’être avec Lui, proche de Lui, béni par Lui équivaut à une vie heureuse, sans souffrance ou contrariété. la souffrance est le plat principal annoncé par le Seigneur au menu de la nouvelle vie de l’apôtre. Si elle ne l’est pas dans notre vie, que Dieu nous garde de l’écarter au point de penser qu’elle n’y sera pas du tout. Que notre désir soit de Le servir et Lui être fidèle en toutes circonstances !

jeudi 18 septembre 2008

Actes 14,1 à 7


Texte biblique

A Icone, Paul et Barnabas entrèrent ensemble dans la synagogue des Juifs, et ils parlèrent de telle manière qu’une grande multitude de Juifs et de Grecs crurent. Mais ceux des Juifs qui ne crurent point excitèrent et aigrirent les esprits des païens contre les frères. Ils restèrent cependant assez longtemps à Icone, parlant avec assurance, appuyés sur le Seigneur, qui rendait témoignage à la parole de sa grâce et permettait qu’il se fît par leurs mains des prodiges et des miracles. La population de la ville se divisa: les uns étaient pour les Juifs, les autres pour les apôtres. Et comme les païens et les Juifs, de concert avec leurs chefs, se mettaient en mouvement pour les outrager et les lapider, Paul et Barnabas, en ayant eu connaissance, se réfugièrent dans les villes de la Lycaonie, à Lystre et à Derbe, et dans la contrée d’alentour. Et ils y annoncèrent la bonne nouvelle.

Réflexion biblique

Iconium :

Arrivé à Iconium, Paul et Barnabas renouvelèrent l’opération effectuée à Antioche. Ils se rendirent en premier à la synagogue pour, selon leurs coutumes, rencontrer le peuple à priori le plus préparé à recevoir et entendre leur message, le peuple de Dieu. Du récit de cette mission à Iconium, Luc souligne quelques points prêtant à réflexion :

1. Suite au témoignage et à l’enseignement donné par Paul et Barnabas un grand nombre de juifs et de grecs crurent au Seigneur. Leur adhésion dans la foi à Christ est, selon Luc, due à la combinaison heureuse de plusieurs éléments :

- la façon de parler des apôtres : v 1. Si c’est par le Saint-Esprit que se fait l’oeuvre de Dieu dans les coeurs, nous aurions tort de minimiser cet élément. En tant qu’héraut de Dieu, nous avons notre part à jouer. L’action du Saint-Esprit dans les coeurs sera d’autant plus efficace si elle repose sur une prédication bibliquement fondée, convaincante et adaptée au public à laquelle elle s’adresse. S’il ne peut sauver, dans la pensée de Dieu, le prédicateur compte; car, il est, dans la main du Seigneur, comme le stylo par lequel le message qu’Il veut adresser, est écrit. Fais-je tout ce qui doit être fait pour que le message que je suis chargé de transmettre soit le plus clair possible pour ceux qui l’entendent ?

- l’action puissante du Saint-Esprit rendant témoignage et confirmant, par de multiples signes, la parole annoncée : Hébr 2,4. Là encore, ces signes s’opéraient par la main des apôtres, véritables canaux de la puissance de Dieu. Que le Seigneur, dans Sa souveraineté, veuille aussi appuyer la prédication de Sa parole dans nos vies par l’action puissante de Son Esprit. C’est là aussi notre prière !

2. Après le temps du témoignage, vient, comme toujours, le temps d’ l’opposition, puis celui du danger obligeant au départ et au repli vers d’autres lieux. Le même scénario, une fois de plus, se répète. L’opposition est suscitée d’abord par les juifs qui, par jalousie, mobilise les païens pour contraindre les apôtres à fuir. Le départ n’est cependant pas une défaite, puisque partout où ils passent, ils laissent dans le lieu qu’ils quittent une communauté vivante, nouvelle, un témoignage de Christ. Puisse le Seigneur nous donner la joie d’un tel fruit partout où Il nous envoie en France annoncer Son nom !

Actes 13,42 à 52


Texte biblique

Lorsqu’ils sortirent, on les pria de parler le sabbat suivant sur les mêmes choses ; et, à l’issue de l’assemblée, beaucoup de Juifs et de prosélytes pieux suivirent Paul et Barnabas, qui s’entretinrent avec eux, et les exhortèrent à rester attachés à la grâce de Dieu. Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole de Dieu. Les Juifs, voyant la foule, furent remplis de jalousie, et ils s’opposaient à ce que disait Paul, en le contredisant et en l’injuriant. Paul et Barnabas leur dirent avec assurance : C’est à vous premièrement que la parole de Dieu devait être annoncée ; mais, puisque vous la repoussez, et que vous vous jugez vous–mêmes indignes de la vie éternelle, voici, nous nous tournons vers les païens. Car ainsi nous l’a ordonné le Seigneur : Je t’ai établi pour être la lumière des nations, Pour porter le salut jusqu’aux extrémités de la terre. Les païens se réjouissaient en entendant cela, ils glorifiaient la parole du Seigneur, et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent. La parole du Seigneur se répandait dans tout le pays. Mais les Juifs excitèrent les femmes dévotes de distinction et les principaux de la ville ; ils provoquèrent une persécution contre Paul et Barnabas, et ils les chassèrent de leur territoire. Paul et Barnabas secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds, et allèrent à Icone, tandis que les disciples étaient remplis de joie et du Saint–Esprit.

