samedi 1 novembre 2008

Actes 24,24 à 27


Texte biblique

Quelques jours après, Félix vint avec Drusille, sa femme, qui était Juive, et il fit appeler Paul. Il l’entendit sur la foi en Christ. Mais, comme Paul discourait sur la justice, sur la tempérance, et sur le jugement à venir, Félix, effrayé, dit : Pour le moment retire–toi ; quand j’en trouverai l’occasion, je te rappellerai. Il espérait en même temps que Paul lui donnerait de l’argent ; aussi l’envoyait–il chercher assez fréquemment, pour s’entretenir avec lui. Deux ans s’écoulèrent ainsi, et Félix eut pour successeur Porcius Festus. Dans le désir de plaire aux Juifs, Félix laissa Paul en prison.

Réflexion

Paul devant Félix et Drusille, sa femme :

Pour la seconde fois, et sans doute sur la sollicitation de sa femme, Félix envoya chercher Paul pour l’entendre. La motivation du gouverneur à ce sujet devait être double : d’une part, il voulait sans doute satisfaire à la curiosité de sa femme qui, précise le texte, était juive, donc, bien informée de l’espérance messianique qui habitait son peuple; d’autre part, dit Luc, il espérait quelque part, peut-être pas cette fois-ci mais à la longue, que Paul, leader reconnu du peuple chrétien, lui donne de l’argent, ou, du moins, lui en propose pour sa libération.

Peu importe ! Quelles que soient les circonstances et les motivations de ses auditeurs, Paul ne va pas pour autant adapter son message ! Plus que sur la grâce de Dieu, Paul va faire porter son entretien avec eux sur les thèmes premiers de la justice, du jugement et de la maîtrise de soi. Se faisant, il est fidèle à la ligne qu’il ne cessera de suivre en annonçant l’Evangile et en développant les fondements sur lesquels il repose. La bonne nouvelle du salut en Jésus-Christ n’a aucun sens si elle n’est pas précédée pour chacun de la mauvaise nouvelle de la disqualification de chacun au regard de la justice de Dieu. Cette conviction doit encore aujourd’hui être le fondement sur lequel se fonde notre annonce de la bonne nouvelle du salut en Christ !

Bien que l’Ecriture ne dise rien de la réaction et d’une conversion éventuelle de Drusille, la prédication de Paul, en ce qui concerne Félix, atteint son but. Celui-ci, dit Luc, ne put rester ni indifférent, ni à l’aise face au discours de Paul. Mais, remué jusqu’au plus profond de lui-même, et saisi de crainte, il renvoya Paul sur le champ. Le temps passant, l’impression première laissée par la prédication de Paul s’estompa et, comme nous l’avons vu, c’est pour des motivations plus mercantiles que, plus tard, il s’entretint de nouveau avec l’apôtre. Félix est la démonstration même de deux réalités :

- la 1ère est celle énumérée en 2 Cor 2,14 à 16 : nous sommes, dit Paul, lorsque nous annonçons l’Evangile, à la fois une odeur de mort et une odeur de vie pour ceux à qui nous l’annonçons. L’impact de notre prédication ne se mesure pas au nombre de conversions, mais d’abord à la réaction de ceux qui l’entendent. Une réaction de crainte, d’opposition est la preuve que notre message a atteint son but, qu’il a touché. La conclusion n’est peut-être pas celle que nous espérions, mais la mission a été remplie : le message a été prêché, entendu et compris. Le Saint-Esprit a travaillé les coeurs et touché les consciences.

- la seconde est que si, au jour où nous entendons la voix de Dieu, nous n’y répondons pas, nous risquons fort de l’oublier, de nous endurcir et de ne plus, à l’avenir, y être sensible. Certes, il est bon, à l’écoute de l’Evangile, de prendre conscience de l’engagement qu’il signifie, du prix qu’il exige. Mais ne tergiversons pas de trop car, à vouloir comme Félix prendre du recul, nous risquons de ne jamais prendre l’élan nécessaire pour nous lancer dans le saut de la foi. Une fois convaincu, il n’y a plus à réfléchir. Tout temps, tout délai que l’on s’accorde revient à donner à Satan l’occasion de nous séduire et de nous éloigner davantage de la proximité du salut : Hébr 3,7.15

Que le Seigneur nous donne dans Sa grâce d’appliquer encore aujourd’hui ce principe d’écoute à tout ce que nous entendons de sa part !

vendredi 31 octobre 2008

Actes 24,1 à 23


Texte biblique

Cinq jours après, arriva le souverain sacrificateur Ananias, avec des anciens et un orateur nommé Tertulle. Ils portèrent plainte au gouverneur contre Paul. Paul fut appelé, et Tertulle se mit à l’accuser, en ces termes: Très excellent Félix, tu nous fais jouir d’une paix profonde, et cette nation a obtenu de salutaires réformes par tes soins prévoyants ; c’est ce que nous reconnaissons en tout et partout avec une entière gratitude. Mais, pour ne pas te retenir davantage, je te prie d’écouter, dans ta bonté, ce que nous avons à dire en peu de mots. Nous avons trouvé cet homme, qui est une peste, qui excite des divisions parmi tous les Juifs du monde, qui est chef de la secte des Nazaréens, et qui même a tenté de profaner le temple. Et nous l’avons arrêté. Nous avons voulu le juger selon notre loi ; mais le tribun Lysias étant survenu, l’a arraché de nos mains avec une grande violence, en ordonnant à ses accusateurs de venir devant toi. Tu pourras toi–même, en l’interrogeant, apprendre de lui tout ce dont nous l’accusons. Les Juifs se joignirent à l’accusation, soutenant que les choses étaient ainsi. Après que le gouverneur lui eut fait signe de parler, Paul répondit: Sachant que, depuis plusieurs années, tu es juge de cette nation, c’est avec confiance que je prends la parole pour défendre ma cause. Il n’y a pas plus de douze jours, tu peux t’en assurer, que je suis monté à Jérusalem pour adorer. On ne m’a trouvé ni dans le temple, ni dans les synagogues, ni dans la ville, disputant avec quelqu’un, ou provoquant un rassemblement séditieux de la foule. Et ils ne sauraient prouver ce dont ils m’accusent maintenant. Je t’avoue bien que je sers le Dieu de mes pères selon la voie qu’ils appellent une secte, croyant tout ce qui est écrit dans la loi et dans les prophètes, et ayant en Dieu cette espérance, comme ils l’ont eux–mêmes, qu’il y aura une résurrection des justes et des injustes. C’est pourquoi je m’efforce d’avoir constamment une conscience sans reproche devant Dieu et devant les hommes. Après une absence de plusieurs années, je suis venu pour faire des aumônes à ma nation, et pour présenter des offrandes. C’est alors que quelques Juifs d’Asie m’ont trouvé purifié dans le temple, sans attroupement ni tumulte. C’était à eux de paraître en ta présence et de se porter accusateurs, s’ils avaient quelque chose contre moi. Ou bien, que ceux–ci déclarent de quel crime ils m’ont trouvé coupable, lorsque j’ai comparu devant le sanhédrin, à moins que ce ne soit uniquement de ce cri que j’ai fait entendre au milieu d’eux : C’est à cause de la résurrection des morts que je suis aujourd’hui mis en jugement devant vous. Félix, qui savait assez exactement ce qui concernait cette doctrine, les ajourna, en disant : Quand le tribun Lysias sera venu, j’examinerai votre affaire. Et il donna l’ordre au centenier de garder Paul, en lui laissant une certaine liberté, et en n’empêchant aucun des siens de lui rendre des services.

Réflexion

Comparution de Paul devant le gouverneur Félix :

5 jours après l’arrivée de Paul, sous bonne escorte, à Césarée, le grand-prêtre Ananias, accompagné de quelques anciens et de Tertullus, un avocat renommé, vint pour porter plainte devant le gouverneur Félix contre Paul. Se plaçant comme juge, Félix convoqua, comme il se doit, chaque partie pour l’écouter.

1. la partie accusation :

Elle était représentée par Tertullus qui commença son plaidoyer en louant hautement Félix pour sa façon d’administrer sa gouvernance. Cette flatterie, destinée à mettre de leur côté, le gouverneur était-elle la bienvenue ? Correspondait- elle aux sentiments réels des juifs envers lui ? Pas sûr que le gouverneur ait été dupe ! A vouloir en faire de trop, on finit par agir contre soi. Les motifs d’accusation dressés contre Paul :

- cet homme est une peste qui sème la division parmi les juifs de toutes les nations : demi-verité : le message de l’Evangile sépare et divise, mais Paul n’est pas une peste. Sa piété ne peut être mise en doute ;
- il a tenté de profaner le temple : faux. C’est sur la base d’un malentendu que Paul a été pris à parti et chassé du temple : 21,28-29

2. la défense de Paul :

Comme Tertullus, Paul commence, dans sa défense, à s’adresser au gouverneur Félix. Il lui exprime, non pas des flatteries, mais la confiance qui l’habite, qu’en tant que juge exerçant cette fonction dans cette région depuis de nombreuses années, Félix ait toute la connaissance et la compétence nécessaires pour se prononcer avec équité, justice et impartialité dans cette affaire. Alors que Tertullus avait misé sur la flatterie, Paul nous montre une autre voie au travers de laquelle nous devons construire les rapports de justice que nous pouvons avoir avec les autorités politiques qui gouvernent. Nous devons exprimer notre foi (confiance) dans le fait que, comme l’exige la loi, les personnes qui occupent des fonctions d’autorité les exercent avec droiture et sérieux et que nous ne serons pas déçus au sujet de la manière avec laquelle nos droits ou notre cause seront pris en compte. C’est l’assurance que la valeur que leur fonction incarne sera dignement représentée que nous devons leur exprimer. Se faisant, nous faisons appel, sans qu’ils s’en rendent compte à leur conscience devant Dieu, plaçant notre entretien, non sur le terrain personnel, mais sur un terrain spirituel. Il ne s’agit pas ici de les mettre dans notre poche en les flattant, mais de leur dire que, nous comme eux, nous sommes en quelque sorte devant Dieu, chacun à sa place, pour que la justice tranche et que le droit triomphe.