Réflexion

Réactions :

Comme c’est toujours le cas, la prédication de l’Evangile ne laissa personne indifférent. Deux réactions très marquées divisèrent les auditeurs en deux groupes : certains, réceptifs s’attachèrent à Paul et Barnabas et les suivirent pour en savoir plus; d’autres se retirèrent attendant le sabbat suivant pour en savoir plus. Entre temps cependant, les langues se délièrent. Le message annoncé par Paul, dans lequel il identifiait clairement Jésus au Messie promis par Dieu aux pères, portait en lui-même une nouvelle si explosive qu’elle suffisait, sans nouvelle proclamation, à se propager, tels le souffle et le rayonnement d’une bombe. Aussi, le sabbat suivant, ce ne fut pas seulement les juifs qui se rassemblèrent pour entendre de nouveau les apôtres, mais presque toute la ville, provoquant la colère et la jalousie des juifs. C’est donc victimes, d’une certaine façon, de leur succès que les apôtres furent contraints, sous la pression des juifs et des notables prosélytes de la ville, de la quitter, non sans avoir auparavant fait un nombre conséquent de disciples. Si les envoyés devaient fuir et quitter la ville, le témoignage de Christ s’y était implanté et la prédiction de Paul accomplie : puisque le peuple élu et choisi de Dieu, à qui, en premier, les apôtres avaient reçu l’ordre d’annoncer la bonne nouvelle, ne la recevait pas, les païens devenaient pour eux désormais la cible prioritaire.

Quelques leçons à retirer de ce passage :

- les raisons du rejet de l’Evangile ne tiennent pas toujours à son contenu, mais souvent à des questions d’orgueil et d’amour propre. Ici, comme aujourd’hui dans bon nombre d’endroits, c’est la peur de perdre de son ascendance et de son influence sur les foules qui provoquent violence dans la réaction. C’est souvent dans des raisons bassement charnelles qu’il faut chercher les motifs de rejet de l’Evangile.

- comme souvent dans l’histoire, dès que l’Evangile, à cause de son succès, devient une menace, des alliances contre nature se forment à haut niveau pour s’opposer à son expansion. Comme Hérode et Pilate se sont unis, avec les responsables religieux juifs, pour condamner Jésus, ici, Paul et Barnabas devront faire face au front uni des notables paiens et des adorateurs juifs contre leurs personnes. Bis répétita dans l’histoire de France au temps de la Réforme.

- Paul et Barnabas ne forcent pas la porte. Ils secouent la poussière de leurs chaussures en signe de jugement, et s’éloignent. Ils se laissent conduire par Dieu, et ne cherchent pas à jouer inutilement les héros. Ils savent reconnaître quand c’est le moment de rester et quand celui de partir sonne. L’Evangile ayant été annoncé et le témoignage établi, ils estiment avoir rempli leur contrat. L’important n’est pas, dans l’évangélisation, que nous ayons atteint nos objectifs, mais que Dieu ait atteint les siens. Que Dieu nous donne aussi la sagesse de savoir quand c’est le moment de partir et quand c’est encore celui de rester.