Cette introduction faite, Paul fait reposer son argumentation pour sa défense sur 2 choses :

1. la réalité des faits : v 11-12. Paul contredit la version de Tertullus. Il n’a rien fait depuis son arrivée à Jérusalem pour convaincre les juifs de sa foi. Il ne s’est rendu ni dans le temple, ni dans les synagogues, ni dans les rues dans ce but. Ses accusateurs sont donc incapables de prouver ce pour quoi ils l’accusent.

2. le seul point d’accord qu’il a avec ses adversaires est, dit Paul, le point sur lequel ils se séparent : depuis qu’Il est disciple de Christ, c’est au travers d’une voie nouvelle que, désormais, Paul rend un culte au dieu de ses pères. Mais, souligne-t-il, le contenu fondamental de sa foi n’a pas changé : il croit toujours à la validité de la Loi et des prophètes, à l’espérance de la résurrection des morts et veut toujours honorer Dieu par le service et les offrandes qu’il lui apporte.

Paul n’a pas eu tort de faire confiance à la perspicacité et la compétence de Félix. L’accusation entendue et la défense présentée, Félix refusa de trancher pour un parti contre l’autre. Il renvoya chacun, reportant son jugement à plus tard.

jeudi 30 octobre 2008

Actes 23,12 à 35


Texte biblique

Quand le jour fut venu, les Juifs formèrent un complot, et firent des imprécations contre eux–mêmes, en disant qu’ils s’abstiendraient de manger et de boire jusqu’à ce qu’ils eussent tué Paul. Ceux qui formèrent ce complot étaient plus de quarante, et ils allèrent trouver les principaux sacrificateurs et les anciens, auxquels ils dirent: Nous nous sommes engagés, avec des imprécations contre nous–mêmes, à ne rien manger jusqu’à ce que nous ayons tué Paul. Vous donc, maintenant, adressez–vous avec le sanhédrin au tribun, pour qu’il l’amène devant vous, comme si vous vouliez examiner sa cause plus exactement ; et nous, avant qu’il approche, nous sommes prêts à le tuer. Le fils de la sœur de Paul, ayant eu connaissance du guet–apens, alla dans la forteresse en informer Paul. Paul appela l’un des centeniers, et dit : Mène ce jeune homme vers le tribun, car il a quelque chose à lui rapporter. Le centenier prit le jeune homme avec lui, le conduisit vers le tribun, et dit : Le prisonnier Paul m’a appelé, et il m’a prié de t’amener ce jeune homme, qui a quelque chose à te dire. Le tribun, prenant le jeune homme par la main, et se retirant à l’écart, lui demanda : Qu’as–tu à m’annoncer ? Il répondit : Les Juifs sont convenus de te prier d’amener Paul demain devant le sanhédrin, comme si tu devais t’enquérir de lui plus exactement. Ne les écoute pas, car plus de quarante d’entre eux lui dressent un guet–apens, et se sont engagés, avec des imprécations contre eux–mêmes, à ne rien manger ni boire jusqu’à ce qu’ils l’aient tué ; maintenant ils sont prêts, et n’attendent que ton consentement. Le tribun renvoya le jeune homme, après lui avoir recommandé de ne parler à personne de ce rapport qu’il lui avait fait. Ensuite il appela deux des centeniers, et dit : Tenez prêts, dès la troisième heure de la nuit, deux cents soldats, soixante–dix cavaliers et deux cents archers, pour aller jusqu’à Césarée. Qu’il y ait aussi des montures pour Paul, afin qu’on le mène sain et sauf au gouverneur Félix. Il écrivit une lettre ainsi conçue: Claude Lysias au très excellent gouverneur Félix, salut ! Cet homme, dont les Juifs s’étaient saisis, allait être tué par eux, lorsque je survins avec des soldats et le leur enlevai, ayant appris qu’il était Romain. Voulant connaître le motif pour lequel ils l’accusaient, je l’amenai devant leur sanhédrin. J’ai trouvé qu’il était accusé au sujet de questions relatives à leur loi, mais qu’il n’avait commis aucun crime qui mérite la mort ou la prison. Informé que les Juifs lui dressaient des embûches, je te l’ai aussitôt envoyé, en faisant savoir à ses accusateurs qu’ils eussent à s’adresser eux–mêmes à toi. Adieu. Les soldats, selon l’ordre qu’ils avaient reçu, prirent Paul, et le conduisirent pendant la nuit jusqu’à Antipatris. Le lendemain, laissant les cavaliers poursuivre la route avec lui, ils retournèrent à la forteresse. Arrivés à Césarée, les cavaliers remirent la lettre au gouverneur, et lui présentèrent Paul. Le gouverneur, après avoir lu la lettre, demanda de quelle province était Paul. Ayant appris qu’il était de la Cilicie: Je t’entendrai, dit–il, quand tes accusateurs seront venus. Et il ordonna qu’on le gardât dans le prétoire d’Hérode.

Réflexion

Complot contre Paul et transfert à Césarée :

Le complot :
- auteurs : plus de 40 juifs
- détermination : liés ensemble par un engagement ils ne devaient, sous peine d’anathème, rien manger ni boire avant d’avoir tué Paul

Avoir de la détermination pour poursuivre un but est une bonne chose. Encore faudrait-il, surtout si l’on prend Dieu à témoin, que le but poursuivi soit d’abord réfléchi, pesé et évalué à la lumière de la Parole et de la pensée de Dieu.

C’est de Dieu d’abord que l’on doit recevoir la définition des causes pour lesquelles nous choisissons de nous engager corps et âme. Sans quoi notre précipitation irréfléchie risque fort de se retourner contre nous. Si Dieu est inclus dans nos engagements, il faut aussi que Celui-ci soit à la source de ceux-ci. Dieu ne va pas ratifier quelque chose qu’Il aurait pris en cours de route. C’est de Lui, par Lui et pour Lui que sont toutes choses : tel est l’ordre juste des choses. Sans quoi la présence de Dieu que nous avons désiré risque fort de se manifester, nos pas en grâce et pour nous, mais en jugement et contre nous !

- stratégie :

Liés, engagés par leur serment, les adversaires de Paul n’avaient pas le choix. Il fallait que leur projet de meurtre contre sa personne réussisse. Aussi, décidèrent-ils de monter un stratagème pour mettre à exécution leurs basses oeuvres, stratagème qui obligeait le sanhédrin à être partie prenante du projet. Tous les ingrédients d’une oeuvre ténébreuse, meurtre et mensonge : cf Jean 8,44, sont ici réunis contre celui qui, après Jésus-Christ, fut le plus grand témoin de l’Evangile de son époque. Se faisant, ces hommes n’agissaient pas seulement contre Dieu et Sa loi, mais ils trompaient aussi l’autorité civile, se servant d’elle à dessein, puisque c’était sous prétexte de rendre justice qu’ils allaient lui demander l’autorisation d’une nouvelle comparution de l’apôtre.

Nous voyons donc dans cette affaire clairement deux partis se former : le parti de Dieu, représenté par Paul, son serviteur sur le plan spirituel, et l’autorité romaine, son serviteur sur le plan civil; puis le parti du Malin représenté par les 40 ennemis jurés de Paul et le sanhédrin, juridiction religieuse, représentant le judaïsme officiel. La reproduction presque à l’identique de ce qui s’est déjà passé avec Jésus (Pilate préférant le sauver qu’autre chose) et, plus tard également, avec Luther, bénéficiant de la protection de l’Electeur de Saxe contre Rome. Soyons pour nous-mêmes, en tant que témoins du Christ, bien conscients qui ou de quel côté se trouvent nos alliés. Tout ce qui a le nom de Dieu à la bouche ne vient pas forcément de Lui. Considérons aussi la valeur des autorités civiles dans la Bible : dans leur fonction de gardien de l’ordre, elles ne sont pas d’abord contre nous, mais pour nous !

Le complot déjoué, Paul transféré :

La délivrance du complot dressé contre Paul par les juifs nous rappelle que, dans la vie du croyant, ce ne sont pas les desseins des méchants contre lui qui s’accomplissent, mais le dessein de Dieu. Le dessein de Dieu n’est cependant pas d’abord la délivrance, le confort de Son serviteur mais son témoignage. La persécution, les différentes arrestations et comparutions que Paul connut ne sont pas l’objet du hasard ou de l’impuissance de Dieu. Elles sont, au contraire, au coeur de Son projet pour l’apôtre, tel que, dès sa conversion, ce projet a été formulé : Actes 9,15. Ce que Paul ne pouvait faire par lui-même (être un témoin du Christ auprès des grands de son temps), c’est la persécution qui va lui permettre de le faire. Ainsi donc, en croyant nuire aux serviteurs de Dieu, les adversaires de l’Evangile ne font que lui ouvrir des possibilités de service inédites. Le vécu de Paul illustre une fois de plus qu’en s’opposant à Dieu et à Ses desseins, le diable ne fait que rehausser Sa gloire. Déjà aujourd’hui, l’ennemi est le marchepied dont Dieu se sert pour s’élever encore un peu plus que ce qu’Il était sans lui. Il était impossible à Dieu par Lui-même de s’élever davantage qu’Il ne l’était. C’est l’opposition qui se lèvera contre Sa personne qui Lui permettra de le faire. Romains 5,8 en est la démonstration suprême.

Nous ne savons pas comment, par quel chemin, le complot dressé contre Paul parvint aux oreilles du fils de sa soeur. Peut-être, défaut ici bienheureux, l’information a-t-elle filtré de quelqu’un qui n’a pas su tenir sa langue. Quoi qu’il en soit, Dieu s’est servi de cette faille chez l’ennemi pour révéler les sombres desseins cachés des coeurs. Nous pouvons compter sur Dieu pour veiller et mettre lui-même en oeuvre les moyens par lesquels les projets de ses adversaires échoueront.