mercredi 17 septembre 2008

Actes 13,13 à 41


Texte biblique

Paul et ses compagnons, s’étant embarqués à Paphos, se rendirent à Perge en Pamphylie. Jean se sépara d’eux, et retourna à Jérusalem. De Perge ils poursuivirent leur route, et arrivèrent à Antioche de Pisidie. Etant entrés dans la synagogue le jour du sabbat, ils s’assirent. Après la lecture de la loi et des prophètes, les chefs de la synagogue leur envoyèrent dire : Hommes frères, si vous avez quelque exhortation à adresser au peuple, parlez. Paul se leva, et, ayant fait signe de la main, il dit : Hommes Israélites, et vous qui craignez Dieu, écoutez ! Le Dieu de ce peuple d’Israël a choisi nos pères. Il mit ce peuple en honneur pendant son séjour au pays d’Egypte, et il l’en fit sortir par son bras puissant. Il les nourrit près de quarante ans dans le désert ; et, ayant détruit sept nations au pays de Canaan, il leur en accorda le territoire comme propriété. Après cela, durant quatre cent cinquante ans environ, il leur donna des juges, jusqu’au prophète Samuel. Ils demandèrent alors un roi. Et Dieu leur donna, pendant quarante ans, Saül, fils de Kis, de la tribu de Benjamin ; puis, l’ayant rejeté, il leur suscita pour roi David, auquel il a rendu ce témoignage : J’ai trouvé David, fils d’Isaï, homme selon mon cœur, qui accomplira toutes mes volontés. C’est de la postérité de David que Dieu, selon sa promesse, a suscité à Israël un Sauveur, qui est Jésus. Avant sa venue, Jean avait prêché le baptême de repentance à tout le peuple d’Israël. Et lorsque Jean achevait sa course, il disait : Je ne suis pas celui que vous pensez ; mais voici, après moi vient celui des pieds duquel je ne suis pas digne de délier les souliers. Hommes frères, fils de la race d’Abraham, et vous qui craignez Dieu, c’est à vous que cette parole de salut a été envoyée. Car les habitants de Jérusalem et leurs chefs ont méconnu Jésus, et, en le condamnant, ils ont accompli les paroles des prophètes qui se lisent chaque sabbat. Quoiqu’ils ne trouvassent en lui rien qui fût digne de mort, ils ont demandé à Pilate de le faire mourir. Et, après qu’ils eurent accompli tout ce qui est écrit de lui, ils le descendirent de la croix et le déposèrent dans un sépulcre. Mais Dieu l’a ressuscité des morts. Il est apparu pendant plusieurs jours à ceux qui étaient montés avec lui de la Galilée à Jérusalem, et qui sont maintenant ses témoins auprès du peuple. Et nous, nous vous annonçons cette bonne nouvelle que la promesse faite à nos pères, Dieu l’a accomplie pour nous leurs enfants, en ressuscitant Jésus, selon ce qui est écrit dans le Psaume deuxième : Tu es mon Fils, Je t’ai engendré aujourd’hui. Qu’il l’ait ressuscité des morts, de telle sorte qu’il ne retournera pas à la corruption, c’est ce qu’il a déclaré, en disant : Je vous donnerai Les grâces saintes promises à David, ces grâces qui sont assurées. C’est pourquoi il dit encore ailleurs : Tu ne permettras pas que ton Saint voie la corruption. Or, David, après avoir en son temps servi au dessein de Dieu, est mort, a été réuni à ses pères, et a vu la corruption Mais celui que Dieu a ressuscité n’a pas vu la corruption. Sachez donc, hommes frères, que c’est par lui que le pardon des péchés vous est annoncé, et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse. Ainsi, prenez garde qu’il ne vous arrive ce qui est dit dans les prophètes: Voyez, contempteurs, Soyez étonnés et disparaissez ; Car je vais faire en vos jours une œuvre, Une œuvre que vous ne croiriez pas si on vous la racontait.

Réflexion

Antioche de Pisidie :

Quittant Chypre, Paul et ses compagnons, après avoir perdu Jean reparti sur Jérusalem, se rendirent sur le continent, en Turquie actuelle pour annoncer l’Evangile. Après avoir débarqué à Perge, ils se rendirent à Antioche de Pisidie, choix dicté sans doute par la présence d’une synagogue juive dans la ville. Selon sa coutume, Paul et son équipe s’y rendirent et assistèrent au culte, témoignant par là que, pour eux, la foi au Christ n’est pas fondamentalement une rupture avec le judaïsme, mais s’inscrit dans sa continuité. L’occasion leur ayant été donnée de prendre la parole, Paul la saisira pour inscrire, comme leur présence dans la synagogue le montrait, le message qu’il était venu apporter dans le cadre et au coeur même de la révélation et du choix particulier d’Israël en tant que peuple de Dieu. Paul le rappelle tout au long de son discours retraçant les grandes lignes et étapes historiques et bibliques d’Israël : tout, dans l’histoire de la relation qui lie Dieu à Israël procède du choix et de la grâce de Dieu : le choix d’Abaraham, les promesses qu’Il lui a fait, le don du pays, les juges, les prophètes, les rois... Puis, passant à Jésus, Paul annonce en Lui l’accomplissement de la promesse faite à David. Paul le sait : dans le cadre de la révélation et de l’élection, le seul Messie qu’un juif puisse accepter est un Messie qui corresponde aux critères, aux paroles et aux promesses faites aux pères à son sujet. Or Jésus, démontre Paul, correspond, jusque dans son rejet par les chefs religieux juifs de Jérusalem, exactement à ce que les prophètes avaient annoncé à son sujet : Il est un descendant de la lignée de David, Il a été condamné et crucifié comme annoncé et Il est ressuscité le 3ème jour.

Paul termine sa prédication par un avertissement tiré de la Parole : c’est aux juifs en premier que la parole de salut en Christ a été envoyée de la part de Dieu. Mais que les juifs prennent garde, car, s’ils la rejettent, il pourrait fort bien se trouver disqualifiés et confus par l’oeuvre étonnante de Dieu en Christ dont ils se seraient exclus eux-mêmes. Paul, se faisant, annonce ce qu’il pressent déjà dans son travail : tandis que le peuple qui était préparé ferme sa porte au salut qui lui est annoncé, celle des autres, qui n’étaient pas préparés pour cela, s’ouvre grand pour l’accueillir (phénomène inverse à la fin des temps).

Que le Seigneur nous donne de poursuivre avec courage et audace, jusqu’à la fin et quelle que soit le degré d’écoute, notre ministère de témoins auprès de ceux qui nous entourent !