Une fois de plus ici, l’autorité civile apparaît comme la servante civile de Dieu et la gardienne de l’ordre et de la justice. Paul échappe aux méchants grâce à son exercice. Béni soit Dieu pour tous les moyens dont Il dispose pour réaliser Sa volonté ! Que notre foi en Sa souveraineté et Sa providence soit la certitude qui nous habite en tout temps. Dieu est là et Il ne saurait, au moment de l’épreuve, nous abandonner. Béni soit Son Nom !

lundi 27 octobre 2008

Actes 23,1 à 11

Texte biblique

Paul, les regards fixés sur le sanhédrin, dit : Hommes frères, c’est en toute bonne conscience que je me suis conduit jusqu’à ce jour devant Dieu… Le souverain sacrificateur Ananias ordonna à ceux qui étaient près de lui de le frapper sur la bouche. Alors Paul lui dit : Dieu te frappera, muraille blanchie ! Tu es assis pour me juger selon la loi, et tu violes la loi en ordonnant qu’on me frappe ! Ceux qui étaient près de lui dirent: Tu insultes le souverain sacrificateur de Dieu ! Et Paul dit : Je ne savais pas, frères, que ce fût le souverain sacrificateur ; car il est écrit : Tu ne parleras pas mal du chef de ton peuple. Paul, sachant qu’une partie de l’assemblée était composée de sadducéens et l’autre de pharisiens, s’écria dans le sanhédrin : Hommes frères, je suis pharisien, fils de pharisiens ; c’est à cause de l’espérance et de la résurrection des morts que je suis mis en jugement. Quand il eut dit cela, il s’éleva une discussion entre les pharisiens et les sadducéens, et l’assemblée se divisa. Car les sadducéens disent qu’il n’y a point de résurrection, et qu’il n’existe ni ange ni esprit, tandis que les pharisiens affirment les deux choses. Il y eut une grande clameur, et quelques scribes du parti des pharisiens, s’étant levés, engagèrent un vif débat, et dirent : Nous ne trouvons aucun mal en cet homme ; peut–être un esprit ou un ange lui a–t–il parlé. Comme la discorde allait croissant, le tribun craignant que Paul ne fût mis en pièces par ces gens, fit descendre les soldats pour l’enlever du milieu d’eux et le conduire à la forteresse. La nuit suivante, le Seigneur apparut à Paul, et dit : Prends courage ; car, de même que tu as rendu témoignage de moi dans Jérusalem, il faut aussi que tu rendes témoignage dans Rome.

Réflexion

Paul devant le sanhédrin :


Les 3 faits majeurs de cette comparution :

1. Paul, aura à peine le temps d’ouvrir la bouche, qu’il sera, en dépit de toute procédure légale, l’objet immédiat de la violence, là même où la justice (les droits de la défense et de l’accusation) devait être rendue. Paul se retrouve ici dans la même situation que Jésus qui a fait l’expérience avant lui que ceux qui devaient statuer sur son cas et se montrer impartial, étaient partie prenante dans le procès et le jugement rendu. Indigné par le comportement de la cour, Paul commettra l’erreur de s’en prendre à Ananias, le grand prêtre, l’initiateur de la violence exercée contre lui, et de le placer face à la responsabilité de son acte devant Dieu. Conscient qu’il portait atteinte à la dignité d’un chef en Israël, il s’en excusera, démontrant par là une fois de plus son attachement à la loi.

2. Paul, comprenant qu’il n’avait aucune chance d’être entendu en présentant une défense identique à celle qui avait provoqué la colère des juifs, va jouer sur les divisions internes et connues de l’assemblée réunie et utiliser les convictions d’un parti auxquelles ils souscrivaient pour monter les uns contre les autres. Tactique habile qui amènera le déplacement du centre de gravité du conflit de la doctrine chrétienne aux divisions internes du judaïsme. En semant ainsi le trouble et la zizanie au milieu du sanhédrin, Paul provoqua une division telle que d’accusateurs, quelques-uns des membres de l’assemblée réunie devinrent des avocats. Paul fera la démonstration d’une vérité énoncée avant lui par Jésus (et qui s’applique à toute maison ou communauté) : la vérité selon laquelle toute maison ou royaume divisé contre lui-même ne peut subsister !

3. Pour la 3ème fois, Paul ne devra son salut qu’à l’intervention conséquente et musclée du tribun militaire qui, voyant la tournure que prenaient les choses, préféra soustraire Paul du tribunal avant qu’il ne soit mis en pièces par les belligérants.

Le plus grand sujet de joie de Paul ne sera cependant pas d’avoir réussi, sans doute mû par une soudaine inspiration, à se tirer à bon compte de la situation difficile dans laquelle il se trouvait. Il le vivra la nuit suivant ses évènements, lorsque, seul dans la cellule de la forteresse où il était enfermé, il reçut la visite du Seigneur qui lui manifesta Son contentement, l’encouragea à poursuivre dans la voie qu’il avait prise et lui annonça la future étape du programme qu’Il avait préparé pour la mission de témoin prévue pour lui : Rome.

dimanche 26 octobre 2008

Actes 22


Texte biblique

Hommes frères et pères, écoutez ce que j’ai maintenant à vous dire pour ma défense ! Lorsqu’ils entendirent qu’il leur parlait en langue hébraïque, ils redoublèrent de silence. Et Paul dit: je suis Juif, né à Tarse en Cilicie ; mais j’ai été élevé dans cette ville–ci, et instruit aux pieds de Gamaliel dans la connaissance exacte de la loi de nos pères, étant plein de zèle pour Dieu, comme vous l’êtes tous aujourd’hui. J’ai persécuté à mort cette doctrine, liant et mettant en prison hommes et femmes. Le souverain sacrificateur et tout le collège des anciens m’en sont témoins. J’ai même reçu d’eux des lettres pour les frères de Damas, où je me rendis afin d’amener liés à Jérusalem ceux qui se trouvaient là et de les faire punir. Comme j’étais en chemin, et que j’approchais de Damas, tout à coup, vers midi, une grande lumière venant du ciel resplendit autour de moi. Je tombai par terre, et j’entendis une voix qui me disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutes–tu ? Je répondis : Qui es–tu, Seigneur ? Et il me dit : Je suis Jésus de Nazareth, que tu persécutes. Ceux qui étaient avec moi virent bien la lumière, mais ils n’entendirent pas la voix de celui qui parlait. Alors je dis : Que ferai–je, Seigneur ? (22–10) Et le Seigneur me dit : Lève–toi, va à Damas, et là on te dira tout ce que tu dois faire. Comme je ne voyais rien, à cause de l’éclat de cette lumière, ceux qui étaient avec moi me prirent par la main, et j’arrivai à Damas. Or, un nommé Ananias, homme pieux selon la loi, et de qui tous les Juifs demeurant à Damas rendaient un bon témoignage, vint se présenter à moi, (22–13) et me dit : Saul, mon frère, recouvre la vue. Au même instant, je recouvrai la vue et je le regardai. Il dit : Le Dieu de nos pères t’a destiné à connaître sa volonté, à voir le Juste, et à entendre les paroles de sa bouche ; car tu lui serviras de témoin, auprès de tous les hommes, des choses que tu as vues et entendues. Et maintenant, que tardes–tu ? Lève–toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur. De retour à Jérusalem, comme je priais dans le temple, je fus ravi en extase, et je vis le Seigneur qui me disait : Hâte–toi, et sors promptement de Jérusalem, parce qu’ils ne recevront pas ton témoignage sur moi. Et je dis : Seigneur, ils savent eux–mêmes que je faisais mettre en prison et battre de verges dans les synagogues ceux qui croyaient en toi, et que, lorsqu’on répandit le sang d’Etienne, ton témoin, j’étais moi–même présent, joignant mon approbation à celle des autres, et gardant les vêtements de ceux qui le faisaient mourir. Alors il me dit : Va, je t’enverrai au loin vers les nations…. Ils l’écoutèrent jusqu’à cette parole. Mais alors ils élevèrent la voix, disant : Ote de la terre un pareil homme ! Il n’est pas digne de vivre. Et ils poussaient des cris, jetaient leurs vêtements, lançaient de la poussière en l’air. Le tribun commanda de faire entrer Paul dans la forteresse, et de lui donner la question par le fouet, afin de savoir pour quel motif ils criaient ainsi contre lui. Lorsqu’on l’eut exposé au fouet, Paul dit au centenier qui était présent : Vous est–il permis de battre de verges un citoyen romain, qui n’est pas même condamné ? A ces mots, le centenier alla vers le tribun pour l’avertir, disant : Que vas–tu faire ? Cet homme est Romain. Et le tribun, étant venu, dit à Paul : Dis–moi, es–tu Romain ? Oui, répondit–il. Le tribun reprit : C’est avec beaucoup d’argent que j’ai acquis ce droit de citoyen. Et moi, dit Paul, je l’ai par ma naissance. Aussitôt ceux qui devaient lui donner la question se retirèrent, et le tribun, voyant que Paul était Romain, fut dans la crainte parce qu’il l’avait fait lier. Le lendemain, voulant savoir avec certitude de quoi les Juifs l’accusaient, le tribun lui fit ôter ses liens, et donna l’ordre aux principaux sacrificateurs et à tout le sanhédrin de se réunir ; puis, faisant descendre Paul, il le plaça au milieu d’eux.

Réflexion

La défense de Paul : son témoignage

Ayant face à lui une foule déchaînée, remontée contre lui, Paul choisit pour présenter sa défense de s’en tenir aux faits qui, de juif pratiquant, zélé pour la loi, l’ont amené à professer, confesser et servir Christ et la cause de l’Evangile. Ce sont ces faits qui constituent la base de son témoignage.
Grandes lignes : Paul rappelle

1. Ce qu’il était avant de professer la foi en Christ

ses origines,
l’éducation reçue aux pieds de Gamaliel
son zèle extrême pour la foi de ses pères
ses convictions anciennes quant à l’Evangile
son comportement ancien à l’égard de ceux qui le professaient
son engagement total dans le combat qui avait pour objet de l’éradiquer

2. Ce qui s’est passé sur le chemin de Damas

la révélation de Christ telle qu’elle s’est produite
Jésus existe et c’est Lui qu’il combat en combattant Ses témoins
les faits de l’Evangile sont vrais
la rencontre avec Ananias, homme pieux reconnu par tous
la nouvelle mission : de Saul à Paul
le premier acte marquant sa nouvelle identité : le baptême

3. Les premiers moments de son parcours nouveau

la révélation du Seigneur dans le temple à Jérusalem
l’injonction de quitter rapidement la ville à cause du danger qu’il y courrait
l’incrédulité de Paul quant au refus des juifs de recevoir son témoignage si fort en contraste avec la vie, les actes et les convictions du passé
la nouvelle cible qu’il est appelé à viser : les non-juifs

Paul ne pourra pas aller plus loin. Furieux d’entendre en si peu de temps ce qui leur paraît un tissu d’hérésies et de provocations, la foule va se mettre à manifester de nouveau son indignation, une indignation telle qu’elle ira jusqu’à réclamer la vie et le sang de l’apôtre. Paul ne devra son salut, une fois de plus, qu’à l’intervention musclée du tribun qui, ne comprenant rien à ce qui se passait et à la cause du déchaînement de colère des juifs contre Paul, s’apprêta à le faire fouetter. Ayant appris cependant de sa bouche qu’il était un citoyen romain, il se ravisa, n’ayant pas l’autorisation légale de le faire. L’affaire étant d’abord une affaire juive interne, il décida dès le lendemain de convoquer le sanhédrin et les grands-prêtres, instance qui, rappelons-le, est celle qui décida de la mort même de Jésus.

samedi 25 octobre 2008

Actes 21,27 à 40


Texte biblique

Sur la fin des sept jours, les Juifs d’Asie, ayant vu Paul dans le temple, soulevèrent toute la foule, et mirent la main sur lui, en criant : Hommes Israélites, au secours ! Voici l’homme qui prêche partout et à tout le monde contre le peuple, contre la loi et contre ce lieu ; il a même introduit des Grecs dans le temple, et a profané ce saint lieu. Car ils avaient vu auparavant Trophime d’Ephèse avec lui dans la ville, et ils croyaient que Paul l’avait fait entrer dans le temple. Toute la ville fut émue, et le peuple accourut de toutes parts. Ils se saisirent de Paul, et le traînèrent hors du temple, dont les portes furent aussitôt fermées. Comme ils cherchaient à le tuer, le bruit vint au tribun de la cohorte que tout Jérusalem était en confusion. A l’instant il prit des soldats et des centeniers, et courut à eux. Voyant le tribun et les soldats, ils cessèrent de frapper Paul. Alors le tribun s’approcha, se saisit de lui, et le fit lier de deux chaînes. Puis il demanda qui il était, et ce qu’il avait fait. Mais dans la foule les uns criaient d’une manière, les autres d’une autre ; ne pouvant donc rien apprendre de certain, à cause du tumulte, il ordonna de le mener dans la forteresse. Lorsque Paul fut sur les degrés, il dut être porté par les soldats, à cause de la violence de la foule ; car la multitude du peuple suivait, en criant : Fais–le mourir ! Au moment d’être introduit dans la forteresse, Paul dit au tribun: M’est–il permis de te dire quelque chose ? Le tribun répondit : Tu sais le grec ? Tu n’es donc pas cet Egyptien qui s’est révolté dernièrement, et qui a emmené dans le désert quatre mille brigands ? Je suis Juif, reprit Paul, de Tarse en Cilicie, citoyen d’une ville qui n’est pas sans importance. Permets–moi, je te prie, de parler au peuple. Le tribun le lui ayant permis, Paul, debout sur les degrés, fit signe de la main au peuple. Un profond silence s’établit, et Paul, parlant en langue hébraïque, dit:

Réflexion

Arrestation de Paul dans le temple :

Tous les efforts entrepris par Paul, sur le conseil des anciens de l’Eglise de Jérusalem, pour désamorcer le conflit inévitable, dû à la réputation que l’apôtre s’était faite par son enseignement, furent inutile. Tôt ou tard, et c’était la volonté de Dieu, il ne pouvait y avoir que conflit et séparation entre ceux pour qui la loi restait le fondement à partir duquel se construisait la relation avec Dieu et les tenants, comme Paul, d’une nouvelle alliance fondée sur la grâce manifestée en Jésus-Christ. La réaction des anciens de Jérusalem est la même que celle des prélats et des religieux, certes gagné aux thèses de Luther, mais pensant que la rupture avec l’église catholique n’était pour autant pas nécessaire. Il faut cependant s’y résoudre : il n’y a pas de points d’accord possible entre le système qui repose sur les mérites de l’homme et celui dans lequel tout procède du don de la grâce de Dieu. Aussi n’y avait-il pas d’autre possibilité pour Paul, comme pour Luther plus tard, que celle de la rupture. Notons bien cependant que dans les deux cas, ce n’est pas sans avoir été jusqu’aux limites de ce qui était possible sur le plan de la concession qu’elle est survenue. Mais quand sur le fond on est en désaccord, aucun effort sur la forme ne peut résoudre le problème.

Paul, donc, entré dans le temple, ne put longtemps resté inaperçu. La rumeur l’ayant précédé, il ne put ni se défendre, ni se justifier. il fut immédiatement pris à parti, molesté et il ne dut son salut, une fois de plus, qu’à l’intervention des forces civiles de l’ordre. Les cris et la confusion étaient tels qu’il fut impossible au tribun de connaître la raison exacte de la haine et des réactions violentes de la foule contre Paul. Aussi, avec l’autorisation de l’autorité sur place, Paul, debout sur les marches qui menaient à la forteresse où il devait être emprisonné, entreprit-il de présenter au peuple sa défense.

vendredi 24 octobre 2008

Actes 21,15 à 26


Texte biblique

Après ces jours–là, nous fîmes nos préparatifs, et nous montâmes à Jérusalem. Quelques disciples de Césarée vinrent aussi avec nous, et nous conduisirent chez un nommé Mnason, de l’île de Chypre, ancien disciple, chez qui nous devions loger. Lorsque nous arrivâmes à Jérusalem, les frères nous reçurent avec joie. Le lendemain, Paul se rendit avec nous chez Jacques, et tous les anciens s’y réunirent. Après les avoir salués, il raconta en détail ce que Dieu avait fait au milieu des païens par son ministère. Quand ils l’eurent entendu, ils glorifièrent Dieu. Puis ils lui dirent : Tu vois, frère, combien de milliers de Juifs ont cru, et tous sont zélés pour la loi. Or, ils ont appris que tu enseignes à tous les Juifs qui sont parmi les païens à renoncer à Moïse, leur disant de ne pas circoncire les enfants et de ne pas se conformer aux coutumes. Que faire donc ? Sans aucun doute la multitude se rassemblera, car on saura que tu es venu. C’est pourquoi fais ce que nous allons te dire. Il y a parmi nous quatre hommes qui ont fait un vœu ; prends–les avec toi, purifie–toi avec eux, et pourvois à leur dépense, afin qu’ils se rasent la tête. Et ainsi tous sauront que ce qu’ils ont entendu dire sur ton compte est faux, mais que toi aussi tu te conduis en observateur de la loi. A l’égard des païens qui ont cru, nous avons décidé et nous leur avons écrit qu’ils eussent à s’abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et de l’impudicité. Alors Paul prit ces hommes, se purifia, et entra le lendemain dans le temple avec eux, pour annoncer à quel jour la purification serait accomplie et l’offrande présentée pour chacun d’eux.

Réflexion

Perception de Paul par les Juifs de Jérusalem :

Arrivé à Jérusalem, Paul est confronté à la perception négative que les Juifs ont de son enseignement sur la loi. Apôtre des païens, Paul n’a sans doute pas manqué, à plusieurs reprises, de parler du caractère caduque de la dispensation de la loi, donnée, comme il le dit dans les galates, pour un temps, en vue de la justification par la foi. Le défi auquel était confronté Paul ici était, d’une part, de ne renier en rien l’enseignement qu’il n’avait cessé de dispenser sur ce sujet partout où il était allé, et, d’autre part, de manifester aux juifs, très sensibles sur le sujet, son attachement de coeur à Moïse et à la loi et sa considération pour celle-ci. La difficulté résidait dans le fait de montrer aux juifs, pour qui la loi était centrale, dans quelle perspective, à la lumière de la venue de Christ, il la considérait désormais.

Conseillé par les frères anciens de l’église de Jérusalem, dont Jacques, le propre frère du Seigneur, Paul se soumit à une procédure préparée d’avance pour lui, au travers de laquelle il montrerait publiquement à tous son attachement à la loi, ses prescriptions et ses coutumes. Il choisit donc d’emprunter un chemin fabriqué de toutes pièces par l’homme, chemin qui avait pour objet de le rendre recommandable à la communauté, plutôt que de suivre la direction et les instructions de l’Esprit. Se faisant, Paul ne faisait que pécher à moitié, car il ne faisait d’un autre côté qu’appliquer un principe qu’il ne cessa également d’enseigner dans toutes les églises : le principe de la soumission mutuelle. Cette voie tentante du compromis, de la recherche de l’apaisement par le geste fabriqué peut-elle être celle qu’appuie l’Esprit ? La suite de l’histoire va amplement le démontrer !

Rappelons-nous que, quels que soient les efforts fournis pour justifier une position spirituelle que nous avons, ce n’est que par l’Esprit que les autres peuvent en comprendre la teneur. Notre objectif en toutes choses doit continuer à être de gagner la faveur de Dieu plutôt que celle des hommes !